Décès de Clément Fayat, grand industriel français et homme du vin - Routes des vins

Décès de Clément Fayat, grand industriel français et homme du vin

Fondateur du quatrième groupe de BTP français, figure majeure du secteur industriel, Clément Fayat vient de décéder à l’âge de 90 ans. En plus de son empire dans le bâtiment, il avait investi par passion dans le vin, réunissant sous la bannière des vignobles Fayat trois propriétés dans le vignoble bordelais.

Né en Corrèze en 1932 dans une famille modeste, « terrien dans l’a?me, autodidacte assume? et inspire?« , Clément Fayat s’installe dans le Libournais et fonde, en 1957, Fayat Entreprise TP. Lui qui avait simplement commencé « avec une tractopelle » va monter un véritable empire du BTP : 21 666 collaborateurs aujourd’hui, 4,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2021, présent dans 170 pays à travers le monde. Au-delà de cette réussite dans le secteur du bâtiment, ce passionné de vin aura investi très tôt dans le vignoble : dès 1969, il achète le cha?teau La Dominique, Grand Cru Classe? de Saint-Émilion qui va devenir l’un des bastions de l’œnotourisme sur la rive droite – son chai signé Jean Nouvel qui se dresse au milieu des vignes depuis 2012 ne saurait échapper au regard des visiteurs. Puis viendront le cha?teau Cle?ment-Pichon (Haut-Me?doc, récemment reconnu Cru Bourgeois Supe?rieur) et plusieurs vignobles à Pomerol réunis en 2009 sous l’entité Cha?teau Fayat.

Promu au grade de Commandeur de l’Ordre de la Le?gion d’Honneur en 2012, des mains d’Alain Juppe?, Clément Fayat aura réussi à conjuguer deux piliers de l’économie française, celui de l’industrie et celui de la production agricole à travers le vin. En 2020, il s’associait avec ses deux fils Jean-Claude et Laurent pour créer la Fondation Fayat, articulée autour de trois missions : lutter contre les maladies neurode?ge?ne?ratives et participer a? la recherche me?dicale ; former des personnes – notamment les plus de?munies – souhaitant inte?grer le secteur du ba?timent et des travaux publics et aider des personnes de?sireuses de se reconvertir dans un autre secteur ; et enfin re?habiliter et re?nover des monuments historiques.

« Un nouvel horizon s’ouvre devant nous, je le sens »

Ayant confié les rênes de son groupe à ses deux fils, Clément Fayat confiait : « Un nouvel horizon s’ouvre devant nous, je le sens. Et j’ai confiance, car deux hommes portent dans leurs ge?nes ces valeurs et cette volonte? de re?ussir. C’est l’heure des grands projets. De l’histoire qui continue. Et des de?veloppements innovants« . Jean-Claude Fayat, qui s’était prêté en 2020 à l’exercice de l’entretien « sur le divin » pour « Terre de Vins » (n°67), se confiait sur le côté parfois difficile de s’inscrire dans les pas d’un père aussi emblématique : « C’est un pe?re dominant. Les relations n’ont jamais e?te? conflictuelles mais masculines. Aujourd’hui, il se retrouve dans une relation ou? il a besoin de moi. Pour moi, cela a e?te? dur a? accepter. J’ai un grand respect pour tout le travail qu’il a re?alise?. Je sais d’ou? nous sortons, mes grands-parents e?taient des gens pauvres. Mon pe?re a re?ussi a? faire tout c?a en venant de ce milieu-la?. J’ai vraiment beaucoup de respect. Pour ma part, j’ai eu la chance d’e?tre dorlote?, de poursuivre des e?tudes. Il a e?te? dur avec moi, il ne me ga?tait pas avec des cadeaux », tout en se déclarant « tre?s content de me rendre compte de tout ce qu’il a pu me donner, nous donner. J’ai beaucoup de respect et d’amour pour lui. »

La transmission, elle passait aussi par le vin, qui est longtemps resté « la chasse gardée » de Clément Fayat au sein du groupe, jusqu’à ce qu’il tende le flambeau à son fils Jean-Claude en 2011 : « tu n’as qu’à t’en occuper ! » Des souvenirs de jeunesse, Jean-Claude Fayat se rappelait : « Il avait une cave, que je revois dans notre maison. Il ouvrait tre?s re?gulie?rement des bouteilles. Le menu du dimanche, c’e?tait en ge?ne?ral ro?ti de bœuf et ce?leri. Le ce?leri, j’avais horreur de c?a ! Par chance, j’avais le droit de gou?ter le vin. Cette goutte de vin apportait un peu de magie. A? 16 ou 17 ans, on s’amusait a? faire des de?gustations a? l’aveugle. Je buvais assez re?gulie?rement du Petrus, mais ce n’e?tait pas les prix d’aujourd’hui… !« 

L’équipe de Terre de Vins présente ses condoléances à la famille Fayat et à toute l’équipe des Vignobles Fayat.

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