Le domaine Jacques Prieur, rare collection de terroirs bourguignons - Routes des vins

Le domaine Jacques Prieur, rare collection de terroirs bourguignons

Le domaine Jacques Prieur est un des seuls de toute la Bourgogne à pouvoir se targuer d’être le propriétaire de quasiment un tiers des appellations grand cru en Côte de Beaune et de Nuits : Chambertin, Musigny, Clos Vougeot, Echézeaux, Corton, Montrachet… Cette rare collection de terroirs de 21 hectares de vignes, a été orchestré, dans le passé et aujourd’hui encore, avec beaucoup de soin et un savoir-faire haute-couture. Une histoire d’hommes et de femmes que nous allons vous conter.

Jacques Prieur : un mythe à lui tout seul

Jacques Prieur est un mythe à lui tout seul : fondateur de la Paulée de Meursault aux côtés du comte Jules Lafon en 1924 et co-fondateur de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin, il a aussi apporté au domaine familial trois des grands crus qui font aujourd’hui la collection rarissime de la propriété, le Chambertin, le Chambertin Clos-de-Bèze et les Chevalier-Montrachet. Son nom est inscrit sur des étiquettes (le domaine, issu d’une longue histoire familiale depuis 1868, a adopté son nom en 1965) dont les bouteilles sont recherchées dans le monde entier.

Claude Duvergey : l’entrepreneur visionnaire

Revenons un peu en arrière pour comprendre d’où provient cette propriété familiale dont Jacques Prieur a été l’heureux héritier. C’est en 1868 que toute l’histoire commence, et par un événement des plus heureux, le mariage de Claude Duvergey (ses parents étaient viticulteurs à Meursault) et Marie Taboureau (les siens vignerons laboureurs)… décidément faits pour se rencontrer et s’entendre ! De ce mariage naitra… non pas un enfant mais la Maison Duvergey-Taboureau, un négoce de vins et spiritueux qui a rapidement du succès mais ne produit pas directement son propre vin (ça pleure un peu moins, je vous l’accorde). C’est un peu plus tard, une fois que Claude acquiert la propriété des Herbeux à Meursault (ce joli château, le cœur actuel du domaine) qu’il commence alors à acquérir quelques vignes : deux grands crus que sont le Montrachet (0,45ha) et le Clos de Vougeot (4,5ha), le Clos de Mazeray et des Santenots (aujourd’hui encore monopoles du domaine), Volnay Santenots, Chambolle-Musigny, Puligny-Montrachet les Combettes. En bref, Claude Duvergey a été à son époque un véritable entrepreneur qui s’est risqué pendant la crise du phylloxera, moment où la vigne en Bourgogne ne valait rien. Sans héritier direct, Claude et Marie confient le domaine à la nièce de Marie, Hélène Taboureau, qui épouse un peu plus tard un certain Henri Prieur. Tous deux sont les parents de Jacques Prieur… La boucle est bouclée !

Martin Prieur : lien entre le passé et le présent

Héritier de toute cette famille bourguignonne, Martin Prieur est le petit-fils de Jacques Prieur, et vit aujourd’hui sur la propriété familiale des Herbeux, en plein cœur du village de Meursault. Il est le brand ambassador du domaine, garant de l’histoire de celui-ci puisqu’il connait mieux que tous les vignes et l’histoire de la famille. « Il est le lien entre le passé et le présent » selon les mots d’Edouard Labruyère et incarne la maison avec sa famille.

Edouard Labruyère : l’homme du tournant, depuis 2008

En 2008, Edouard Labruyère prend la direction générale du domaine (des mains de son père Jean-Pierre) qui, 20 ans plus tôt, est vendu à des familles françaises afin de ne pas tomber dans la main d’actionnaires étrangers, la famille Labruyère (viticulteurs et entrepreneurs du mâconnais) fait alors partie de celles-ci. Pour fêter cela, quoi de mieux que deux nouveaux grands crus pour compléter la mosaïque de terroirs du domaine Jacques Prieur ? Bienvenue au Corton-Bressandes et au Corton-Charlemagne !

Dès son arrivée, il opère un grand changement de cap afin d’obtenir des vins qui soient l’interprétation d’un terroir « Je veux que la signature « Jacques Prieur » disparaisse derrière nos appellations et nos terroirs. C’est ma ligne directrice depuis que je suis arrivé » confie-il à iDealwine lors de notre interview. Quels ont alors été les changements ? « Aujourd’hui, nous sommes en conversion bio, c’est la deuxième année. Toute l’attention est portée à la vigne où pas moins de huit vignerons travaillent à temps plein pour que la majorité de l’activité s’y fasse. En plus de ce qui était fait jusqu’ici, nous y avons intensifié les passages : ébourgeonnage, entre-cœur, prétaille, taille, émondage… Et j’en passe. Une fois arrivé au chai, le fruit est d’une qualité extrême, et demande donc une intervention très limitée. Nous avons d’ailleurs la chance d’avoir sur place une œnologue douée et reconnue, Nadine Gublin, qui intervient raisonnablement, sur des vendanges matures. Là, depuis 2008, nous avons décidé de ne plus élever nos vins dans des fûts à 100% neufs, mais nous utilisons 50% de fûts neufs sur les grands crus contre 25% sur les premiers crus et cuvées en monopole. Pour moi, le fût n’est pas le centre du tableau mais bien son encadrement, il doit être un support au service des terroirs. Grâce à tous ces éléments, nous produisons aujourd’hui des vins plus frais, droits, structurés et qui sont buvables plus jeunes même si leur capacité de garde est toujours large ». Les projets sont nombreux au domaine Jacques Prieur car personne n’a vraiment l’intention de s’endormir sur ses acquis… Tests de taille haute ou courte, rognages longs ou courts, tressage au lieu du rognage, agrandissement de la cuverie pour s’offrir la possibilité de faire des vinifications intraparcellaires dans divers contenants (inox, béton, bois)… Un domaine en pleine ébullition qui promet de beaux résultats dans les années à venir.

Le domaine Jacques Prieur, ce qu’en disent les guides

La Revue du vin de France : 

Désormais entre les mains de la famille Labruyère, également propriétaire du château Rouget à Pomerol et du domaine Labruyère à Moulin-à-Vent, ce vaste domaine a la chance de posséder une des plus belles collections de terroirs prestigieux qui soient, tant en Côte de Beaune qu’en Côte de Nuits. L’excellente œnologue Nadine Gublin a arrêté depuis 2008 le bâtonnage des vins blancs, élaborant avec régularité des vins amples, puissants et savoureux, porte-drapeaux des grands bourgognes modernes.

Bettane et Desseauve : 5 étoiles sur 5

Grand par sa palette de terroirs, mais tout aussi grand par la qualité de ses vins, le domaine Jacques Prieur est un incontournable des grands domaines bourguignons. Les efforts sont évidents sur les 28 hectares, conduits depuis 1997 de façon biologique mais non certifiés, sous le contrôle sérieux de Daniel Godefroy. Ce sont des raisins d’une qualité exceptionnelle qui sont ensuite vinifiés de main de maître par Nadine Gublin, experte reconnue, qui apporte sa touche personnelle à l’élaboration de cette palette exceptionnelle de climats. Elle réussit à merveille, en jouant avec la vendange entière pour les rouges, permettant la pure révélation du terroir, sans artifice. En 2018, le volnay clos des santenots nous a ravis et l’échezeaux nous a impressionnés de sa majesté. Les blancs sont à l’unisson en ordre rangé derrière un montrachet époustouflant.

 

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