Château Pudris, un vent frais souffle sur Bordeaux

Château Pudris, dans le Sud-Gironde, fait souffler un vent frais, sinon nouveau, sur Bordeaux. Des étiquettes détonantes certes, mais également des vins d’assemblage et de mono-cépage qui tentent de répondre à une demande de vin empreint de plus de fraicheur. Thierry et Virginie, deux Champenois, rebattent les cartes et racontent que Bordeaux sait être disruptif. 

Qu’est-ce qui amène deux Champenois, dont un fils de viticulteurs, à Bordeaux ?
Le fruit du hasard. Nous recherchions un domaine viticole isolé, en bio, avec un beau potentiel à la fois en blanc et en rouge. Il n’y avait pas de notion de région au départ. On a découvert Pudris par hasard et nous sommes tombés amoureux du lieu. Nous sommes arrivés le 16 juillet 2022 et nous vendangions le 28 août de la même année ! 

N’était-ce pas une drôle d’idée de quitter un eldorado viticole ?
En venant à Bordeaux nous n’avions pas vraiment conscience de la situation, du désarroi de certains vignerons, en particulier dans notre coin. Ce qui n’a rien enlevé à notre enthousiasme et nous a obligés à être plus inventifs. Aujourd’hui, nous surprenons avec nos vins, nous ne sommes pas restés dans un cadre. 

Avec votre gamme de vins souhaitez-vous vous affranchir de Bordeaux ?
Nous n’avons pas la volonté de tourner le dos à Bordeaux. En pratiquant des extractions légères nous faisions des vins que nous avions envie de boire. Nous étions de grands amateurs de pinot noir bourguignon, de cabernet franc de Loire ou encore des saint-joseph, soyeux et très peu tanniques. Trente ans de dégustations nous ont conduits à vouloir élaborer des vins que nous aurions plaisir à boire. Nous constatons qu’il y a une vraie appétence aujourd’hui pour nos carbo et semi carbo déclinés dans notre gamme La Petite Série. Des vins, qui même non filtrés, ont beaucoup plu à Wine Paris. Chloé Conort, notre œnologue conseil, nous a aidés à formuler nos envies, à les traduire œnologiquement. Il faut désormais qu’on réfléchisse à augmenter les volumes de ce type de vins et nous devons être prêts techniquement à faire plus de vins légers. 

Est-ce une réponse à la crise ?
Oui, c’est une des réponses possibles. Pour preuve nous avons, très récemment, contacté un agent qui n’avait pas envie de bordeaux mais qui a finalement intégré Pudris à son offre comme un bordeaux d’un nouveau genre !

Parlez-moi de vos étiquettes détonantes ?
La liberté prévalait ici aussi. On voulait des étiquettes qui nous ressemblent et des bouteilles bourguignonnes sans collerette. L’agence L’Eau à la bouche nous a dessiné l’ensemble de nos étiquettes. Au bout de presque une année d’allers-retours. Nous souhaitions susciter le désir et l’intérêt en étant élégants et décalés tout en veillant à ce que ce type de bouteilles trouve sa place sur la table d’un étoilé. J’ai pu constater sur Wine Paris que ces bouteilles interpellaient, que nous piquions la curiosité avec nos habillages et étiquettes.

Vous travaillez à partir d’un patrimoine ampélographique pour le coup bien bordelais ?
À notre arrivée à Pudris, nous avions caressé l’idée d’un grand chamboule-tout en projetant de planter de la syrah, du cinsault, etc. Mais nous nous sommes vite rendus à l’évidence que nous avions un beau patrimoine ampélographique. Associer la syrah à des cépages bordelais, si c’est souvent bon, n’est pas non plus l’idée du siècle, pas assez différenciant non plus. La carménère, déjà majoritairement présent dans notre cuvée Bordelo, nous intéresse en mono-cépage.

Que voulez-vous qu’on dise de vos vins ?
Que ce sont de jolis vins même si nous n’avons pas la prétention de faire les plus jolis vins du monde. 

https://chateaupudris.com/

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