La Révole Nature, le documentaire brett et méchant

Ce 10 mai sort le documentaire La Révole Nature. Signé Aline Geller, ce film propose une immersion dans le monde du vin nature, ce monde libre à mourir et porté à l’écran par un regard amoureux autour d’un produit que personne, au fond, n’oblige à trinquer.

On y est : les amphores enterrées, les cépages autochtones, le vin orange, la Géorgie, l’émotion – ersatz à la dégustation -, les chevaux, les cheveux, tous hirsutes, les soirées roots, la roulée au bec, Patrick Desplats du domaine des Griottes en tête, poncho sur les épaules et mangeant des feuilles. On y est avec des allures de docu Strip-Tease et tant mieux. Car au-delà du goût des vins natures – certains sublimes de pureté et d’autres pourris de bretts annihilant toute notion de terroir – c’est un documentaire sur la liberté, l’amitié, l’amour, la joie aux accentsnéo-Hara-Kiri. Si certains ont la Rolex, d’autres ont le temps… Le vin sans soufre sous-entend le goût du risque en rejet le plus souvent à une société sacrifiée sur l’autel de la vénalité. Aline Geller assume être amoureuse de ces vins borderlines, le spectateur est averti. Sans faire l’économie d’une bonne bande-son, elle nous emmène sur la route, de l’Anjou au Beaujolais, du Jura à l’Auvergne ce « nouvel eldorado » de vignerons-paysans qui se retrouvent à l’auberge Saint-Eutrope de Clermont, fiers et pour cause de ne pas sulfater de lymphomes leur voisinage.

De la Dive bouteille – et sa figure emblématique Sylvie Augereau – au génial Ganevat, ce documentaire n’induit pas que le vin nature est toujours de grande qualité, mais il est un supplément d’âme, le fruit de trajectoires parfois cabossées, souvent révoltées. Le docu oublie de rappeler que les roots n’ont pas le monopole du nature (Du Grand Cru Classé Haut Bages Libéral à Gérard Bertrand…), n’évoque pas non plus les vignerons natures qui ne sont pas forcément labélisés bio ou la conservation des vins mais le film aborde la question de l’achat de raisins qui divise les partisans du nature, le vin à nouveau vendu en vrac au pistolet ou encore l’opacité qui règne sur la contenance d’une bouteille de vin. L’autre point intéressant reste le prix de certaines de ces bouteilles qui s’envole et c’est… contre-nature. À la lueur de ces 93 minutes qui donnent soif, on rêve même à une dégustation comparée entre un bout de parcelle de Ganevat qui fait écouter du Mozart à ses vignes et l’autre bout de parcelle qui s’épanouirait avec, par exemple, du Sonic Youth. Chiche ?

Les premiers cinémas qui proposent la diffusion.
Cavaillon – Le Paradiso
Hérouville Saint Clair – Le Café des images 
Louhans – L’Eden
Nantes – Le Concorde 
Paris – L’Entrepôt

Speech du film
« Hier anecdotique car cantonné à une poignée de vignerons et réservé à une caste de consommateurs initiés, le marché du vin nature se démocratise. Il est dorénavant perçu comme un mode de production et de consommation respectueux de la nature et des hommes. Il suscite de nouvelles vocations et réenchante un monde agricole souvent déconsidéré. Des stars aux pionniers, en passant par les néo-vignerons, LA REVOLE NATURE part à la découverte de celles et ceux qui font le vin nature d’aujourd’hui. »

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