Frimas printaniers, menace de gel en Bourgogne !

Les saints de glace (du 11 au 13 mai) ne sont pas encore passées pour rassurer les vignerons de Bourgogne, tous menacés par le gel de printemps et sur le qui-vive depuis plusieurs jours. Encore trois nuits d’angoisse devant eux à guetter le thermomètre.

Peu de soleil, mais des températures douces en février (3,6°de moyenne), mars (1,5° de moyenne) et début avril qui ont favorisé un réveil précoce de la vigne en Bourgogne avec l’observation de premières pointes vertes sur des chardonnays dès le 22 mars. Un débourrement précoce donc, qui suit son cours et ne manque pas d’inquiéter les vignerons qui redoutent ou ont déjà subi le gel de printemps ces jours-ci. L’alternance de pluie et de soleil a favorisé le développement des feuilles : « en moins d’une semaine, la vigne a pris 10 cm, tout sort, entre trois à sept feuilles étalées de façon accélérée », témoigne Etienne de Brechard, vigneron à Blagny (entre Meursault et Puligny-Montrachet).

Des villages déjà touchés
Jeudi dernier, Saint-Aubin a subi ses premiers gels. Certains vignerons ont sorti leurs bougies pour éviter le pire, ce fut le cas dans le climat des Frionnes où le thermomètre est descendu jusqu’à moins trois degrés. La nuit dernière, Saint-Romain ou Bouzeron ont également subi ce mal tant redouté.

L’exemple du hameau de Blagny

Etienne, lui (du moins ses vignes !), n’a pas encore gelé, mais ses nuits sont sans sommeil depuis quelques jours. Dimanche dernier, c’est un orage de grêle qui a fait chuter la température de 9 à 2 degrés. Les frissons sont aussi psychologiques… Lundi, de bonnes heures, le thermomètre n’affichait que 0,4° ; voici une raison sérieuse pour se relever plusieurs fois la nuit suivante afin de vérifier l’état des lieux et choisir ou non de mettre en route son éolienne, une tour anti-gel constituée d’une grande hélice reliée à une chaudière prête à envoyer de l’air chaud et à stabiliser la descente d’air froid, si le vent le veut bien, sur sa précieuse parcelle de premiers crus Sous le dos d’âne. Avec de bonnes conditions, on peut ainsi gagner, théoriquement, jusqu’à trois degrés. Précieuses, ses parcelles le sont toutes puisqu’Etienne a la chance de n’avoir « que » des premiers crus, ce qui en revanche complique quelque peu la protection de ses vignes quand le vent glacé pointe son nez… S’il n’a pas hésité, après les grosses pertes de 2021, à investir dans cet engin moderne, il faut suppléer avec d’autres méthodes comme les bougies pour les autres parcelles. C’est crucial, car en principe, « s’il gèle à Blagny, il gèle partout ! »

D’autres vignerons tentent la technique de l’aspersion qui consiste à « enrober » les bourgeons d’un capuchon de glace qui les maintient à 0°. D’autres encore utilisent des fils chauffants avec diodes luminorescentes, un système moins onéreux, mais qui nécessite un groupe électrogène. “On ne peut pas ne rien tenter dans ces moments-là – renchérit Étienne même si on ne peut être sûr du résultat ; le sens du vent par exemple pourrait rendre efficace notre tour que sur une partie de la parcelle”. D’autres vignerons ne déploient pas ce type de moyens et affirment attendre en serrant les dents et en priant ! Peut-être saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais, les fameux « saints de glace » les exauceront-ils ?

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