La Réméjeanne et Castéra : deux vignerons à la vision commune dans le Rhône et Jurançon

Au printemps dernier, nous avons eu l’opportunité de rencontrer lors d’un déjeuner, les vignerons Olivier Klein et Franck Lihour des domaines La Réméjeanne (Rhône Sud) et Castéra (Jurançon). Ces deux vignerons – copains depuis quelques années – partagent beaucoup. Ils travaillent de la même manière et n’ont pas voulu tout révolutionner en apportant leur touche à des domaines familiaux. En réalité, il se dégage chez eux un grand respect du travail de leurs parents, une forme d’humilité. C’est ce qui ressort de notre rencontre, portée par des vins délicieux et des sourires communicatifs !

La Réméjeanne : fraîcheur et précision à Sabran

Le domaine La Réméjeanne (qui signifie « Le ruisseau du milieu » en patois) se situe à Sabran, sur la rive droite de la vallée du Rhône méridionale. Il s’étend aujourd’hui sur 30 hectares, contre 35 auparavant, et l’objectif d’Olivier est d’atteindre les 25 hectares. De cette manière, il considère qu’il pourra encore mieux travailler son domaine.

Déjà certifié en bio, le défi de la biodynamie n’est pas loin. La conservation de la biodiversité est une réalité que le vigneron vit. Il est entouré d’une nature magnifique, pleine d’olivier, de figuiers et de vignes – un véritable jardin. Il souhaite ainsi le préserver du mieux qu’il peut. Son attachement à la terre est tel, qu’il ne se voit d’ailleurs pas vendre ses parcelles de vignes (il songe plutôt à l’arrachage).

Si vous voulez en savoir plus, lisez notre article dédié au domaine La Réméjeanne

La Réméjeanne dégustation

Castéra : jurançons d’or d’une étoile montante

Repris en 2014 par Franck, le domaine Castéra s’étend sur 12 hectares dans le jurançon entre Pau et les Pyrénées. Ici, au cœur du piémont pyrénéen, le climat est unique. Il pleut beaucoup, avec près de 1200mm de pluie par an, ce qui en fait l’une des régions les plus pluvieuse de France, et il fait très chaud – un climat presque tropical ! Pour vous donner une idée, des palmiers poussent chez lui !

Historiquement, la région n’a jamais été sujette à la monoculture (et c’est encore globalement le cas aujourd’hui). Il y a la montagne, les bas de coteau sont plantés de céréales et au nord paissent les vaches. Les parties les mieux exposées, en coteau, sont le terrain de jeu de la vigne … Avec un climat pareil, les pressions mildious sont grandes, mais Franck ne recule devant rien, pas même une certification bio obtenue en 2021. Son objectif, comme son ami Olivier est également d’aller en biodynamie, mais la transition se fait tout doucement. « Si on va trop vite, c’est dangereux pour la vigne … et pour l’économie du domaine ».

Si vous voulez en savoir plus, lisez notre article dédié au domaine Castéra

Crédits : Atelier Soubiran
Crédits : Atelier Soubiran

Une quête commune et une solide amitié

Nos deux vignerons ont beaucoup de points en communs et ils cherchent à faire progresser la qualité de leurs vins de façon constante.

Ainsi, à la Réméjeanne, quelques changements sont à venir, côté vinification notamment : vendanges entières sur les rouges, pressurages lents sur les blancs et plus de bourboulenc (« un cépage d’avenir car il conserve beaucoup d’acidité » d’après Olivier.). « J’ai fait les vins de mon époque » disait le père d’Olivier, qui apporte à présent sa patte de manière affirmée. Il le dit lui-même : « Je suis revenu en 2010, je sais ce que je veux faire depuis 1 an ». Il est allé voir notamment Marie Thérèse Chappaz (une icône suisse) pour apprendre sur la taille et les flux de sèves.

Franck a également fait ses armes ailleurs, avant de revenir. Il souhaitait savoir le style des vins qu’il voulait faire au domaine. Il a fait le choix de vinifications sans soufre, avec des pressurages doux, long pour ne pas trop extraire et avec des élevages réducteurs à 60% en cuve et 40% en fût, apportant de l’allonge et affinant le vin. Comme Olivier, Franck a désormais quelques années d’expérience et il ne cache pas son bonheur d’en être arrivé là : « Passé le cap des 10 ans, la structure du domaine se confirme. Les débuts peuvent être difficiles, et maintenant on peut faire un peu plus de recherches pour nos vins, tout en étant plus serein »

Au fil des discussions et sans ressentir le besoin d’en faire trop – une qualité que l’on retrouve chez de bons amis – nos vignerons nous racontent leur roadtrip dans la Loire à la rencontre d’autres vignerons, leurs coups de fils pour partager leur expérience ou pour papoter… « La plupart du temps on est tout seul dans nos vignes, nos caves, on habite dans des endroits reculés. Trouver quelqu’un qui a les mêmes idées que soi c’est rare » nous dit Olivier. « On a visité nos domaines respectifs, on bosse pareil. On s’est donné jusqu’à nos 42 ans pour acheter un domaine ensemble – pour ça, on a pris une carte et on tombait à mi-chemin à Saint-Chinian ! »

Une chose est sûre, la vision commune de ces deux vignerons se retranscrit également dans les vins : précision, pureté et finesse sont systématiquement au rendez-vous. Place maintenant à la dégustation …

Nos notes de dégustation

La Réméjeanne

Ndlr : en mars dernier, les 2022 étaient fraîchement mis en bouteille.

Blancs

Les Chèvrefeuille 2022 : notes de fruits blancs, belle matière délicate, fin et chaleureux, marqué par les amers. Vin de soif

Les Arbousiers 2022 : notes de fruits blancs, rond et salon, grande fraîcheur, finale sur les amers. Pas de malolactique et élevage en cuve béton. Vieilles vignes.

Rouges

Air de Réméjeanne 2022 : petits fruits rouges au nez, tannins souples. Beaucoup de grappe entière pour garder de la fraîcheur, peu d’extraction, cuvaison courte de 8 jours.

L’Italien 2022 : fruits rouges, rond et gouleyant. « Je vous sers un truc que je n’ai jamais fait goûter ». Le nom de la cuvée est lié au cépage tout simplement unique : le sangiovese. Classée en vin de france, cette cuvée vient de jeunes vignes de 4 ans (taille douce, vinification sur le fruit).

Les Arbousiers 2020 : très fin et délicat, équilibré, arômes de fruits rouges au nez

Terre de Lune 2020 : plus structurée que les Arbousiers, cuvée de garde, avec des tanins plus puissants. 100% Syrah – peu commun en côte du Rhône. Notes de poivre dominant, petits fruits rouges.

Les Genevriers 2019 : 2019 est floral et poudré, un peu serré en bouche du fait de sa jeunesse. Vieilles vignes, 50% de grappe entière, élevage en foudre.

Domaine Castéra

Secs

Jurançon 2021 : iodé, minéral, notes d’agrumes, très frais et long en bouche

Tauzy 2021 : salin, citron frais, yuzu, minéral, droit et long en bouche, belle acidité. Parcelle exposée est – nord-est. Terroir d’alluvions, composé d’argiles rouges.

Liquoreux

Jurançon 2021 : salin, floral, maracuja, agrume mur, abricot, aromatique complexe, bouche ronde et chaleureuse, magnifique fraîcheur, belle longueur.

Caubeigt : très complexe, iodé, agrumes confits, très long en bouche et très frais. Parcellaire, exposé sud sud-ouest. 3 micro-parcelles. Terroirs d’argiles et de galets roulés. Gardent de la fraîcheur avec des raisins en sur maturité. Pas les plus démonstratifs, discrets, précis et se développent avec le temps. Frais mais mur. Plus d’acidité et de finesse que le 1er. Plus d’agrumes murs, tout en gardant un léger exotisme (ananas).

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