Escapade en Alsace - Routes des vins

Escapade en Alsace

Nous étions en déplacement en Alsace au début du mois de novembre. Pendant deux jours l’équipe a sillonné les vignes de cette magnifique région aux 51 grands crus, l’occasion de rendre visite à cinq de nos domaines partenaires. Nous vous racontons nos pérégrinations autour de la capitale des vins d’Alsace, Colmar !

Nous étions en déplacement en Alsace au début du mois de novembre. Pendant deux jours l’équipe a sillonné les vignes de cette magnifique région aux 51 grands crus, l’occasion de rendre visite à cinq de nos domaines partenaires. Nous vous racontons nos pérégrinations autour de la capitale des vins d’Alsace, Colmar !

Domaine Weinbach

Nous avons commencé notre périple alsacien en nous rendant au domaine Weinbach, une propriété aux mains de la famille Faller depuis 1898.  Auparavant exploitée par des moines, ces derniers avaient été chassés au moment de la Révolution. Le vignoble historique est l’actuel Clos des Capucins, un ensemble de parcelles d’une dizaine d’hectares autour de la bâtisse principale qui repose sur des arènes granitiques. Reçu par Eddy Faller actuellement aux commandes avec sa mère et son frère, nous arrivons au milieu d’une brume épaisse au domaine qui rend le lieu d’autant plus magique et mystérieux, l’énergie qui en émane est palpable.

 Notre hôte du jour nous propose d’aller faire un tour dans les vignes, ni une ni deux nous voici dans son pick-up à monter les chemins escarpés et sinueux qui jonchent le Grand Cru Schlossberg. Sur la route nous sommes interpellés par des surgreffages, nous interrogeons Eddy qui nous confie avoir repiqué quelques ares de syrah et de grenache. Il justifie ce choix qui peut paraitre pour le moins étrange en plein milieu de l’un des plus beaux grands crus alsaciens, par le besoin d’anticiper l’avenir, le réchauffement climatique et d’essayer d’autres cépages. Nous nous arrêtons dans les hauteurs du Schlossberg, au-dessus de la parcelle des plus vieilles vignes du domaine qui servent à produire la fameuse cuvée Sainte-Catherine, le brouillard se dissipe, nous offrant un superbe point de vue, en contre-bas nous apercevons le célèbre Clos des Capucins qui a fait la renommée du domaine et sur notre droite le magnifique village de Kaysersberg. Nous reprenons notre route pour rentrer au domaine en faisant un détour par le Furstentum dont la famille Faller détient un hectare planté de gewurztraminer et un autre repris en 2019 complanté.

Nous nous installons dans la maison principale pour une très belle dégustation des derniers millésimes.

En commençant par un sylvaner 2021 gourmand, bénéficiant d’un beau fruit éclatant et de fines notes miellées. Viennent ensuite les Vignes du Prêcheur, une cuvée issue d’une co-fermentation de pinot blanc, riesling, auxerois, muscat, et sylvaner aux accents exotiques, déployant des notes de fruit de la passion et de nectarine soulignées par une acidité rectiligne et une belle fraicheur.

C’est ensuite le riesling 2021 que nous sert Eddy, la cuvée Théo qui est un assemblage de raisins provenant du Clos des Capucins et des Schlossberg de moins de vingt ans. La cuvée est saisissante dès l’attaque, l’énergie du vin est vibrante, celle-ci met en valeur l’aromatique de fruits blancs très pure. Nous goûtons la cuvée Colette, un riesling provenant d’une parcelle située juste sous le Schlossberg. Un vin là encore à la belle énergie, aux arômes d’agrumes murs et de fruits jaunes (pêche de vigne), doté d’une belle complexité s’étirant grâce à une minéralité très fine qui allonge la finale. Le schlossberg 2020 est un vin formidable, à la concentration aromatique impressionnante, les arômes de fruits mûrs sont parfaitement équilibrés par une minéralité saisissante. La version Sainte-Catherine cette fois dans le millésime 2021 est elle aussi impressionnante, les 5 grammes de sucres résiduels ne se sentent pas du tout, les beaux arômes de fruit mûrs sont sublimés par une acidité tranchante donnant un équilibre majestueux au vin, la finale minérale aux notes presque salines fait durer le plaisir ! Un grand vin en devenir !

C’est ensuite au tour du Grand cru Furstentum d’atterrir dans nos verres, officiellement en pinot gris 100%, une bonne partie des raisins sont en fait du pinot blanc et de l’auxerrois. L’élevage de 14 mois en barrique vient donner une belle texture au vin, des arômes de pêche bien mure balancés par une belle acidité et de jolis amers en finale.

La cuvée Sainte Catherine Pinot gris 2020 provient de la parcelle des caracoles, des sols plus marneux qui donnent beaucoup de largeur au vin, des arômes mielleux, d’ananas, de fruits exotiques et des beaux amers en finale.

La cuvée Macération est comme son nom l’indique une macération de 2/3 de gewurztraminer et 1/3 de pinot gris vinifié sans ajout de souffre. Le vin est à notre sens très réussi, avec ses notes de rose, d’orange sanguine et sa belle amertume, des notes de végétal noble provenant de la rafle viennent apporter un supplément d’intérêt au vin.

Le gewurztraminer Treilles du Loup 2020 est un demi sec aux arôme floraux, des notes de camomille viennent se mélanger à un fruité très pur et frais, une cuvée toute en délicatesse.

Nous terminons cette dégustation avec le grand cru Furstentum gewurztraminer, un vin moelleux avec de magnifiques amers qui viennent contrebalancer les sucres. Les arômes de rose et de litchi sont délicats et très élégant, le vin jouit d’une belle richesse sans jamais tomber dans la lourdeur.

Domaine Trapet 

La famille Trapet est une grande famille de vignerons, du côté d’Andrée (née Grayer), les racines sont en Alsace où elle reprend l’œuvre de ses parents en 2002. Pour son mari, Jean-Louis, c’est la Bourgogne, avec le domaine Jean Trapet Père & Fils, fondé en 1919, l’une des références de l’appelation. Andrée et Jean-Louis ont eu deux fils, Pierre et Louis. Louis s’occupe du domaine bourguignon tandis que Pierre s’est installé à Riquewihr où il dessine avec passion la continuité du domaine. Ce dernier nous accueille dans son chais, pas franchement authentique et empli de charme, puisqu’il s’agit d’un hangar, mais le plus important me direz-vous est le contenu pas le contenant. Pierre nous emmène voir ses vignes sur le Schœnenbourg, un grand cru emblématique qui domine le somptueux village de Riquewihr.

 De nombreux échalas ont été implanté dans le vignoble et notamment dans le grand cru Schœnenbourg, cette technique de conduite de la vigne a de nombreux avantages, d’une part une pousse verticale avec un feuillage conséquent permettant de favoriser la photosynthèse. D’autre part une bonne répartition de la charge des grappes sur le pieds et également une bonne aération qui limite le développement des maladies. En revanche ce système induit un travail à la main obligatoire. Nous rentrons au chais, Pierre nous emboite le pas, à peine entré nous ressentons l’atmosphère incroyable qui y règne. La lumière tamisée et les innombrables cuves de formes et de matériaux différents, le vin en fermentation qui déborde dans les sifflets provoquant des sons de cloche d’une harmonie magnifique. Beaucoup d’apaisement et de bonnes énergies se dégagent.

Pierre se lance alors dans une dégustation brut de cuve d’une bonne partie de la cave. Les jus dont beaucoup n’ont pas fini de fermenter, sont troubles, parfois perlant mais l’on ressent bien le style du domaine, des vins très purs et aboutit dotés d’une belle énergie.

Nous goûtons également deux vins en bouteille, d’abord un Kientzheim 2020, un riesling issu du village éponyme, une parcelle située entre 320 et 340 mètre d’altitudes, l’on retrouve des marnes profondes dans le sous-sol. Le vin est pur, éclatant, le fruit est frais, l’acidité nette et vive, la finale est fine et élégante et s’étire avec une belle minéralité.

Vient ensuite le Schœnenbourg 2018, dans la même fibre que le vin précédent mais avec un supplément d’intensité. Un vin à l’éclat impressionnant, d’une noblesse époustouflante et empreint d’une énergie particulière.

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