Arbois a fêté pour la troisième fois sa Percée 

35 000 visiteurs se sont pressés sur ce week-end de Percée du vin jaune dans la jolie cité vigneronne d’Arbois, capitale des vins et de la gastronomie du Jura. L’occasion de (re) découvrir les étonnants vins jaunes mais également les vins jurassiens floraux ou typés, tranquilles ou crémants, et les autres spécialités locales comme le vin de paille et le macvin.

Le retour de La Percée dans la capitale des vins du Jura qui en avait déjà accueilli deux, en 1998 et 2011, était très attendu. « Pour la première édition présidée par Pierre Rolet, la Place de la Liberté avait même été recouverte d’une immense toile qui avait coûté très cher au cas où la pluie aurait gâché la fête mais nous nous sommes rendus compte au fil des éditions que les gens venaient même avec le mauvais temps » se souvient Jean-Charles Tissot, président des vins du Jura. Arbois est également la capitale de la gastronomie jurassienne et tous les bars, bistrots et restaurants étaient ouverts pour l’occasion avec des offres spécial Percée avec vin jaune, en parallèle des différents comptoirs sur la manifestation. De quoi découvrir toutes les variantes au vin jaune, raclette, morbiflette, concoillette, andouillette au vin jaune… 

À jauge augmentée
La jauge avait sensiblement augmenté comparée aux années précédentes (30 000 entrées payantes sans compter les invitations et les pass pour les habitants) « car nous avions davantage de points d’attractions en termes d’établissements de restauration mais également d’expos, la Maison Pasteur… commente Jean-Charles Tissot. Les visiteurs pouvaient donc davantage se diffuser que dans les seuls caveaux par ailleurs plus nombreux à Arbois qui est une vraie cité vigneronne comme Poligny et Lons-le-Saunier. C’était donc une Percée plus « souterraine » dans de jolies caves voûtées. Reste à savoir si les visiteurs ont autant acheté de bouteilles car ils préfèrent parfois repartir avec des cartons quand les hangars sont de plain-pied et la circulation plus fluide ». 
Côté vignerons, ils étaient 51, 32 de moins que l’édition arboisienne de 2011 qui avait battu des records à plus de 60 000 visiteurs. « Beaucoup avaient été traumatisés par les longues files d’attente comme la dernière édition à Lons-le-Saunier en 2016 où les visiteurs étaient plutôt concentrés sur le samedi et il y avait tellement de monde devant les caveaux que beaucoup n’avaient pu déguster que quelques centilitres de vin ». Ce qui avait motivé la mise en place d’une jauge avec réservation préalable.
C’était la troisième édition où la mise en perce avait été déplacée le dimanche pour ouvrir les caveaux dès le matin et répartir davantage le visitorat sur le week-end. « C’est une journée plus paisible et propice aux rencontres avec les vignerons et aux dégustations commentées avec une clientèle plus seniors souvent car elle n’a pas à retravailler le lendemain ». 

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Les intronisés sont…
Au repas de la filière qui a rassemblé 630 personnes le jeudi soir, ont été intronisés Marie-Christine Tarby-Maire, fille d’Henri Maire, qui avait été présidente sur plusieurs mandats de l’interprofession des vins du Jura et ancienne présidente de Vin & Société, Jean-Marie Rousseau de la tonnellerie éponyme, présente sur la Percée depuis la première édition, et la maire d’Arbois Valérie Depierre. Le samedi matin, c’était au tour de François Duboz, directeur du domaine de la Pinte et président de la Percée 2024 ainsi que le chanteur Maxime Le Forestier d’être déclarés ambassadeurs des vins du Jura et du vin jaune.
François Duboz a rendu hommage à ce vin jaune « surprenant, jovial et affirmé à l’image de notre mentalité », « par ses arômes particuliers et son histoire, il interroge, surprend et rassemble. Il recentre la notion de patience et de valeur de travail au cœur d’une société où tout va très vite. Le vin jaune prend le temps et arbore sa plus belle robe après six ans de vieillissement, laissant s’exprimer la singularité de notre terroir ». Michel Converset, ancien bâtonnier, ambassadeur de la Confrérie chargé du panégyrique, a souligné « son interaction généreuse dans le monde du vin, particulièrement dans le Jura. Né, élevé et grandi en Arbois avant de revenir en gestionnaire avisé du domaine de la Pinte après une formation et de riches acquis techniques en Bourgogne, il est même l’inventeur d’un atomiseur de vignes en biodynamie. Avec des qualités de sérieux et de rigueur, il a toujours soif d’innovations et d’essor pour la Pinte ».
Au tour de Christian Vuillaume, ambassadeur et maire de Château-Chalon d’évoquer Maxime Le Forestier, « gardien du temple de la chanson française, qui a [en lui] du Prévert, du Boris Vian et du Raimbaud ». « Il connaît bien le Jura, la famille de sa mère étant d’Arc-&-Senans et il passait ses vacances jusqu’à l’âge de 12 ans chez le meunier Joseph avec ses chevaux franc-comtois … ». « C’est un vrai initié aux vins du Jura et aux vins jaunes ». Ce qu’a confirmé le chanteur très applaudi et particulièrement ému quand les ambassadeurs lui ont remis en cadeau son vieux vélo rouillé retrouvé sur un tas de bois chez son ami Léon. « À l’époque où les vacances d’été duraient trois mois, je les passais à Arc-&-Senans et revenais avec l’accent d’ici à Paris. De vous entendre parler aujourd’hui me fait retomber en enfance et merci pour ça ».

Mise en perce et enchères
Le 2017 a donc été mis en perce ce week-end après, comme il se doit, six ans et trois mois de vieillissement. Un petit millésime en volume, le premier de la triste série à avoir subi de gros aléas climatiques avec un gel historique qui a privé les chardonnays de 70 à 90% de la récolte et même plus dans le Sud Revermont. Heureusement, les savagnins tardifs avaient été un peu plus épargnés à -10-30%. Les vins sont toutefois très hétérogènes. La Percée était également l’occasion d’une vente aux enchères de vieux millésimes, près de 200 lots proposés sous le marteau du commissaire-priseur Jean-Paul Renoud-Grappin. Parmi eux, quelques merveilles comme ce vin jaune de 1774 proposé à 28 000 € mais qui n’a hélas pas trouvé preneur et une bouteille de Château-Chalon de 1886 de Georges Bury partie à 3 600 €. Le lot des vins clavelinés en 2024 a été adjugé à 1 500 € ; les fonds seront reversés à l’association Saint-Michel le Haut de Salins-les-Bains, un Esat (Etablissement et service d’aide par le travail) chargé de la réinsertion de personnes handicapées ou en grandes difficultés sociales et qui gère le domaine viticole du Bief des Roussets. 

Vins clavelinés
Domaine Jacques Tissot Arbois 2016
Fruitière vinicole de Pupillin Arbois-Pupillin 2016
Domaine du Bief des Rousset Côtes-du-Jura 2016
Maison Bonnot Côtes-du-Jura 2016
Domaine Frédéric Lambert Côtes-du-Jura 2016
Domaine de Savagny Côtes-du-Jura 2016
Michel Tissot & Fils-Maison Henri Maire Château-Chalon 2016
Domaine Grand Château-Chalon 2016
Domaine Maire & Fils Château-Chalon 2016
Domaine de Lahaye Château-Chalon 2016
Domaine Maire & Fils Arbois 2017
Caveau des Byards Côtes-du-Jura 2017
Fruitière Vinicole d’Arbois Côtes-du-Jura 2017
Maison du Vigneron Côtes-du-Jura 2017
Domaine de Savagny Côtes-du-Jura 2017
Domaine de Savagny Château-Chalon 2017
Château de l’Etoile L’Etoile 201

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