Laurent Gerra : « J’ai toujours fait les choses avec passion »

Imitateur, humoriste, chroniqueur radio et télé, auteur, scénariste de bandes dessinées, comédien, mais aussi vigneron, restaurateur et désormais parrain du Concours du Meilleur Caviste de France 2024 créé par le Syndicat des Cavistes Professionnels et organisé par Terre de Vins. Mais qu’est-ce qui fait avancer le touche-à-tout Laurent Gerra ? Découverte en questions-réponses au micro de Rodolphe Wartel, directeur de Terre de Vins.

Comment Laurent Gerra est-il devenu l’humoriste que l’on connaît aujourd’hui ? 
Plus jeune, j’aimais les chanteurs, j’écoutais beaucoup de musique et je me suis dit « voilà, c’est ça le métier que j’ai envie de faire, j’ai envie de monter sur scène ». Aujourd’hui, ça fait une trentaine d’années que j’ai commencé professionnellement, et j’ai toujours autant de plaisir ! 

La politique constitue une colonne vertébrale de toutes tes tournées. Sarkozy, Hollande, Chirac et tant d’autres, des personnages t’ont inspiré… Aujourd’hui comment fais-tu ? 
Ce n’est pas facile, j’ai une crise de voix ! Que ce soit dans la politique, la chanson ou le cinéma, il y a peu de voix qui sont identifiables. Il faut que ça fasse écho auprès du public, comme un vin. On n’a pas beaucoup de grandes personnalités. On eu des leaders politiques qui étaient tonitruants, mais aujourd’hui, ils font attention, notamment du fait des réseaux, c’est un peu codifié. 

Outre les politiques, tu as aussi côtoyé et imité quelques noms emblématiques de la chanson française. Raconte-nous…
Côtés artistes, j’ai eu la chance de chanter avec des grands de la chanson, comme Johnny ou Aznavour. Sans être passéiste, ils ont fait des tubes. D’ailleurs, j’ai un copain qui dit que préférer Mozart à David Guetta ce n’est pas être passéiste, mais avoir du goût ! Faire revivre ces artistes sur scène, c’est intéressant et émouvant. 

Tu travailles tes textes pour une tournée qui va commencer en France en mai 2024. Tout n’est pas encore écrit. Qu’est-ce que tu nous réserves ? 
Mon précédent spectacle s’appelait « Sans modération » et j’avais une étiquette de pinard collée sur le front. La suite s’appellera « Laurent Gerra se met à table », car il y a pas mal de trucs à dire sur cette époque. Je suis bien énervé, donc je suis content d’avoir l’exutoire de la scène, tout comme celui de la radio. La scène, c’est le dernier espace de liberté. On ne nous emmerde pas, on peut encore à peu près dire ce qu’on veut. 

Quelques mots sur le vin, la bonne chère. Ce que tout le monde ne sait pas, c’est qu’à Lyon, tu as investi dans différents restaurants, ce qui fait que le vin c’est vraiment ton sujet…
Oui, ce n’est pas aberrant avec le métier que l’on fait. Le vin comme la scène, c’est le partage. La scène, ça se prononce comme la cène, cena en italien. Le vin m’a toujours passionné. Au départ, c’est parti de vignerons que j’ai voulu aider, en fouilly-fuissé d’abord, puis en moulin-à-vent. Je suis ensuite descendu en Vallée du Rhône, à Vinsobres, où on finançait un peu en échange de bouteilles, avant d’acheter des parcelles pour produire du côtes-du-rhône rouge puis blanc. J’ai ensuite investi à Carcès, au sud de Brignolles, où je produis du côtes-de-provence rosé. J’ai l’habitude de dire que je suis entre Brad Pitt et Georges Clooney, mais que j’étais là avant ! C’est passionnant, c’est une alchimie fascinante qui existe depuis la nuit des temps. J’ai toujours fait les choses avec passion, que ce soit la scène, quand j’ai fait des films ou été scénariste. J’ai eu la chance inouïe de pouvoir faire ce que j’avais envie de faire. Je dis toujours qu’avoir son nom sur une étiquette de vin, c’est comme avoir son nom devant l’Olympia !

Nous aurons peut-être l’occasion de découvrir tes vins pendant les épreuves finales du Concours du meilleur caviste de France, mais tu es aussi plus largement un fervent ambassadeur de la gastronomie française. Toi, l’enfant de Bourg-en-Bresse, tu as choisi Lyon, ta ville de cœur, pour ouvrir plusieurs tables. Peux-tu nous en dire un peu plus ?
Si on veut bien s’emmerder, il faut avoir des restaurants, mais c’est aussi passionnant ! J’ai repris une institution lyonnaise, Léon de Lyon, ainsi que d’autres restaurants, dont une pizzeria, une cave, et le Chanteclair à la Croix Rousse. J’y vais beaucoup, j’adore ça ! J’adore la musique du service, des couverts, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’y a pas de musique dans mes restaurants. Je trouve irrespectueux de  mettre de la musique quand on dîne. Comme disait mon copain Guy Savoy, on n’emmène pas des plateaux restaurant à l’opéra, donc on ne va pas mettre la musique dans les restaurants. Ce patrimoine culinaire français, c’est quelque chose qui me tient à cœur. Lyon était la ville de la gastronomie, et pourtant aujourd’hui, en déambulant dans les rues lyonnaises, on s’aperçoit que nombre d’enseignes sont écrites en anglais, et que la qualité peut parfois ne pas être au rendez-vous… J’espère contribuer à mon échelle à aider à retrouver les vraies valeurs de la cuisine.

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