Le Domaine Puech à la verticale du temps

Quelques semaines après l’annonce de la reconnaissance des Grés de Montpellier en AOC, Christophe Puech, le vigneron du domaine éponyme, basé à Saint-Clément de Rivière dans l’Hérault, avait convié quelques privilégiés dont Terre de Vins à une verticale de sa cuvée ”Noémie”. Un moment suspendu sur 21 millésimes. Magique !

Saint-Clément-de-Rivière, Hérault. Sur la façade d’un des bâtiments viticoles, le domaine Puech affiche sa date de création, 1913, en “chiffre de noblesse”. C’est là, dans la salle baptisée “Entre Cave et Oliviers”, qu’une petite troupe de privilégiés (Andrew Jefford, critique anglais, Thierry Boyer, sommelier conseil, Erwan Guével, oenologue au laboratoire Natoli, Isabelle Vermorel, directrice de la toute nouvelle appellation Grés de Montpellier, ou encore Michel Hermet, propriétaire du Wine Bar “Le Cheval Blanc” à Nîmes) a pu actionner la machine à remonter le temps le jeudi 18 janvier dernier. Evidemment, Terre de Vins n’a pas manqué l’occasion de déguster ces 21 millésimes (de 1999 à 2021 sauf 2005 et 2010) de la cuvée “Noémie” (du prénom de l’une de ses filles), proposée par Christophe Puech, 5e génération. « On avait déjà fait cet exercice en 2018 et cela avait donné lieu à des échanges passionnants, se souvient le vigneron. C’est toujours intéressant d’avoir l’avis de dégustateurs avertis sur la mémoire de notre travail. » 

Christophe Puech ©Y. Palej

Trame tannique suave et caractère méditerranéen
Après avoir dégusté les sublimes chardonnays de la cuvée “Elisa” (son autre fille) en 2019, 2020, 2021 et 2022 (IGP St Guilhem le Désert, 16,50€) pour ouvrir le palais, le 1999 ouvre le bal : un nez sur les pruneaux confits, une bouche très marquée par le moka et une finale légèrement épicée mais surtout une trame tannique suave et une droiture. L’assemblée est déjà sous le charme. 2000, 2001, 2003 et 2004 confirment cette typicité sur l’onctuosité et la finesse que 2002 interrompt en raison d’une météo capricieuse, trop pluvieuse. 2006, premier millésime où le nom “Noémie” apparaît sur l’étiquette, affiche un côté plus sanguin mais la bouche est étonnamment jeune malgré quelques arômes tertiaires type cuir, cigare et liqueur de café. Le 2007 est une explosion de cacao et de fruits noirs, des notes de tapenade et d’eucalyptus viennent complexifier une bouche chaude et charnue. Un délice. Quant au 2011, il marque un léger tournant dans le style où le bourgeon de cassis fait son apparition mais le velours des tannins est toujours là. Qu’il dégage de la réglisse sur 2012, des notes de garrigue sur 2013, des arômes d’orange sanguine et d’hydrocarbure sur 2014, chaque millésime garde une ossature méditerranéenne et imprime le dégustateur d’une vraie émotion.

©Y. Palej

©Y. Palej


« Les Grés, un terrain de jeu incroyable ! »  
Puis arrive un triptyque qui fait chavirer les palais : le 2015 élégant, le 2016 concentré et le 2017 tout en rondeur et en gourmandise. « On touche la perfection », entend-on et chacun s’imagine le mets qui accompagnerait au mieux ces vins d’excellence. Les millésimes plus récents laissent percevoir des arômes floraux et une légère sucrosité : 2018, charmeur, exalte de cerise noire, de chocolat et d’épices douces, 2019, caniculaire, marque par sa justesse, son équilibre et son intensité aromatique, le 2020, plus fermé, laisser augurer un avenir prometteur quand le 2021 imprime déjà pleinement son caractère sur le cassis et la violette. « Il est rare de faire cet exercice et de n’avoir aucun défaut, aucun vin plat, résume Erwan Guével, œnologue chez Natoli. On sent beaucoup de précision chez le vigneron. » Déjà présent en 2018, Andrew Jefford relaie : « J’avais déjà été bluffé par la qualité des vieux millésimes et cette trame stylistique qui traverse le temps sans perdre de caractère. Cette nouvelle verticale le confirme : le terroir des Grés est un terrain de jeu incroyable ! » Et Christophe Puech un formidable passeur d’émotions. Pour ceux qui sont intéressés, on peut même se faire plaisir à prix plus que raisonnable puisqu’on peut acheter du 2018 (17,50€), du 2019 (16,50€) et du 2020 (15€) directement au domaine ou via le site https://domainepuech.com/commandeenligne

Cet article Le Domaine Puech à la verticale du temps est apparu en premier sur Terre de Vins.

Commentaires

  • Pas encore de commentaires...
  • Ajouter un commentaire