Beaujolais Nouveau : 3 questions à Vincent, caviste lyonnais

Vincent Dechelette aime tellement le Beaujolais qu’il a appelé sa cave « le Troisième Fleuve » (en référence au Beaujolais, surnommé le troisième fleuve de Lyon, en plus du Rhône et de la Saône), devenant un endroit incontournable pour tout amateur de Beaujolais à Lyon.

Pourquoi tu aimes autant les vins du Beaujolais ?
Parce que pour moi, c’est fait par des gens intègres, qui ne sont pas des banquiers, qui sont heureux de partager leur passion et leur métier. Par exemple, je suis démarché maintes et maintes fois par des vignerons qui me demandent mon avis sur ce que je goûte, on parle tout de suite vin, vinification, arômes, profil, mais rarement prix. Voire même pas du tout, ce qui fait que je dois les rappeler après leur visite pour leur demander leurs tarifs !

Comment gères-tu le Beaujolais Nouveau ?
Je vends 17 références différentes, dont deux ou trois par an vont changer au gré de mes découvertes, mais j’ai une base solide de vignerons, dont je vends aussi les autres vins toute l’année. Cette année, j’ai adoré celui de Romain Jambon à Odenas. Et première année aussi que je bosse Raphaël Saint-Cyr et son French Kiss. Et je note clairement chez les clients une envie de goûter un maximum de vignerons différents. J’ai une constance sur le débit de vente : le jour même, on en vend 1000 bouteilles, chiffre qui a grossi mais qui reste constant depuis 3, 4 ans. Et cette année, l’opération lancée par Inter Beaujolais auprès des cavistes indépendants est plutôt réussie, cela crée une harmonie entre les acteurs du Beaujolais Nouveau, on apprend des choses, et cela crée une identité visuelle intéressante.

Comment est accueilli le Beaujolais Nouveau dans ta cave ?
Il y a clairement un noyau fidèle de clients, par ex j’en ai un qui vient chaque année et qui m’en prend pour 500€, ça lui fait sa cave de printemps, il les laisse dégrossir des défauts de la jeune mise en bouteille et au printemps ça lui fait des canons de soif avec les premiers barbecues. C’est le rosé de l’épicurien. Je fais pareil : une grosse bringue au début du printemps car les vins sont infiniment meilleurs six mois plus tard. Sinon j’ai une clientèle jeune, globalement, mais là c’est la 1re année où j’ai rentré un primeur à 8€, parce que les primeurs à 12€ ça passe pas auprès de tout le monde, donc j’ai dû m’adapter. Même si ça me paraît être le prix normal par rapport au risque et au stress d’une telle vinification. Ce qui est drôle, ce sont les clients un peu plus âgés qui s’excusent presque d’acheter du Beaujolais Nouveau. Alors que justement, il faut que je le Beaujolais Nouveau reste festif, convivial, que le vin ne se prenne pas au sérieux.

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