Côte Chalonnaise : l’âge d’or des vins de Givry

Givry Clos

Après un passé glorieux, l’une des plus petites appellations de la Côte Chalonnaise semblait être tombée dans l’oubli. C’était sans compter le talent et les efforts de quelques vignerons de l’AOC, qui depuis quelques années ont entrepris de planter des vignes de belle qualité et d’apporter des progrès constants à leurs techniques viticoles. Pleins feux sur l’appellation Givry, son histoire et ses domaines emblématiques.

Les vins de Givry : AOC et style

Le vignoble de Givry s’étend sur près de 300 hectares : 250 plantés en rouge et 55 plantés en blanc. Un peu moins de la moitié est classée en premiers crus, répartis sur plus de vingt lieux-dits, plantés de pinot noir et de chardonnay sur des coteaux superbement exposés du sud à l’est.

Les vins rouges sont assez tanniques dans leur prime jeunesse, plein de fruits noirs (mûre), fruits rouges (fraise) et portés parfois par des notes de violette, clou de girofle… Les vins blancs sont quant à eux francs, floraux et vifs avec une finale légèrement épicée. Légèrement dorés, tout en finesse et en subtilité, ils évoluent favorablement au terme d’une garde de deux à quatre ans, voire de plusieurs décennies dans les grands millésimes (et grands domaines !).

Histoire : l’âge d’or de Givry

Depuis le XIVème siècle au moins, les vins de Givry connaissent le succès. La politique conquérante des ducs de Bourgogne a permis d’en étendre l’audience. Le vignoble de la Côte Chalonnaise jouit à cette époque d’une vraie faveur, considéré comme le digne parent de celui de Beaune. On sait par exemple qu’en 1371, Philippe le Hardi fait apprécier le vin de Givry à son beau-père, comte de Flandre. A la fin du XIVème siècle, les exportations de givry sont nombreuses. La cour pontificale installée à Avignon en fait, dès le milieu du siècle, une grande consommation et multiplie les achats à Givry et à Jambles, notamment par l’intermédiaire de courtiers locaux. Les prix d’achat confirment d’ailleurs que la qualité du givry était souvent estimée à la hauteur de celle du vin de Beaune.

La vogue des vins de Givry ne tarit pas avec le rattachement définitif du duché de Bourgogne à la Couronne de France. Sous les règnes des rois bourbons, le givry continue d’empourprer les tables princières. La tradition s’en ancra si fortement qu’à la veille de la Révolution française, l’historien Courtépée, de passage à Givry, rapporte qu’Henri IV avait fait du vin du cru son ordinaire. Le jugement de l’historien est sans appel : il affirme que le givry passe alors pour le meilleur de la Côte et qu’il est dénommé “le volnay du Chalonnais”. C’est à cette date que, capitale viticole secondaire de la province, Givry voit construire les fabuleuses caves superposées et à double voûte du négociant Vivant Millard, équipement novateur pouvant contenir jusqu’à 2000 pièces de vin.

Les domaines emblématiques de Givry

Parmi les grands domaines de Givry, on peut en citer trois :

  • Domaine Joblot : à la tête d’une propriété vedette de Givry, Juliette Joblot ne vinifie pas moins de 8 cuvées en appellations villages et premiers crus. Haute densité de plantation (11.000 pieds à l’hectare), faibles rendements et levures indigènes sont les maîtres mots.
  • Domaine François Lumpp : ayant commencé à travailler la vigne en 1977, François Lumpp crée son propre domaine en 1991. Il s’étend aujourd’hui sur 10.5 hectares.
  • Domaine de La Ferté : propriété de la famille Devillard (Château de Chamirey et domaine des Perdrix) s’étendant sur seulement 4.5 hectares, dont un premier cru (La Servoisine).

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