Du grenache made in Papin

Fabrice Papin, le vigneron de Saint-Bonnet-sur-Gironde du Domaine du Petit-Marand, avance ses pions sur l’échiquier des grands vins. Après le succès des merlots et des chardonnays vient le temps du grenache. Autopsie d’un iconoclaste en terre charentaise. 

Le ou la grenache, on s’en fout. Importe le contenu du flacon, cette capacité de ce cépage à s’épanouir quelque part, ce grenache doté entre autres d’une qualité, celle d’être un bonbon dans sa jeunesse et d’offrir des potentiels de garde remarquables. « J’ai planté ce cépage car je l’aime, c’est aussi simple que ça », explique Fabrice Papin. Ses références ? Là aussi c’est assez direct. Sans se comparer, il évoque Rayas et Henri Bonneau. Car dans sa première vie, celle d’être commercial à Hong-Kong pour les vins des Domaines Barons de Rothschild (Lafitte-Rothschild), Fabrice Papin s’est fait un palais, ou plutôt s’est construit son armoire à émotion. Et puis, il est revenu au domaine familial, celui du Petit Marand à Saint-Bonnet-sur-Gironde, avec des idées plein les bottes. En sus de l’ugni-blanc pour le cognac, Fabrice Papin tâte du merlot et du chardonnay avec la cuvée ExtraOrdinaire. Ça plaît, défraie, il est content, mais il lui faut continuer de créer. En propre ou en achat de raisins à la bourguignonne. Du pinot noir, du malbec, du sauvignon. Et précisément – car un article = un sujet dit-on en école de journalisme – du grenache en 2018, l’année où il revient s’installer définitivement. 33 ares. Il choisit la parcelle du domaine où l’ugni-blanc titrait fort, sur la butte. « Un sous-sol calcaire bien sûr, mais un sol sableux, sans argile, ou très peu, un terroir léger », confie Papin. Le premier millésime est le 2021 pour une mise en bouteille en 2024. « Pas de bois neuf, le moins d’intervention possible, c’est un encore un bébé, un grenache sur une jeune vigne mais c’est pas mal », prévient le vigneron. Surtout déjà tellement prometteur… L’atteste l’engouement des sommeliers qui surveillent l’animal de près. Moins de 1000 bouteilles (autour de 60€ le flacon) que les équipes de Pierre Gagnaire, de Grégory Coutanceau, des établissements Martin à Saint-Emilion, la cave des Demoiselles à Rochefort ou le sommelier bordelais Julien Tabbachierra (restaurant Amicis d’Alexandre Baumard) vont mettre à l’affiche sinon à la carte. Car Fabrice Papin pense des vins de gastronomie par la maturité, l’architecture et l’identité. Le reste de l’histoire est une bouteille bourguignonne et une étiquette confiée à l’artiste rochefortaise Pascaline Mitaranga.  

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