La Conseillante, une âme familiale à Pomerol

Chateau la conseillante
©la-conseillante.com

Découvrez l’histoire et les secrets de cette propriété de Pomerol entre les mains de la même famille depuis plus de 150 ans. Et profitez-en, pendant une semaine seulement (du 2 au 9 février 2024), nous vous proposons les vins du domaine à des prix très avantageux !

  1. La Conseillante, un château à l’histoire pluri-centenaire
  2. Un vignoble parcellaire de 12 hectares à Pomerol
  3. Des vinifications parcellaires simples mais précises
  4. De grands pomerols sur la finesse

La Conseillante, un château à l’histoire pluri-centenaire

Si la région bordelaise compte de nombreux domaines historiques, rares sont tout de même ceux capables de retracer leur histoire depuis le début du XVIIe siècle et à être la propriété d’une même famille depuis plus de 150 ans (1871 précisément).

La Conseillante puise ses origines au XVIIe siècle, lorsque la propriété se nommait domaine de Mautreta et appartenait à la famille Pipaud. A l’époque, seule une parcelle de vigne était plantée et c’est la propriétaire suivante, Catherine Conseillan, qui spécialisa davantage la propriété dans la viticulture au milieu du siècle (12 ha de plantés au total). C’est également elle qui donne son nom au domaine. Plusieurs propriétaires se succèdent par la suite.

Dans le guide Féret de 1868, La Conseillante est classée 7e de Pomerol pour la qualité de ses vins.

vins bordeaux

Arrive ensuite la famille Nicolas, dont les descendants sont encore aujourd’hui les propriétaires. Nicolas et Louis-Simon Nicolas, fils de Jean Nicolas – vétérinaire au haras de Libourne -, avaient créé leur société de négoce de « draperies et nouveautés » à Libourne, qu’ils ont ensuite diversifié au négoce du vin. L’entreprise Nicolas Frère, finit même par acquérir des domaines viticoles sur la rive droite : Clos l’Eglise et château Plince à Pomerol, château Bel-Air à Lalande-de-Pomerol et enfin, La Conseillante en 1871. A la mort de son frère, Louis-Simon également devenu conseiller municipal de Libourne gère seul la propriété à partir de 1873 et jusqu’à sa mort, en 1880. Ce sont alors les enfants de Louis-Nicolas qui reprennent le flambeau, Pierre Louis Félix Nicolas et Emile Nicolas. Louis Nicolas, docteur en droit, dirigea avec brio la propriété, même s’il doit faire face à la crise du phylloxéra, apparue sur la propriété en 1876. Il participe grandement à la notoriété mondiale des vins du domaine, voyageant aux quatre coins du monde. Il est également le co-fondateur du Syndicat Viticole de Pomerol en 1900 puis son président. Plusieurs générations de la famille ont dirigé la propriété jusqu’à aujourd’hui où Bertrand et Jean-Valmy Nicolas, représentants de la cinquième génération, sont aux commandes depuis 2003.

Chateau la conseillante équipe
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Depuis 2013, la propriété est également conseillée par Michel Rolland. Marielle Cazaux est quant à elle la Directrice Générale et œnologue du domaine depuis 2014. Mais Jean-Valmy comme Bertrand sont aussi tous les deux très impliqués dans les décisions, y compris techniques, et se positionnent comme les garants du style de la propriété. Leur présence et leur implication participent à l’esprit familial et chaleureux qui règne à la propriété. Huit personnes travaillent aujourd’hui au domaine.

Un vignoble parcellaire de 12 hectares à Pomerol

Nichée aux portes de l’appellation Pomerol, plus petite des AOC de Bordeaux (800 hectares), La Conseillante est une grande propriété pour l’appellation – où la moyenne se situe plutôt aux alentours de 5 hectares – mais une petite propriété à l’échelle du Bordelais.

L’appellation a la particularité de reposer sur un sol argileux, permettant une bonne rétention d’eau, et des sous-sols marqués par la présence d’oxyde de fer. La Conseillante touche justement différents types de terroirs, avec globalement, des argiles au nord-est et graves au Sud-Ouest. Le vignoble a été découpé en 16 parcelles distinctes. Les plus vieilles vignes ont été plantées en 1958.

Chateau la conseillante vignoble
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La propriété, dont le vignoble se situe entre d’illustres voisins – Petrus et Cheval Blanc, pour ne citer qu’eux ! – n’est pas certifiée en bio mais s’engage via les certifications ISO 14001 et HVE 3, qui, bien que peu contraignantes, montrent tout de même une volonté de réduire son impact environnemental. Les équipes ont notamment à cœur de favoriser la biodiversité sur le domaine et ce encore plus depuis le changement de direction, notamment en plantant de nombreuses espèces de plantes (trèfle, avoine, radis fourrager…). Ils utilisent des produits bio et recourent également à des pratiques issues de la biodynamie et de la phytothérapie.

L’encépagement du domaine est d’environ 80% merlot – 20% cabernet franc et ils vont sans doute réintroduire du cabernet sauvignon sur certains sols bien adaptés, à hauteur d’environ 5%. Une manière à la fois de retrouver l’encépagement historique du domaine et également de s’adapter au réchauffement climatique.

Des vinifications parcellaires simples mais précises

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Le domaine s’est doté d’un nouveau cuvier en 2012, lui permettant des vinifications parcellaires. Ces nombreuses cuves béton (22 cuves de tailles variées) permettent ainsi de vinifier des petits lots parcellaires, de vendanger en plusieurs fois afin d’avoir toujours une maturité optimale. Des vinifications « haute couture » comme aime à le dire Marielle Cazaux. Des cuves de plus grande capacité sont réservées aux assemblages.

Dans l’ensemble, les vinifications sont très simples : une fois les raisins éraflés triés à la main, tout est classique et plutôt peu interventionniste, il n’y a rien de « technologique » et les seules opérations sont le débourbage et quelques remontages. « Un grand vigneron est un vinificateur fainéant » nous résume Marielle. La fermentation malolactique se réalise d’elle-même, en cuve ou parfois en barrique. Peu de soutirages sont faits (séparation du vin et des lies durant l’élevage), en général deux, puis un dernier au moment de la mise en bouteille. L’assemblage est élaboré à l’aide d’une dizaine de dégustation par les équipes et Michel Rolland.

Si l’équipe s’est bien renouvelée notamment avec l’arrivée de Marielle Cazeaux, le maître de chai est lui présent depuis 2001 et apporte une certaine pérennité au style des vins.

Le chai à barriques a lui aussi été rénové, en 2015, afin d’être plus précis sur les températures : la climatisation a été installée afin de respecter une température constante de 12° toute l’année et une hygrométrie de 60%.

La nouvelle équipe qui a bien sûr à cœur de conserver l’âme des vins du domaine, s’est surtout attachée à réduire les doses de soufre utilisées lors des vinifications. Ils travaillent en pré-fermentaire à froid durant environ 4 jours (macération à froid pour mieux maîtriser la fermentation et éviter les déviances, protection du moût via une saturation en C02) et n’utilise pas du tout de soufre pendant la vinification, seulement – et avec parcimonie – durant l’élevage. Ils ont ainsi réussi à baisser les doses de 30%. A la clef, des vins moins fermés entre autres bénéfices.

Ils ont également diminué légèrement la part de bois neuf, même si celle-ci se situe toujours aux alentours de 60-70%. Ils intègrent parfois une part d’amphores.

De grands pomerols sur la finesse

Le style des vins du domaine se caractérise avant tout par la finesse, l’élégance et le soyeux des tanins. Marielle nous parle aussi des arômes de violette, très présents – ils ont d’ailleurs inspiré l’identité visuelle du domaine -, qui viendraient des merlots sur argiles. Il s’agit cependant d’un arôme floral assez fugace et difficile à sentir. Enfin, les arômes truffés se développent généralement au bout de 8-12 ans d’âge. Le domaine conseille de boire les vins entre 6 et 20 ans d’âge pour les millésimes classiques et entre 12 et 25 ans pour les millésimes les plus puissants. Pour autant, les amateurs de vins anciens peuvent les faire vieillir bien plus.

Enfin, concernant les accords mets et vins, les vins du domaine s’associent évidemment très bien aux plats de viandes rouges, mais aussi au poulet-rôti ou encore aux terre-mers. Concernant les fromages, privilégiez les pâtes dures (tomes, comté…).

Environ 40 000 bouteilles de grand vin sont produites chaque année par la propriété. Le domaine signe également un second vin, qui représente près de 12% de la récolte.

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  • Pomerol Château La Conseillante

Le grand vin du domaine, issu d’environ 80% de merlot et 20% de cabernet franc, il est élevé 18 mois en barriques de chêne français (60 à 80% de bois neuf). Il se distingue par sa finesse et sa matière si soyeuse.

Le millésime 2020 a été noté 100/100 par Wine Advocate

  • Pomerol Duo de La Conseillante

Le second vin du domaine, issu de plus jeunes vignes et élevé avec une plus faible part de bois neuf. Il présente un caractère plus immédiat et plus gourmand, moins puissant que le grand vin.

Nous avions eu la chance d’organiser une e-dégustation avec la propriété, en compagnie de Marielle Cazaux il y a un an, vous pouvez revoir la présentation en vidéo. Également, pour aller plus loin sur la connaissance du domaine, nous vous recommandons la lecture de leur ouvrage.

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