Champagne de Venoge : la renaissance de la cuvée Grand vin des princes - Routes des vins

Champagne de Venoge : la renaissance de la cuvée Grand vin des princes

Dédiée aux Princes d’Orange, La Cuvée Grand Vin des Princes de la Maison de Venoge avait disparu depuis 1993. La voici qui reparaît avec un blanc de blancs et un rosé 100% pinot noir, tous les deux millésimés 2014. Gilles de La Bassetière, président de la Maison de Venoge, nous a reçu dans l’élégant hôtel particulier de la marque Avenue de Champagne pour nous présenter ces deux magnifiques opus.

L’événement est historique pour la Maison de Venoge. La cuvée Grand Vin des Princes disparue depuis 1993 renaît cette année avec un blanc de blancs et un rosé, tous les deux millésimés 2014. Créée en 1864 par Joseph de Venoge en hommage aux princes d’Orange, elle se présente comme la cuvée Louis XV, dans un flacon en forme de carafe, héritage d’une vieille tradition du Second-Empire qui consistait à carafer le champagne. Cette pratique permettait notamment de boire le champagne frappé en ajoutant au préalable dans la carafe un peu d’eau glacée.

De mauvaises langues diront que c’était aussi un moyen commode de masquer une marque trop commune à ses convives. Dans le roman de Proust « À l’ombre des jeunes filles en fleur », Bloch profite d’une carafe pour « servir sous le nom de champagne un petit vin mousseux ». Plusieurs maisons ont souhaité remettre à la mode cet usage élégant qui a le mérite d’ouvrir les champagnes un peu fermés. L’historien François Bonal souligne toutefois son caractère paradoxal : « C’est revenir au transvasement, avec sa perte de pression, que l’on s’est ingénié à éviter par le dégorgement. » La solution imaginée par la famille de Venoge dès le XIXe siècle apparaît pour le moins astucieuse : en proposant des bouteilles de champagne reprenant la forme des carafes, elle garde à la fois le plaisir des yeux et celui d’une belle effervescence ! Un luxe qui a imposé à la maison d’ajuster tous ses outils à ce format peu commun. Pour la garde des vins, ce flacon avec sa base très large et son col allongé s’est toutefois avéré très intéressant : « Contrairement à ce que nous pensions initialement, le vieillissement est plus lent avec ce type de bouteille », confie le président Gilles de la Bassetière qui nous a accueillis dans le magnifique hôtel particulier de la marque, Avenue de Champagne à Epernay, pour nous présenter les deux nouvelles cuvées.

Un blanc de blancs et un rosé millésimés 2014

Pour le blanc de blancs, l’équilibre des trois crus, le Mesnil-sur-Oger, Vertus et Trépail est très réussi. « Je suis un grand fan des blancs de Trépail, ils ont plus de richesse et de rondeur ». La Montagne vient ainsi tempérer la vivacité et la minéralité des vins de la Côte des blancs, en particulier du Mesnil, même si leur fraîcheur assurera une très belle garde. Au nez, on a de beaux arômes de fleurs blanches, « la fleur d’acacia, notamment, typique du Mesnil ». En bouche, on trouve une belle salinité, des notes de pamplemousse, tandis que le côté brioché devrait s’affirmer davantage avec le temps. Il ne fallait pas mettre ce vin sur le marché plus tôt, il débute tout juste une longue carrière et si on souhaite plus de complexité, on n’hésitera pas à le garder davantage : « Il en a encore sous la pédale ».

Côté rosé, on est sur un 100 % pinot noir et un champagne sans doute plus prêt à consommer. On part cette fois sur un duo constitué des Riceys et Verzenay. Ce dernier cru du Nord de la Montagne joue un rôle crucial : « La difficulté dans le pinot noir c’est de conserver la fraîcheur. Si vous ne prenez pas les bonnes zones, vous êtes vite dans quelque chose d’un peu lourdingue, un peu fatigant. Ici on a quand même envie d’en boire un peu plus ! On a une belle trame minérale. Le style de Venoge, ce sont des vins frais, élégants, faciles à boire ». Quant aux Riceys, ils apportent cette légère proportion de vin rouge (6%) nécessaire au rosé d’assemblage. « Elle vient du lieu-dit La forêt, planté avec des ceps qui ont aujourd’hui cinquante ans. Les vignes étaient destinées au départ à l’élaboration de rosé des Riceys, elles ont donc une concentration très intéressante et il n’est pas nécessaire d’en mettre beaucoup. Ces vins rouges apportent cette touche de compoté de fraise. J’aime les rosés où on arrive à dissocier le champagne et le vin rouge. Là, on goûte presque le vin rouge en bouche. Pour moi, les meilleurs rouges viennent des Riceys ». La fraise, évidemment, c’est la gariguette vendéenne, celle du pays d’origine de Gilles de la Bassetière, aux confins de la Vendée et de la Bretagne où ses ancêtres bataillaient fièrement aux côtés de Cadoudal contre les soldats de la République.

Prix de vente recommandé pour chacune des cuvées : 98 €TTC.
www.champagnedevenoge.com

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