L’Alsace se bat contre le mildiou

Partout en Alsace, le mildiou fait plus que pointer son nez. Les vignerons sont actifs  pour contenir le vilain champignon car le souvenir de 2021 plane dans les mémoires. Ils prient pour la fin des pluies et l’arrivée d’un réel printemps pour la floraison. 

La pluie, l’humidité, la fraîcheur, tel est le trio qui a accueilli les participants à la journée d’inauguration de La Tournée des Terroirs dans les vignes d’Orschwihr (Haut-Rhin) le dimanche 2 juin. Sur les hauteurs du grand cru Pfingstberg, on avait l’impression d’être soi-même enfermé dans la brume, comme les nuages blancs qu’on voyait envelopper les coteaux voisins. Un des vignerons qui travaille sur ce terroir exposé sud-est, Jean-Paul Zusslin reste relativement serein par rapport au mildiou, qu’il contient avec énergie, poussé par le mauvais souvenir de 2021 où il avait perdu deux tiers de sa récolte. 

Traitements préventifs à répétition
Le mildiou est une maladie fongique qui se développe dans la fraîcheur humide de ce printemps. Comme il n’y a pas de traitement curatif il faut traiter d’avance. Les vignerons qui travaillent en bio ou en biodynamie n’ont que le soufre et le cuivre à leur disposition, des produits qui sont lessivés dès que tombe une nouvelle pluie. On considère que 20 mm de pluie ou une pousse de 20 cm nécessitent un nouveau passage. Encore faut-il que les tracteurs arrivent à rouler entre les rangs, où le sol détrempé malgré l’enherbement peut se transformer en dangereuse patinoire. 

Du sud au nord
Même crainte au domaine Schlumberger un peu plus au sud, à Guebwiller, même si le Haut-Rhin est relativement moins touché que le nord de l’Alsace. Marie-Noëlle Lauer, qui a trente ans d’expérience à la Chambre d’Agriculture, confirme que la pression est au plus fort : « Pour l’instant, les conditions sont favorables au mildiou, mais l’oïdium pourrait arriver. On est en phase sensible. En bio comme en conventionnel, on traite contre les deux en même temps ». Elle rappelle que lorsque le traitement n’est pas efficace et que le mildiou passe des feuilles aux grappes, c’est le volume de récolte qui sera réduit, mais la qualité de ce qui reste n’est pas compromise.

En route pour la fleur
Depuis le début de la semaine, le temps s’éclaircit un peu, mais Marie-Noëlle Lauer encourage les vignerons à ne pas se relâcher, car un peu de soleil n’est pas suffisant lorsque le processus est engagé, surtout après de telles quantités de pluie, de 100 à 200 mm selon les zones. Elle se souvient que « traditionnellement, il n’y avait jamais de grosses pertes dues au mildiou, c’était sur une commune ou quelques parcelles. Le changement est vraiment apparu de façon significative en 2016, puis en 2021 ». Mathieu Zoeller explique que dans ses vignes de Wolxheim (Bas-Rhin), il a déjà dû traiter 5 fois, ainsi que 3 traitements biodynamiques de silice et valériane. Patrice Spannagel, à Katzenthal (Haut-Rhin), insiste sur le surcoût d’une année comme celle qui commence. Les trois semaines d’avance du début de saison ont été perdues et la fleur arrive doucement. Finalement une bonne chose puisque la météo s’annonce tout de même plus positive pour juin. 

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