Belles enchères | De la Loire au Nouveau Monde - Routes des vins

Belles enchères | De la Loire au Nouveau Monde

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Plus une région n’échappe à cette quête de rareté et de typicité qui conduit les amateurs pointus et les collectionneurs à se tourner vers des domaines confidentiels ou des régions au savoir-faire séculaire prestigieux. De la Loire, nouvel El Dorado des vins blancs, aux pays du Nouveau Monde, en passant par l’Italie septentrionale et le Japon, des signatures émergent, révélant un haut niveau de connaissance de nos enchérisseurs. Décryptage.

Le phénomène Bernaudeau

Nouvel El Dorado des grands vins blancs, la Loire ne nous surprend donc pas tellement à présenter des figures comme Dagueneau, Edmond Vatan (qui nous a quittés en janvier dernier) ou Richard Leroy s’élever grâce à des prix dépassant la centaine d’euros le flacon, venant confirmer l’évolution des cours à la hausse. Mais arrêtons-nous un instant sur Stéphane Bernaudeau dont le petit domaine de trois hectares seulement, cultivé en bio, se dresse bel et bien sur le podium des propriétés les plus recherchées sur iDealwine. Son approche naturelle – approche, car un peu de soufre est malgré tout employé pour stabiliser le vin – et sa production rare séduisent indéniablement ; en attestent les millésimes très récents échangés ici. Un amateur hong-kongais s’est ainsi battu pour un double-magnum des Nourrissons 2019 mis à prix à 1€ avec une adjudication du lot à 3 076€ (+217%). Une victoire sans doute peu étonnante dans la mesure où les asiatiques sont à l’affût de rareté et friands de vins nature. Cette enchère confirme d’ailleurs combien la classification vin de France, synonyme de « liberté » et d’un caractère pointu du travail de certains vignerons, ne rebute plus les amateurs. En l’occurrence, ce lot rarissime avait été mis en vente par le vigneron lui-même après en avoir signé l’étiquette. Lot rarissime puisque, des double-magnums de cette année-là, il en existe sept, dont deux ont pour l’instant été vendus aux enchères fin 2021 et début 2022 sur iDealwine. Un troisième double-magnum de cette cuvée Les Nourrissons 2019 de Stéphane Bernaudeau est actuellement proposé dans les enchères qui s’achèvent le 23 février, à bon entendeur… Ce chenin, issu de vignes âgées plantées au sein de la plus vieille parcelle du domaine, en 1910, sur des sols de schistes, a fait l’objet d’un an d’élevage dans un seul et même contenant. Concluons ce thème sur une autre jolie performance : un lot de deux bouteilles des Onglés 2019 du même domaine, lot acquis par un amateur français, a été adjugé à 467€ (+56%).

L’attrait pour les vins étrangers, un vent d’exotisme

Les vins étrangers occupent désormais une place prégnante au sein des enchères iDealwine, sans doute parce que le public s’est élargi bien au-delà de ses frontières et de son continent, mais aussi parce que les amateurs désirent des flacons toujours plus pointus. Et, entre « Nouveau Monde » et pays traditionnels, leur cœur balance…

Peut-on encore qualifier de « nouveau monde » le vignoble américain ? Qu’importe, au fond. La superficie plantée de vignes y est, à l’échelle du pays, assez restreinte. La Napa Valley brille dans les enchères grâce à Dominus Estate mais aussi Opus One, né de la fusion des savoir-faire de Mondavi et du 1er grand cru classé bordelais Château Mouton-Rothschild, dont le millésime 2009 a été adjugé 344€ la bouteille (+81%). De son côté, connu pour sa grande diversité de sols, de microclimats, et donc de terroirs, le vignoble de Santa Barbara n’est pas en reste. La cuvée confidentielle Sine Qua Non créée par l’autrichien Manfred Krankl et qui, dès son premier millésime, s’était fait remarquer par Robert Parker, a vu son 2006 acheté par un amateur français à 589€ (+52%).

Retour vers le « vieux continent ». Après les supertoscans, c’est au tour de la partie septentrionale de la Grande Botte italienne de briller et, notamment, à la région de Barolo, réputée pour son cépage emblématique, le nebbiolo. Taillé pour la garde, puissant, mais, surtout, à l’origine de vins d’une grande et étonnante finesse, il fait l’objet d’un élevage particulièrement long, strictement encadré par le cahier des charges de la DOC. Il se dessine ici à travers de vieux millésimes comme le barolo DOCG 1937 de Giacomo Conterno (491€) mais aussi à travers le travail de Bartolo Mascarello (domaine bio) dont le barolo DOCG Riserva Cannubi (un des meilleurs crus locaux) 1955 a atteint les 737€ (+44%).

Enfin, fait intriguant depuis peu de temps, le Japon s’immisce dans la sphère des enchères de vin grâce au domaine Beau Paysage qui, situé dans les hautes vallées, procède à des vinifications naturelles et une macération des raisins blancs pour offrir de belles textures à ses vins. Ici, une bouteille de Tsugane Chardonnay 2017 a frôlé les 800€ avec une adjudication à 798€ (+348€).

Bordeaux, Bourgogne, Rhône, analyse de nos classiques

A Bordeaux, Pomerol a décidément la cote, Petrus poursuivant sa lancée avec, notamment, un lot de deux bouteilles millésimées 2007, acquises à 5 526€ (+45%). Sans surprise, la Bourgogne est encore portée par le domaine d’Auvenay (propriété de Lalou Bize-Leroy du domaine Leroy) dont un puligny-montrachet Les Enseignères 2014 a été remporté à près de 10 000€ (9 456€, +199%) par un amateur britannique. Dans le Rhône, c’est encore Rayas et ses satellites qui font du bruit. Un lot de deux bouteilles de châteauneuf-du-pape 2011 de Rayas a été remporté à 3 930€ (+63%) quand un lot de trois bouteilles de « simples » côtes-du-rhône 2006 de Fonsalette a atteint la coquette somme de 1 903€ (+56%), soit 634€ les 75 cl !

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