100 ans de biodynamie à Millésime Bio

Pile-poil un siècle après le cours aux agriculteurs de Rudolf Steiner, la biodynamie connaît toujours une croissance du nombre de producteurs certifiés. Demeter et Biodyvin, les deux labels indépendants qui régissent la pratique, sont présents en force à Millésime Bio, avec plus des 200 domaines exposants.

1924-2024, bref retour historique
Il y a 100 ans en Pologne, Rudolf Steiner, philosophe autrichien du XIXème siècle, donnait son fameux cours aux agriculteurs. Une série de 8 conférences à destination des paysans qui subissaient déjà les effets de l’industrialisation de l’agriculture. Bien que les origines de la pratique reviennent toujours au célèbre fondateur de l’anthroposophie, le mot biodynamie et ses procédés actuels ne sont pas de lui, c’est le résultat des travaux de centaines de femmes et d’hommes au cours du XXème siècle. Notons par exemple ceux d’Alex Podolinsky sur les préparations dans les grands espaces australiens ou l’invention du calendrier des semis par Maria Thun dans les années 60. Dans les années 1970, le vigneron François Bouchet expérimente les pratiques dans les vignes, c’est le début de l’aventure dans le vignoble !

L’organisation Demeter est fondée au début des années 30 et arrive en France en 1979 sous forme associative, le syndicat biodyvin est quant à lui créé en 1995. Près de 800 domaines sont certifiés ou en conversion en ce début d’année 2024.

Des cahiers des charges parmi les plus exigeants du marché
Souvent critiquée pour ses préparations sous influence du cosmos, on oublie de préciser que la biodynamie est avant tout une pratique bio reconnue par l’État français en 1982, soit trois ans avant le tout premier cahier des charges officielles d’une agriculture biologique certifiée. Demeter et Biodyvin sont deux organisations qui s’appuient sur le cahier des charges bio, en y ajoutant pléthore de règles strictes qui évoluent au fil des années.

Biodyvin prône le moins d’interventionnisme pour ses domaines, à la fois à la vigne qu’au chai” nous confie Justine Saurel du domaine Montirius (Hall B2 | Stand 434). Avant d’ajouter “Rien n’étant interdit dans les faits mais les règles du syndicat sont claires, les vigneronnes et vignerons doivent justifier de l’utilisation d’intrants œnologiques pour faire leur vin”, une décision défendue devant les membres du bureau qui a pour effet l’élaboration de vins au plus proche des terroirs.

Demeter s’appuie sur un cahier des charges conséquent, de plus de 180 pages avec là aussi des prérogatives strictes” nous indique Matthieu Boesch du domaine Léon Boesch (Hall B2 | Stand 642). Si les préparations y sont obligatoires, les domaines adhérents doivent également inclure des programmes d’intégration de biodiversité dans et autour de leurs parcelles cultivées (à hauteur de 10% de la surface cultivée). Gestion des déchets, volet sociétal et écologique ajoutés, l’organisation interdit notamment le fret aérien pour le transport de matières premières. Question vinification, moins d’une vingtaine d’additifs oenologiques sont autorisés, notamment le levurage ou la pasteurisation. 

Des règles strictes, dans les vignes et dans les chais, qui présentent aujourd’hui de nombreux bénéfices pour les domaines et les consommateurs, des sols en meilleure santé et des vins souvent récompensés !


Une table ronde “BIO-Dynamie : les meilleurs labels environnementaux?” est organisée le mercredi 31 janvier à 10h en salle de conférence et animée par notre journaliste Willy Kiezer.

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