[Entretien] Stéphane Baschiera rejoint le CA du champagne EPC - Routes des vins

[Entretien] Stéphane Baschiera rejoint le CA du champagne EPC

Le champagne EPC, jeune start-up du champagne, vient d’annoncer une levée de fonds de 5,5 millions d’euros et l’entrée de Stéphane Baschiera dans son Conseil d’administration. L’ancien président de Moët & Chandon vient apporter son expertise. Il nous en dit plus.

Vous avez quitté il y a un an et demi la Maison Moët & Chandon, pour quelle raison ?

J’ai fait valoir mes droits à la retraite. Je n’avais pas du tout l’ambition de retravailler, mais plutôt de m’occuper de mes petits-enfants et de profiter un peu, notamment en exerçant ma passion pour les courses automobiles. Il y a un an, j’ai rencontré par pur hasard Camille et son camarade Edouard. Ils m’ont demandé s’ils pouvaient bénéficier de mon expérience. Je les ai trouvés sympas, dynamiques. L’idée de pouvoir aider de jeunes entrepreneurs me plaisait. Je précise que je ne suis pas du tout impliqué financièrement dans cette affaire. C’est vraiment parce que je les aime bien, cela me permet aussi de garder un pied dans une activité que je connais.

Après avoir dirigé la plus grande maison de champagne, une entreprise pluri-centenaire, vous prenez le problème par l’autre bout…

C’est ce qui est intéressant ! Toute ma vie, j’ai travaillé au sein de grandes entreprises, notamment au sein du groupe LVMH. Pour la première fois, je mets le pied dans quelque chose de très différent. C’est donc aussi un enrichissement personnel. Dans cette petite aventure, si je leur apporte mon expérience, j’apprends aussi sur leur manière de faire, comment ils travaillent entre eux : c’est léger, c’est rapide. Vous avez raison de le souligner, c’était assez loin de ce que j’avais l’habitude de faire.

Qu’est-ce qui vous a séduit dans leur concept ?

Ce que j’ai trouvé de plus innovant et que leur petite taille rend possible, c’est la proximité avec le vignoble et les vignerons. Ce qui m’intéresse aussi, c’est qu’ils partent de zéro. Il s’agit d’une création ex-nihilo, ils ont donc le choix de la cohérence stratégique dès le départ, à savoir de bien sélectionner les circuits de distribution au sein desquels ils souhaitent voir leurs produits. Je pense que leur modèle permet aussi de renouveler l’offre vin. Quelque part, et c’est une caractéristique qui m’a amusé, leurs sources d’approvisionnements sont quasiment infinies !

Est-ce que vous pensez que la manière dont ils envisagent la relation aux vignerons et aux coopératives peut être une source d’inspiration pour le reste du négoce ? Cette transparence avec laquelle ils disent nous sommes allés chercher telle cuvée chez tel vigneron ou telle coopérative…

Ils apportent une certaine valeur ajoutée à leur consommateur, parce que, d’une certaine manière, ils se portent personnellement caution du produit qu’ils offrent. C’est quand même assez impliquant et là-aussi novateur. Qui plus est, ils ont la flexibilité du choix. Comme vous l’évoquiez, ils peuvent décider de s’approvisionner ici ou là. Le fait de le dire en toute transparence m’a séduit.

Jusqu’à quel niveau pensez-vous que la maison puisse grandir ?

Je leur ai conseillé de faire ce qu’ils annoncent et d’annoncer ce qu’ils vont faire. Ils ne doivent pas se fixer des objectifs inaccessibles et surtout éviter de tout faire en même temps. Il vaut mieux prendre deux ou trois priorités. Par exemple, en termes d’ouverture de nouveaux marchés, ne pas partir tous azimuts avec une gamme extrêmement large dans un nombre de pays également très large. Le risque serait de se retrouver dans certains tout petits pays à vendre quelques bouteilles. C’est un peu l’avantage d’avoir des cheveux blancs, on a cette capacité à réfléchir à long terme. Ils sont fougueux et c’est une excellente chose, la fougue de la jeunesse on ne l’a qu’une fois dans sa vie, mais peut-être qu’avec mon expérience je peux leur permettre d’éviter les bêtises que j’ai faites pendant toutes ces années. Nous nous sommes bien trouvés.

Que pensez-vous du look des bouteilles, ce nom « EPC » qui est un peu disruptif…

La jeunesse par nature doit avoir un rôle disruptif ! Si c’est pour faire une énième offre qui ressemble à tout ce qui a pu être fait, il n’y aurait aucun risque à se lancer dans l’aventure.

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