[Bordeaux Tasting] Les Master Classes jouent avec nos sens

Les Master Classes constituent chaque année des événements riches d’enseignements, de plaisirs et de grands vins. La programmation du premier jour de ce Bordeaux Tasting 2023 est venue confirmer, en trois rendez-vous, ce souci de qualité.

Riedel : magicien du verre
C’est un grand classique de Bordeaux Tasting : la dégustation comparative, orchestrée par le verrier Riedel, permettant d’apprécier l’impact du verre sur un vin. En une heure, trois vins* et quatre verres, les 40 participants à cette master classe ont cru assister à un surprenant spectacle de magie. À la baguette (et à la carafe), Victor Ulrich, directeur général France de la vénérable maison fondée en 1756, s’est amusé à troubler les sens des dégustateurs qui en ont perdu leur rouge et leur blanc, leur pinot et leur sauvignon… Autant amusés que déconcertés, ils ont jonglé entre les quatre verres à leur disposition, qui selon leur forme, leur taille et le diamètre de leur « buvant » (partie supérieure du verre, sur laquelle on pose les lèvres), révélaient ou dissimulaient les arômes et les effluves, sublimaient ou éteignaient un vin. Ils seront finalement repartis avec au moins une conviction : à quoi bon servir un grand vin si le verre le dessert…
* Un blanc (Joseph Mellot, Domaine des Émois 2022), et deux rouges (Joseph Mellot, Le Connétable 2020 et Balestard La Tonnelle, Saint-Émilion 2022)

©Agence Frenchie

©Agence Frenchie

©Agence Frenchie

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Chateaunet Challenge : le vin à l’aveugle
Et si l’on inscrivait la dégustation à l’aveugle au programme des Jeux Olympiques 2024 ? Après tout, dans quelle épreuve retrouve-t-on autant de concentration, d’effort, de suspense et de satisfaction (avec un supplément de gourmandise) ? Cet après-midi, sous l’égide du caviste en ligne Chateaunet.com, ce sont une quarantaine d’« athlètes » de la dégustation (plus ou moins amateurs) qui se sont affrontés autour de cinq cuvées mystère. Pour les départager, un questionnaire en 20 points où il leur était demandé d’identifier (sous forme de QCM) le millésime, l’appellation ou encore l’assemblage… Après 15 minutes de dégustation, de réflexion, d’arbitrages, les copies étaient relevées et les vignerons (ou leurs représentants) sortaient de l’ombre. Les cinq cuvées à identifier étaient :
– Château Carbonnieux 2017 (Pessac-Léognan blanc)
– Château d’Arsac 2020 (Margaux rouge)
– Château de la Dauphine 2019 (Fronsac rouge)
– Château de Sales 2019 (Pomerol rouge)
– Château Phélan Ségur 2017 (Saint-Estèphe rouge)

Félicitations aux trois vainqueurs : Taylor Backhouse (17 points sur 20) et Laurent Guilhemsans (17/20) remportent chacun une caisse de trois bouteilles offerte par Chateaunet tandis que la grande gagnante, Pauline Gueguen, avec un très joli score de 18/20, recevra chez elle une caisse de six bouteilles.

©A. Viller

©A. Viller

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©A. Viller

©A. Viller

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Castéja : un nom, deux rives
D’où vient donc cette étrange manie d’opposer rive gauche et rive droite du Bordelais, comme on opposait en leur temps les Beatles et les Rolling Stones ? Comme s’il fallait absolument choisir entre deux formes d’excellence… Les Castéja, eux, ont refusé de choisir et étendent aujourd’hui leur dizaine de propriétés et leur 400 hectares de vignes sur les deux rives. Philippe Castéja, président du groupe Borie Manoux et par ailleurs président du Conseil des Grands Crus Classés en 1855, était accompagné aujourd’hui de ses deux maîtres de chais – Valerio Mortari pour la rive droite et Hugues Mathieu pour la rive gauche – pour conter la magie des vins de Bordeaux à travers trois de leur propriétés emblématiques Batailley et Lynch-Moussas à Pauillac, Trottevieille à Saint-Émilion.
Durant plus d’une heure, d’anecdotes historiques en considérations climatiques, de dégustations commentées en accords mets et vins, les participants à cette master classe se sont laissés guider entre deux rives et six bouteilles de prestige :
– Château Lynch-Moussas (5? Grand Cru Classé de Pauillac en 1855), millésimes 2009 et 2019
– Château Batailley (5? Grand Cru Classé de Pauillac en 1855), millésimes 2009 et 2016
– Château Trottevieille (1er Grand Cru Classé B de Saint-Émilion)

Aiguillés par les bons mots de Philippe Castéja et les dégustations commentées de Valerio Mortari et Hugues Mathieu, les amateurs ont enjambé avec délice la Garonne et la Dordogne pour constater, si besoin était, que les grands bordeaux sont éternels.

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