Dix sur dix pour les crus du Beaujolais à Paris - Routes des vins

Dix sur dix pour les crus du Beaujolais à Paris

Terre de Vins a réuni ce lundi 4 juillet l’ensemble des crus du Beaujolais à la Fabrique Evénementielle à Paris. Une dégustation à destination des professionnels et des journalistes qui ont pu suivre une master class sur l’incroyable géologie du vignoble ainsi que découvrir des millésimes plus anciens en magnum de ces 10 appellations qu’il est urgent de mieux connaître.

L’ambiance était chaleureuse et conviviale lors du discours inaugural de Rodolphe Wartel, Directeur général de Terre de Vins qui a souhaité remercier l’ensemble des participants, à commencer par la vingtaine de vignerons présents, ainsi que l’interprofession InterBeaujolais et Jean-Marc Lafont, Président de l’organisme de défense et de gestion des dix crus du Beaujolais. Celui-ci s’est dit « très heureux de cette opération qui permet de montrer tous ensemble la diversité de nos crus dans un lieu d’esprit industriel parfaitement en accord avec le style moderne de nos vins ». Avant de préciser qu’il « existe une très belle dynamique sur l’ensemble des vins avec tout un travail de mise en valeur des lieux dits. Un projet mené pendant 10 ans qui nous a conduit à creuser 16 000 fosses permettant de cartographier toute la géologie de nos crus de manière extrêmement précise. Nos vignerons, véritables artisans, ont aujourd’hui à cœur de mettre en valeur cette formidable diversité ».

Tous les participants de la journée ont ainsi pu échanger avec des vignerons sur les multiples facettes des vins du Beaujolais, notamment au sein d’un même cru. Plusieurs bouteilles de domaines différents étaient en effet proposées à la dégustation pour chacun des 10 crus, issus de terroirs souvent diamétralement opposés. Une complexité géologique qui nécessitait d’être expliquée en détail lors d’une master class assurée notamment par Tanguy Leblanc, responsable de la recherche fondamentale en géologie sur le Géoparc du Beaujolais. « Ce label nous a été décerné par l’UNESCO il y a 4 ans et de nouveau il y a quelques semaines pour les 4 années à venir. Il vient mettre en valeur la géodiversité exceptionnelle de la région. Et en particulier dans le nord du Beaujolais où se trouvent les crus avec des sols granitiques, mais aussi de pierres bleues, d’alluvions et de colluvions et de manière plus anecdotique de calcaire ».

Les participants à la masterclass ont ainsi pu découvrir toute l’histoire géologique des crus ainsi que les types de sols différents issus de ces roches. Cette analyse a permis ensuite de mieux comprendre comment la vigne était travaillée sur ces différents terroirs où, comme l’a rappelé Tanguy, « l’humain reste le facteur le plus important ». Avec, comme mise en pratique, 5 vins venant ensuite illustrer ces propos : un Juliénas 2019 du domaine du granit doré (pierres bleues), un Fleurie 2019 du domaine des combiers (granit), un Brouilly 2019 du domaine Bertrand (calcaire), un Chénas 2019 du château des Jean-Loron (alluvions et colluvions anciennes) et un Fleurie2018 du domaine des grands fers (granit).

Des vins de garde et de gastronomie

Parmi les différents vignerons présents, beaucoup avaient à cœur de faire découvrir les expressions multiples du gamay notamment sur les lieux-dits. C’est le cas de Grégory Barbet du domaine de la Pierrelette à Saint-Amour qui faisait déguster son Saint-Amour « la poulette » 2020 issu d’un terroir de granit rose décomposé où se trouvent également des poches d’argile. Une parcelle de vieilles vignes exposée sud/sud-est donnant un vin très marqué par les fruits rouges et de superbes notes florales. Philippe Viet du domaine éponyme sur Régnié ne cachait pas non plus son enthousiasme, expliquant « toute la magie du gamay s’exprimant si différemment selon les terroirs ». Avant d’ajouter que « cet événement [était] un marqueur de la dynamique de la région. Il existe toute une nouvelle génération tournée vers les vins qualitatifs et mettant en œuvre des pratiques viticoles plus saines et plus durables ». Didier Bataillard, du château de Bellevarne, a pour sa part voulu mettre l’accent sur l’actuel regain d’intérêt des consommateurs pour les crus du Beaujolais, notamment la nouvelle génération qui n’a pas d’a priori et apprécie les rapports qualité-prix exceptionnels que l’on peut y trouver. « D’aucuns redécouvrent en outre les grands potentiels de garde de nos vins qui sont éclatants pendant une décennie voire plus ». Ce n’est pas Fabrice Sommier qui aurait dit le contraire ! Meilleur ouvrier de France, il animait une dégustation libre d’une quinzaine de vins servis en magnum et à pleine maturité. « Nous souhaitions montrer la capacité de vieillissement géniale de ces vins et leur aptitude évidente à accompagner une cuisine simple mais aussi une grande cuisine de chefs étoilés ». Parmi les vins proposés, les participants ont pu goûter un Saint-Amour 2015 du domaine des pins, un Juliénas « Corpore sano » 2011 de Fernand et Jérôme Corsin ou bien encore un Morgon « le Clos » 2009 du château de Bellevue. Autant de preuves de la grandeur de ces vins encore insuffisamment valorisés… au grand plaisir des amateurs toujours plus nombreux.

Photos: Adrien Viller

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