Curiosités remarquées (et remarquables !) aux Grands Jours de Bourgogne

Si cet événement dédié aux professionnels du vin permet de faire un tour exhaustif de toutes les appellations de Bourgogne et d’apprécier le millésime ainsi que les savoir-faire des maisons et domaines, il est aussi et surtout l’occasion d’échanges. Ecouter les « histoires » des acteurs de la filière, être à l’affut de singularités aussi bien techniques, familiales que markéting n’est pas le moindre des intérêts de ce rodéo de dégustations ! Voici donc un florilège de curiosités repérées pour vous la semaine dernière.

Du sans soufre sur mesure 
Vigneron à Meursault, Pierre-Henri Rougeot, rencontré à la « Trinquée de Meursault », ancien commercial d’une tonnellerie, expérimente depuis 2010 la vinification sans soufre ajouté. Mais attention, pas de vérité absolue pour lui ! Il faut faire du sur mesure et s’adapter à chaque cuvée. Pas question d’aller au-devant de défauts lorsque l’état de certaines cuves nécessite la protection du SO2. Il a fallu également vérifier la tenue dans la durée de ces cuvées sans soufre : l’expérience est concluante, leur vieillissement est très qualitatif et elles conservent davantage d’arômes primaires. Nous avons dégusté son Bourgogne Côte d’Or « Les Grandes Gouttes » 2022 avec SO2 (31 €) et sans SO2 (34 €) ainsi que son Meursault « Sous la Velle » avec et sans soufre, le second nous a offert une palette aromatique plus riche associée à plus de rondeur. Meursault « Sous la Velle » 2022 avec SO2 (71, 70 €) et sans SO2 (75 €).  

Une grande Maison sur tous les fronts
Cinquième génération d’une famille de négociants-éleveurs, la Maison Delaunay vins et domaines brille également aux Portes d’or de la Bourgogne (Chablis) qu’à Mosaïque en Côte de Beaune qu’au Quatuor en harmonie (Nuits Saint Georges) ou à Vosne Millésime – Noblesse des Clos-Vougeot pour ne citer qu’eux. Si la réputation de qualité de certaines cuvées s’est trouvée confirmée comme celle provenant du prestigieux Domaine des Hospices de Nuits, Nuits-Saint-Georges 1er cru « Les Didiers cuvée Fagon » (303 €), c’est surtout l’esprit créateur de la Maison qui est frappant, un esprit et une stratégie qui s’exprime avec de nouvelles cuvées. Parmi elles, nous avons apprécié un Santenay blanc « Les Champs Claudes » (55 €) dont les vignes frôlent Chassagne et un Pernand-Vergelesses « Les Boutières » (45 €). Le savoir-faire de la Maison allie précision et gourmandise.

Blagny : blanc ou rouge ?
À cheval sur les vignes de Puligny-Montrachet et de Meursault, le hameau de Blagny est niché sur le plus beau belvédère de la côte de Beaune. Sur le même territoire, selon que vous serez rouge ou blanc, vous vous nommerez Blagny (ou Blagny premier cru) ou Puligny-Montrachet et Meursault… Mais s’arrêter là serait trop simple. Existe aussi le « Meursault 1er cru-Blagny » qui reste blanc bien-sûr ! Et parmi ceux-ci le Meursault 1er cru-Blagny du domaine Chapelle de Blagny « Sous le dos d’âne » 2020, (70 €) vinifié avec talent par Etienne de Brechard. La curiosité du jour est son aligoté, concentré, frais et ample « élevé – nous précise-t-il – comme le Puligny ! » (Puligny-Montrachet 1er cru blanc 2021 78 €) ; cuvée à suivre car non encore commercialisée, faute de volume.

Cuvée S  
En voilà un nom étrange pour une cuvée même si celle-ci est conçue par un vigneron de Santenay, du Domaine David Moreau. C’est en fait un hommage à sa grand-mère Simone à qui il doit beaucoup dans son investissement actuel au domaine. Les vignes en question ont un bel âge et produisent beaucoup de millerandages (tout petits raisins) qui donnent un jus très concentré avec des tanins très délicats issus des pellicules… (« Cuvée S » 2022, 32,50 €). Connaissez-vous les digonelles ? Il s’agit du nom de fossiles (sortes de palourdes) que l’on trouve en nombre dans les sols du domaine, d’où le nom insolite de cette autre cuvée « Les Digonelles » : un pommard fin et élégant avec beaucoup de minéralité, de fraîcheur et de belles notes florales (Pommard « Les Digonelles » 2022 45 €).

Un magnum sinon rien !
La créativité est de mise au Domaine de Chamirey, à Mercurey. Outre ses belles cuvées de Mercurey blanc et rouge, la famille Devillard qui exploite aussi le Domaine des Perdrix à Nuits-Saint-Georges, La Ferté à Givry, le Domaine de la Garenne dans le Mâconnais et le Domaine Rolet, dans le Jura, propose une cuvée inédite, nommée « Hors-ligne », et pour cause ! Cette sélection parcellaire issue est composée de 12% de chardonnay qui sont volontairement et de façon quelque peu insolite assemblés (depuis 2018) dans cette cuvée particulière. Fraîcheur et goût de revenez-y garantis pour ces magnums (choix exclusif de ce contenant pour cette cuvée) numérotés : « Hors-ligne » 2022 105 €.

Elégance d’un « climat » 
L’appellation Nuits-Saint-Georges a eu par le passé la réputation d’être vigoureuse et corsée pour ne pas dire rustique. La variété de ses terroirs offre en fait des expressions diverses aux belles complexités. Parmi elles, remarquons l’élégance particulière des « Damodes » : le nom d’un climat où les vignes exposées au Levant, en altitude, et plantées sur un sol calcaire peu profond (une sorte de dalle) offrent des vins qui marient à merveille élégance et puissance, gourmandise et délicatesse. Au Domaine Chantal Lescure comme au domaine Remoriquet, tous deux propriétaires de parcelles appartenant à ce climat attenant à la parcelle éponyme de Vosne-Romanée, nous sommes séduits par le raffinement, la fraîcheur et le velouté des cuvées « Les Damodes » 2022 qui expriment avec beaucoup de précision la qualité de ce terroir. Nuits-Saint-Georges 1er cru « Les Damodes » 2022 . Domaine Chantal Lescure : 71 € ; Domaine Remoriquet : 45 €. 

Ce florilège de curiosités ne fait bien évidemment qu’effleurer l’amplitude et la variété si riche des vins de Bourgogne…

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