Cauchemar de la grêle à Chablis

Alors que l’Yonne était en alerte orange mercredi 1er mai, les vignerons du Chablisien comme du Tonnerrois ou de l’Auxerrois scrutaient le ciel avec angoisse. Les tours anti-grêle n’ont malheureusement pu, dans certaines zones, avoir l’effet escompté et des dégâts irrémédiables sont à déplorer ce matin.

Plusieurs supercellules grêligènes orageuses se sont succédé hier autour de 20 heures dans les vignobles de l’Yonne, le long d’un couloir où les chutes de grêle extrêmement violentes (avec des grêlons gros comme des noix) furent donc très localisées. Certains domaines sont plus épargnés que d’autres. Clotilde Davenne à Préhy, a eu plus de peur que de mal, son domaine a davantage souffert du gel il y a une dizaine de jours. 

Les premiers et grands crus pas épargnés 
La grêle semble avoir choisi ses parcelles et s’est abattue sur nombre de premiers et grands crus. Même s’il est encore tôt pour mesurer l’ampleur des dégâts, « il y a des secteurs où la vendange est faite », témoigne Damien Leclerc, directeur général de la Chablisienne qui déplore des impacts dans son Château Grenouilles, nom du célèbre grand cru Les Grenouilles. Plusieurs parcelles sont particulièrement endommagées, surtout sur la rive droite du Serein où se situent les grands crus comme Les Preuses, très touchés, et des premiers crus, qui, jusqu’au climat Aux Fourchaumes, ne sont pas en reste. On y observe jusqu’à 50 cm de grêle dans les rangs. 

« On vit au gré des caprices de Dame Nature… »
L’orage a duré seulement 8 minutes à Chablis mais a provoqué un véritable déluge et a de nouveau inondé les caves. Le Domaine du Chardonnay, particulièrement exposé le long du Serein, déplore 100 % de perte à certains endroits où « la grêle a tout haché ». Catherine Poitout, du domaine éponyme également situé au bord de la rivière, se confie : « De toute ma vie, je n’ai jamais vu un orage aussi violent et large, le nuage est arrivé à une vitesse fulgurante, les pertes sont d’au moins 50 %. Il va falloir observer la réaction de la vigne face à ses plaies, une météo clémente aiderait à panser les blessures. Nous faisons un métier que l’on aime mais qui nous tire les larmes. » Son domaine déplore d’énormes pertes de Petit Chablis sur le plateau du Clos. Ses premiers crus, sur le village de Fleys, à l’écart du maudit couloir, ont en revanche été épargnés. Marie-Charline Dampt, depuis son domaine de Coullan, témoigne : « Nous ne sommes qu’au début du mois de mai et le millésime 2024, qui était encourageant avec de belles sorties, est fait : gel et grêle ont déjà réduit drastiquement la prochaine vendange et le taux d’humidité énorme annonce le prochain mildiou, on vit au gré des caprices de Dame Nature… ». La Vallée du Grand Bois à Fontenay est touchée à 75 % par la grêle, en Preuses ou ailleurs, on ne peut qu’observer les baguettes cassées où plus rien ne repoussera. La situation semble encore plus catastrophique sur la commune de La Chapelle « où l’on ne voit même plus de feuilles vertes »

En attendant le retour du ciel bleu à Chablis, on ne peut que s’attrister aujourd’hui d’une récolte 2024 déjà fortement réduite.

Dégâts de la grêle dans le grand cru Les Preuses

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