[Grands Jours de Bourgogne] Chablis, le défi du climat - Routes des vins

[Grands Jours de Bourgogne] Chablis, le défi du climat

À l’occasion des Grands Jours de Bourgogne, du 21 au 25 mars 2022, retrouvez chaque jour notre chronique sur l’un des vignobles de la région. Aujourd’hui : Chablis, vignoble blanc plébiscité comme jamais, mais face au défi d’un climat de plus en plus exigent.

Si la Bourgogne, terre aux 84 appellations, se veut souvent complexe, Chablis fait figure d’exception. Un seul nom, un seul cépage, et ce sur près de 6000 hectares. Le tout réparti en quatre appellation bien identifiée : Petit Chablis, Chablis, Chablis 1er cru et Chablis grand cru. Ajoutez à cela un nom que l’on peut prononcer dans le monde entier (Pernand-Vergelesses et Auxey-Duresses ne peuvent pas en dire autant), et vous obtenez une visibilité commerciale rare dans le monde des vins de terroir.

De quoi expliquer une partie de son succès sur les marchés. Anglo-saxons et Japonais raffolent de ces chardonnays, et la demande est plus forte que jamais. Tout va bien, donc, au pays des Vaudésir et de la montée de Tonnerre ? Pas tout à fait. Pour répondre aux oenophiles, il faut produire du raisin. Et là, les choses commencent à se compliquer, le talent des vignerons locaux n’y pouvant rien.

Déjà historiquement exposé au gel printanier, le Chablisien fait face à une recrudescence de cette menace. En cause : le dérèglement climatique. Chaque année, les coups de froid se font plus inquiétants, avec, au bout du compte, une catastrophe en 2021. Dans le vignoble, les températures descendent jusqu’à -8° début avril, recouvrant un chardonnay particulièrement exposé, aux bourgeons naissants. Dans un vignoble français intégralement touché, Chablis fait partie des villages qui payent le plus lourd tribut. L’interprofession annonce, à l’issue des vendanges, un rendement moyen de 25 hectolitres à l’hectare. Moins de la moitié des volumes habituels.

Restons optimistes : les 300 producteurs qui exploitent ce vignoble historique ont de la ressource. Les Brocard, Laroche, Moreau et autres vignerons emblématiques de la région sont à la pointe de la lutte anti-gel. Ils expérimentent fils chauffants, tours et souffleurs depuis des années, et comptent bien finir par trouver la parade. Pour que cette incarnation du chardonnay minéral reste un plaisir partagé dans le monde entier, sans tomber dans la rareté.


Par-delà Chablis

Aux alentours de Chablis, quelques appellations moins célèbres parcourent l’Yonne, et méritent le détour. Les rouges friands d’Irancy, Épineuil et Coulanges-la-vineuse offrent des rapports qualité-prix inégalables, avec un caractère que l’on ne retrouve dans aucun autre pinot noir. Côté blancs, Chitry et Vézelay ne sont pas en reste, tout comme Saint-Bris, l’exception bourguignonne avec ses plus de 100 hectares de Sauvignon.

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