Le Clos Colin, botte secrète de La Grande Dame Rosé 2012 - Routes des vins

Le Clos Colin, botte secrète de La Grande Dame Rosé 2012

La Maison Veuve Clicquot sort un coffret original, alliant la nouvelle cuvée La Grande Dame Rosé 2012, à un flacon de coteau rouge du Clos Colin, issu du même millésime et identique à celui utilisé pour élaborer ce rosé d’assemblage. Une manière pédagogique d’éclairer les amateurs sur cette technique que la Maison maîtrise depuis 1818 !

Pour comprendre La Grande Dame Rosé, il faut se rendre à Bouzy sur le plus ancien vignoble possédé par la Maison. La parcelle du Clos Colin appartenait à la famille de l’épouse de Philippe Clicquot depuis 1741, trente ans avant la fondation. C’est avec ce vin rouge de Bouzy que la Veuve Clicquot a mis au point son champagne rosé d’assemblage en 1818. Il s’agit de la première mention historique de cette technique pour les vins effervescents de toute la Champagne !

L’emplacement ne doit rien au hasard. Les pinots noirs bénéficient à Bouzy et au clos en particulier de conditions optimales pour pousser davantage la maturité, avec une exposition plein sud, en milieu de coteau, tandis que la topographie qui oriente les couloirs d’air favorise ici la création d’une ceinture chaude qui transforme la parcelle en véritable poêle à frire. Les vignes plongent leurs racines dans le sable, la craie se situant plutôt en haut de coteau et dans la plaine. Le sol est de ce fait plus drainant, ce qui va davantage stresser la vigne et accentuer la concentration. Le sable a aussi tendance à se réchauffer plus vite.

Les équipes se sont aperçues via des études pédologiques que la conjonction entre sols sableux et vins rouges sur le terroir de Bouzy ne se limitait pas au Clos Colin. En réalité, toutes les parcelles utilisées sur ce cru par la maison pour les rosés de sa gamme se situent sur des sols similaires. A l’échelle de la Champagne d’ailleurs, lorsque l’on s’intéresse à l’histoire, d’autres crus qui ont eu par le passé une grande réputation pour leur vin rouge se situent sur des sols sableux. C’est le cas notamment de Saint-Thierry.

La Maison exploite au maximum ce potentiel par des choix culturaux qui renforcent encore cette propension à la maturité et à la concentration, grâce au choix de clones plus précoces et à un ébourgeonnage poussé. Côté vinification, le reste du travail s’effectue au cœur même du village dans une cuverie dédiée par la Maison au rouge. La technique est spécifique : « On n’élabore pas le vin rouge utilisé pour le rougiment d’une cuvée rosée comme on élaborerait un coteau champenois ou un Bourgogne, on ne recherche pas les mêmes extractions, les macérations sont plus courtes, on veut de la souplesse, de la gourmandise et de la fraîcheur mais pas une structure tannique » explique Didier Mariotti, le chef de caves.

Pour le reste, l’assemblage de La Grande Dame Rosé est identique à celui de la version non rosée, c’est-à-dire des vins blancs issus de pinots noirs des grands crus de la Montagne alliés à une touche de chardonnay. On ajoute simplement une proportion plus ou moins importante de vin rouge. « On dit toujours que La Grande Dame est Grande Dame avant d’être rosée. La Grande Dame 2012 non rosée est dans cet esprit de verticalité, tendu, élégant, incisif. Des traits que l’on retrouve sur la version rosée, le Clos Colin amenant simplement en plus une petite gourmandise en milieu de bouche, avec ce côté charnu et ces fruits rouges écrasés.  Quant à la technique du rosé d’assemblage, l’avantage réside dans la maîtrise de la couleur. Elle est importante, parce que l’on déguste d’abord avec les yeux ».

Si on devait ensuite comparer au précédent opus (2008), les conditions climatiques de 2012 ont donné plus de maturité. Bien que l’on ait compensé en s’approvisionnant davantage sur la Face Nord, le millésime a imprimé sa marque avec en plus de la verticalité habituelle, un début d’horizontalité que n’avait pas 2008 au départ. Pour Gaëlle Goossens, responsable R & D, cela se reflètera sans doute dans l’évolution de la cuvée : « Il est possible que dans les années à venir 2008 bascule directement sur l’empyreumatique, un profil très réducteur du type pierre à fusil, sans passer par la phase confit, ce qui ne devait pas être le cas de 2012 qui connaîtra certainement une évolution vers des notes de type pâte coing avant d’arriver sur des arômes plus proches de la truffe ».

Prix du coffret : 350 €

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