Le dynamisme atypique des vins bios

Millésime Bio a commandité cette année une étude au cabinet Circana pour mieux évaluer le marché et les achats des consommateurs de vin.  Elle montre une filière au dynamisme atypique, en meilleure santé que le vin en général et que l’agro-alimentaire bio.

Dans un contexte difficile à la fois pour le secteur du vin en déconsommation surtout pour les rouges, et pour l’agroalimentaire bio, la filière du vin bio résiste bien et affiche même en 2022 un chiffre d’affaires en croissance de 6,3 % à 1,468 Mds € (444 M € il y a 10 ans). « Cette dynamique est surtout imputable à la forte proportion de ventes directes dans notre commercialisation, de près  de 30% [pour un CA de 421 M€] avec des consommateurs fidèles, et à l’inverse, à la faible part de la grande distribution (moins de 10 %), analyse Nicolas Richarme, président de SudVinBio. De plus, nous réalisons déjà au global plus de 38 % de ventes à l’export (40 % dans l’Union Européenne, 60 % dans les pays tiers), mais avec une belle marge de développement ». Les résultats des ventes dans les autres circuits sont néanmoins disparates :  GD et magasins spécialisés sont en baisse, chacun de 7 %, alors que les ventes en CHR et cavistes sont à la hausse, respectivement de 12 et 8%.

Des achats en hausse
L’étude de Circana, cabinet spécialisé dans la consommation,  confirme cette tendance atypique. « Les vins bios continuent de recruter avec 39 % de néo-acheteurs depuis un an, plus jeunes et sur des profils CSP très variés, et 37 % des acheteurs habituels déclarent même avoir augmenté leurs achats contre 11% déclarant les avoir réduits, précise Christophe Ferreira, consultant shopper insight. 32 % prévoient même d’augmenter leurs achats de vin bio, contre 12 % qui pensent les réduire) ». L’étude démontre par ailleurs que 92 % des acheteurs de vin bio sont mixtes ; ils achetent en moyenne 42 % de vins bio, d’où un potentiel de développement non négligeable. 

Les acheteurs de vin bio se disent motivés par des préoccupations environnementales (57% pour le respect de l’environnement, 43 % pour des producteurs engagés), des critères arrivant devant la confiance envers les produits et le souci de sa santé. Mais ils sont aussi 33 % à avouer qu’ils achètent de façon « passive », le bio n’étant pas le premier critère de l’achat mais parce qu’on leur a conseillé une bouteille ou que leur vin préféré est bio. 

Cavistes et caveaux en toute confiance
Plus les acheteurs cherchent des vins qualitatifs, plus ils considèrent que le vin doit être bio : Entre cinq et dix euros, 27 % d’entre eux estiment qu’il est indispensable qu’un vin soit bio, un chiffre qui grimpe à 35-36 % pour une bouteille au-dessus de 10 €. Seuls les effervescents, en particulier les champagnes, sont nettement moins demandés en bio.

L’étude démontre également que si les acheteurs de bio fréquentent plusieurs circuits, leur préférence va à la vente directe (salons, caveaux, boutiques de producteurs, marchés), au circuit cavistes, aux magasins spécialisés qui inspirent davantage confiance.  La grande distribution est d’abord jugée pratique et attractive en termes de prix. Supermarchés en ligne et pure players du vin apparaissent comme des circuits en forte croissance.

Les vins bios prospèrent également en CHR avec un vin sur quatre consommé hors domicile, surtout dans les restaurants, loin devant les bars à vin et les brasseries. Le circuit qui affichait une belle reprise en 2022 génère aujourd’hui 14 % du chiffre d’affaires global du vin bio en France. Mais les acheteurs considèrent que c’est un circuit qui valorise mal les vins bio, avec des notes jugées très moyennes (5,5/10 pour l’importance de la sélection bio, 6,3/10 pour la mise en valeur sur les cartes des vins).

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