Gewurztraminer, le roi de Noël

Le gewurztraminer est un cépage aromatique qui n’a pas son pareil en Alsace. Souvent exubérant, sec ou moelleux, il s’accorde à une multitude de plats.  

Le gewurztraminer, tout le monde en connait le nom. Pour beaucoup, il est même synonyme d’Alsace et de fête. Mais on sait rarement à quel point il peut donner des vins différents. Parfois sec, souvent demi-sec, quelquefois riche et même liquoreux, le vin de gewurztraminer se décline de multiple façons selon la date de vendange, les conditions du millésimes, et bien sûr l’intention du vigneron. A table, il réserve des surprise formidables et réussit souvent là où on n’y pensait pas.  

Le bon accord
Une raviole de Saint-Jacques avec un bisque d’étrilles, c’est un plat de rêve avec un gewurztraminer demi-sec. Et dans cette catégorie, le choix est vaste. Celui du domaine Etienne Loew par exemple, en 2019 est un vin très équilibré, issu d’une vigne de 65 ans sur le lieu-dit Ostenberg à Westhoffen (Bas-Rhin). Il charme d’abord par ses parfums de fruits exotiques, équilibrés par des notes végétales qui apportent de la fraîcheur en bouche. Sa douceur se fond dans le plat, car il est ample et les épices habillent sa finale. 

Vendanges tardives
La vendange tardive (VT) est la catégorie de gewurztraminer sur la quelle on ne peut pas se tromper. Les contrôles à la production sont stricts et les résultats fiables. L’accord avec le dessert en devient vraiment facile. Sur un sablé à la crème citronnée, une meringue à la vanille, un tarte aux fruits exotiques, goutez la VT du domaine Victor Hertz, à Herrlisheim (Haut-Rhin). Sur ces terres argilo-calcaires, le millésime 2020 a fait des merveilles quand on a attendu le bon jour de novembre pour vendanger. Parfums de miel et de fruits mûrs, bouche intense, texture serrée. Les 102 grammes de sucre résiduel s’assemblent avec le dessert comme si rien de plus naturel ne pouvait exister. 

Pas seulement au dessert 
Dans un style plus puissant, le gewurztraminer VT du grand millésime 2017 du domaine Muré est une explosion, récolté les 25 et 26 octobre. Il provient du Clos Saint Landelin, lui-même à la pointe du grand cru Vorbourg, la côte d’Azur de l’Alsace, au sud-ouest de Colmar (Rouffach, Haut-Rhin). En bouche, on est frappé par son équilibre idéal entre l’acide et le sucré, tandis que les parfums s’amplifient et que le miel laisse place aux fruits confits, aux épices douces et aux fruits exotiques. On le sert seul pour l’apéritif ou avec le foie gras, mais aussi avec un dessert à base de fruits (22,20 €, 50 cl).

©I. Bachelard

Question d’équilibre
Trouver l’équilibre, c’est l’éternelle question. Mais elle se pose plus encore avec le gewurztraminer. A la vigne, le cépage n’est pas facile, car s’il n’atteint pas les 13° potentiel, il peut manquer de parfums et donner un vin ennuyeux. S’il monte trop en alcool, il peut donner trop d’amertume.  La date de vendange est cruciale. Elle a visiblement été bien choisie par quelques domaines qui nous ont fait goûter des merveilles qui ne sont hélas plus à la vente. C’est le cas au domaine Schlumberger sur le grand cru Kitterlé en 2017. C’est un coteau fameux qui bénéficie d’une commercialisation sous son nom depuis 1830. L’éperon rocheux volcano-gréseux offre trois exposition, sud-ouest, sud et sud-est. On veut croire que c’est la raison de sa complexité aromatique exceptionnelle : des fleurs, des épices, du poivre, du curry, des fruits exotiques. Mais le plus frappant est le parfait équilibre de la bouche, 13 degrés d’alcool et 50 g de sucre. Une autre grande année était le 1998, qui a parfaitement réussi à la VT du domaine Jean Becker à Zellenberg (Haut-Rhin) un vin riche et parfumé, épicé et long qui est encore en pleine forme. 

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