Cité des vins de Bourgogne, l’heure du premier bilan

Alors que la Cité des Climats et vins de Bourgogne, basée sur les trois sites de Beaune Chablis et Mâcons, a déjà enregistré dans les six premiers mois depuis son ouverture pas moins de 50.000 visiteurs, Olivier Le Roy, son directeur, tire un premier bilan.

Depuis six mois, combien de visiteurs ont franchi les portes de vos trois sites Beaune, Chablis et Mâcon ?
Environ 50 000 visiteurs dont, ce qui est bien naturel, une grande majorité à Beaune (40 000) et 5 à 6000 dans les deux autres sites. C’est encourageant même si c’est en deçà des précisions initiales qui portaient plutôt sur une année standard. Des défis réalistes et sérieux se présentent à nous : gagner encore en notoriété, développer l’implantation dans les territoires ainsi que les relais de partenaires.

Quelle est l’ampleur du soutien de la filière des vins de Bourgogne ?
Il a été fort de la part de l’Interprofession et des élus de la Filière, mais ce soutien mérite d’être élargi. La filière, ou du moins une partie de ses acteurs, a pu être frileuse ou sceptique face au projet, il existe un besoin légitime de concret pour se laisser convaincre. De surcroît, le succès galopant des vins de Bourgogne depuis 10 ans et le sentiment d’urgence sur certains sujets techniques rendent cette communication moins essentielle à court terme. Il faut continuer à œuvrer pour que les hommes et les femmes du vin de Bourgogne viennent nous rendre visite ; ceux qui ont pris le temps de venir ont été convaincus de l’intérêt de la Cité et du reflet qu’elle donne de leur travail. Ils complèteront alors la liste de nos prescripteurs. Renforcer ce lien est une œuvre au long cours, Benoît de Charette (président de la Cité des Climats et vins de Bourgogne) et moi sommes allés à la rencontre de 40 ODG (Organismes de gestion des appellations) afin de leur présenter la Cité. Les fruits sont déjà là, plusieurs ODG ont contribué de façon très positive à certaines animations à la Cité.

Quels sont les projets en cours pour augmenter le nombre de ses visiteurs ?
Il faut des années pour développer certaines pistes qui sont appelées à monter en puissance. Il s’agit d’élargir toujours plus la communication auprès des acteurs du territoire pour gagner de nouveaux partenariats, de démarcher les tours opérateurs, les comités d’entreprise. La Cité avait deux défis majeurs à relever : la réussite de son ouverture, celle-ci a été un franc succès, et la stabilisation du nombre de ses visiteurs ; cette dernière est bien engagée même si des efforts sont encore attendus.

©Antoine Martel Photographe

Quel est l’impact de la Cité sur les villes de Chablis et Mâcon ?
L’ambition de la Cité à Chablis était plus modeste et le nombre de visiteurs fut réellement une très bonne surprise pour une ville de 2200 habitants. Notre présence dynamise la ville qui a depuis rénové des caveaux et des hôtels pour améliorer son offre touristique. La proportion de touristes étrangers est conséquente à Chablis, il s’agit de bien les accueillir. À Mâcon, le succès est en partie lié à une fréquentation forte de groupes, d’entreprises. La ville est actrice du projet : elle a dédié un train spécial pour se rendre à la Cité. Elle a compris que la Cité lui donnait les moyens de renouer avec son passé viticole, d’autant plus qu’elle partage son nom avec celui de l’appellation.

À l’heure d’un premier bilan, quelle est votre plus grande satisfaction ?
Ma plus belle surprise est le retour qualitatif : tous les profils de visiteurs sont unanimes et très satisfaits du contenu, de l’architecture, de l’esthétique comme de la scénographie et de son caractère pédagogique. Notre parcours de visite est en effet plébiscité par les professionnels du vin, par les grands connaisseurs autant que par les néophytes, par les familles avec enfants qui apprécient l’itinéraire qui leur est dédié.

Cette reconnaissance s’est manifestée par l’obtention de prix…
En effet ! Dix prix ont récompensé la Cité dont six pour l’architecture du site de Beaune, image d’une vrille s’élançant vers le ciel. D’autres prix récompensent notre engagement culturel, le respect de l’environnement ; les sites de Chablis et Mâcon ont été mis en valeur pour leur scénographie ; le Conseil de l’Europe nous a honoré du titre de « Meilleur musée du vin en Europe » et le dernier en date (fin décembre) le prix de l’ANEV (Association Nationale des élus de la vigne et du vin) : le Prix national de la Préservation du Patrimoine Viticole (PPPV) 2023 en reconnaissance de notre projet exceptionnel sur les trois sites.

©Antoine Martel Photographe

La Cité n’est pas qu’un musée, c’est aussi un lieu de vie…
En effet, si des visiteurs ne viennent que pour la partie muséale, d’autres à l’inverse (qui pour certains reviennent à la Cité) l’éludent au profit des autres espaces comme notre boutique riche de produits emblématiques locaux, notre bar Les Accords ou l’Ecole des vins de Bourgogne dont l’offre continue à s’élargir touchant des publics variés. Notre offre est en fait tellement large qu’un des défis est de bien la faire comprendre !

Des exemples d’événements qui font vivre la Cité et nourrissent sa réputation ?
Déjà 150 événements de privatisation du site de Beaune ont eu lieu avec la présence des grandes institutions, des entreprises du territoire, de mécènes, des élus : des conseillers départementaux et les 8 préfets avec leurs administrateurs, tous appelés à être nos ambassadeurs. Les 30 et 31 janvier, va avoir lieu à Beaune le premier forum des métiers de la vigne et du vin en partenariat avec Vita Bourgogne : un excellent moyen de toucher les jeunes, les organismes de formation, les partenaires de l’emploi. Des professionnels témoigneront de la filière, ce sera aussi le moyen pour eux de s’approprier la Cité. Les occasions de valoriser la cité en 2024 ne manquent pas : le passage de la Flamme olympique, du Tour de France, le semi-marathon.

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