[Bordeaux Tasting] Laurent-Perrier : pour vivre heureux, vivons cachés

La plupart des grandes marques internationales de la Champagne imposent leurs fières demeures dans les trois capitales de l’appellation que sont Reims, Épernay et Aÿ. Une seule fait exception : Laurent-Perrier, cachée aux confins de la montagne de Reims, à Tours-sur-Marne. Là-bas, loin de la fureur du monde et dans le secret des caves, ses artisans n’ont eu de cesse que d’innover depuis des décennies, au point de devenir la maison à l’initiative de toutes les grandes modes qui ont animé ces dernières années le royaume de la bulle : le champagne rosé, le brut nature, et les cuvées spéciales multi-millésimées… À l’occasion de Bordeaux Tasting, où la maison est représentée (au premier étage du Palais de la Bourse), Terre de vins vous propose un focus sur deux de ses champagnes iconiques.

Lorsque Bernard de Nonancourt s’est intéressé au champagne rosé, ce genre de cuvée avait une image un peu négative, celle d’un vin taché et d’un champagne de cabaret sans grande qualité, un peu écœurant, dont seule la couleur constituait un véritable agrément. Le président de la Maison Laurent-Perrier s’est attaché au contraire à montrer que s’il était si peu considéré, c’était d’abord parce qu’on en maîtrisait mal la technique, beaucoup plus exigeante que celle des blancs de noirs et des blancs de blancs. 
Pour se persuader de l’importance que lui accorde la Maison, il suffit de regarder les crus qui entrent dans son assemblage : Bouzy, Ambonnay, Tours-sur-Marne… Le rosé de Laurent-Perrier met à l’honneur les fins pinots noirs de la montagne de Reims. Égrappés, le chef de caves les laisse macérer entre 48 et 72 heures, jusqu’à ce qu’il ait réussi à saisir l’aromatique recherchée, c’est-à-dire avant que le fruit frais ne bascule dans le compoté. Et comme on privilégie la constance du goût, la couleur peut varier légèrement d’une année sur l’autre. Ce qui impressionne, c’est que malgré un vieillissement de cinq ans, les notes de groseille et de framboise ne perdent rien de leur éclat. 
Pour chaque nouvelle édition depuis 2017, une nouvelle parure métallique vient épouser les formes généreuses du flacon. Après la robe bambou, voici donc la robe « Pétales », « un habit de lumière où sont tissés des pétales de Dalhia ou de Strelitzia aux couleurs Pop finement irisées. Une harmonie de couleurs dans des tons de rouge et de rose aux reflets orangés ou bleutés, rappelant toutes les nuances de la palette fruits rouges et noirs, frais et croquants de ce grand Vin de Champagne. » (Prix de l’édition limitée 99 €)

Grand Siècle 
Recréer l’année parfaite, telle était l’idée de Bernard de Nonancourt lorsqu’il a imaginé le champagne Grand Siècle, une obsession qui occupe depuis les chefs de caves de Laurent-Perrier, la première maison à avoir voulu que sa cuvée spéciale soit un multi-millésimes. Aujourd’hui, la marque présente la 26ème itération (230 €). Elle assemble 2012, 2008 et 2007. « 2012, c’est la loi de Murphy dans un scénario hollywoodien où tout ce qui est susceptible d’aller mal ira mal, ce jusqu’à la fleur. Mais après la mi-juillet, un renversement s’opère, et si la récolte est petite en rendement, la qualité est extraordinaire. 2008, c’est l’année typiquement champenoise, l’été peu ensoleillé a donné une belle structure au vin et 2007, c’est le millésime inversé, un printemps estival et un été avec des températures d’automne ce qui a apporté beaucoup de fraîcheur. On a donc dans cette cuvée la finesse de 2012 (65 %), la structure de 2008 (25 %) et la fraîcheur de 2007 (10 %) » explique Maximilien Bernardeau, le chef de caves qui travaille main dans la main avec Michel Fauconnet. À la dégustation, le vin frappe effectivement par son élégance, on y retrouve les marqueurs très agrumes typiques de Grand Siècle, qui s’expriment sur cette itération davantage sur la clémentine corse au nez, et en bouche sur la marmelade anglaise de citron, avec une magnifique finale crayeuse. « On a cette impression étonnante de lécher du jus de citron sur de la craie ! »

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