90 printemps pour la Cave de Tain

2023 sera l’année des 90 ans de la cave de Tain L’Hermitage. Elle sera émaillée de différents événements entre le Rhône et la colline de l’Hermitage mais démarrait en février par une belle dégustation dans le salon des Aigles à l’hôtel de Crillon, au-dessus de la place de la Concorde à Paris. 

« À la création de la coopérative en 1933, la filière vin n’était pas encore structurée, et nous produisions un vin aliment de consommation courante », a rappelé le président Claude Laÿs en évoquant l’histoire de la cave née en 1933 à l’initiative de Louis Gambert de Loche pour mettre en commun un outil de vinification et une commercialisation pour une centaine de vignerons. « Nous nous sommes d’emblée positionnés sur la syrah, croisement de dureza d’Ardèche et de mondeuse blanche de Savoie ». La cave est devenue aujourd’hui le premier vinificateur de syrah en Europe. Mais la coopérative représentait avant tout un idéal, de redistribution de la valeur ajoutée aux producteurs, et de transmission d’une génération à l’autre. Gambert de Loche, sans héritier, avait vendu en viager ses vignes à la coopérative, 22 hectares en Hermitage.

Des investissements constants

Au fil des années, la cave a beaucoup investi dans sa capacité de vinification, dans la modernisation de ses équipements puis dans l’œnotourisme. Le dernier investissement a porté sur la nouvelle « Maison Cave de Tain » inaugurée fin 2022 face à la Cité du chocolat Valrhona sur la mythique Nationale 7. La coopérative dénombre, en 2023, 255 adhérents à la tête de plus d’un millier d’hectares, soit des exploitations moyennes d’environ 4 hectares entre Drôme et Ardèche, dans un rayon de 20 km autour de Tain. L’entreprise de plus de 70 collaborateurs élabore cinq crus rhodaniens, Saint-Joseph, Saint-Péray, Cornas rive droite, Hermitage et Crozes-Hermitage (cette appellation représentant plus de 40 % des surfaces) rive gauche sans compter des volumes en IGP Collines Rhodaniennes depuis la fusion avec la cave de Saint-Donnat-sur-L’Herbasse (26) en 1987. « Pas d’achat de raisin ni de négoce, la cave est juste producteur-vinificateur de nos adhérents en apport total » rappelle Claude Laÿs. Soit environ 50 000 hl par an à 90 % en rouge et 10 % en blanc, commercialisés à 90% en bouteilles représentant 4,5 millions de cols, ce qui en fait les plus gros vendeurs de bouteilles du Rhône septentrional. 30% de la production est désormais labellisée en bio ce qui en fait aussi le plus gros opérateur du Rhône Nord.

En 2022-2023, une enveloppe de 15 millions d’euros est prévue en particulier pour le nouvel espace de formations, séminaires et œnotourisme de la Villa Caroubes, face à la cave, avec rooftop et vue imprenable au pied de l’Hermitage, mais également pour développer la politique de RSE, travailler sur une meilleure adaptation du vignoble au dérèglement climatique et pour les travaux d’extension de stockage. « Nous nous attachons également à développer les expériences pour les consommateurs au-delà de simples dégustations et à assurer le renouvellement des générations en portant du foncier pour les jeunes vignerons. Nous sommes d’ailleurs fiers d’être parvenus à rajeunir la pyramide des âges ». 

Le Temps des rencontres

L’équipe dirigeante de la coopérative du Rhône septentrionale, notamment le président Claude Laÿs, le directeur Ludovic Beau, l’œnologue Xavier Fouin et le responsable de l’événementiel Benoît Petit, avait proposé pour l’occasion de déguster quelques-unes des plus belles cuvées de la gamme Trésors de Vinothèque, notamment les trois millésimes d’Hermitage « Le Temps d’une Rencontre » et un vin de paille 2003. Ce qui a permis à Laurent Derhé, sommelier MOF et président des sommeliers de Rhône-Alpes de rappeler « la culture de l’assemblage de la cave en Hermitage, chaque millésime de cette cuvée étant élaboré avec un sommelier invité et à partir d’une sélection de parcelles dégustées à l’aveugle pour obtenir un vin à la fois de garde mais aussi en gourmandise, accessible dans les premières années ». Comme c’est le cas tout particulièrement pour le 2017 aux tanins ronds et soyeux mais également le 2019 exubérant aux tanins enrobés et le tout nouveau 2020, plus complexe.

Cet article 90 printemps pour la Cave de Tain est apparu en premier sur Terre de Vins.

Commentaires

  • Il n'y a pas encore de commentaires.
  • Ajouter un commentaire