Le pavillon Nicolas Ruinart : le nouveau projet œnotouristique du champagne Ruinart

Le projet était gardé bien secret et vient d’être dévoilé, la Maison Ruinart lance la construction d’un pavillon au milieu de son parc de la butte Saint-Nicaise destiné à accueillir plus largement le public. Il sera inauguré en 2024.

Les crayères du champagne Ruinart figurent parmi les plus belles de la butte Saint-Nicaise. Le site de la Maison entouré d’un magnifique parc de près de 30.000 m2 dont 5000 m2 d’espace boisé classé est très prisé par les touristes. Mais jusqu’ici son accès était limité à un petit nombre de visiteurs ayant opéré au préalable une réservation et se cantonnait presqu’exclusivement à la visite des caves. La Maison qui fêtera ses 300 ans en 2029 a décidé de s’ouvrir plus largement au public grâce à la construction d’un magnifique pavillon de 1400 m2 dont 700m2 directement accessible aux visiteurs. La plus ancienne maison de la Champagne s’attend ainsi à un doublement de l’affluence (de 26.000 à 50.000 pers/an). L’architecture a été confiée au Japonais Sou Fijimoto. Le bâtiment qui tiendra lieu de porte d’entrée sur le site, abritera des salons supplémentaires de réception, et un bar à champagnes où les cuvées de la maison seront servies accompagnées de finger food. Un deuxième espace sera dédié à l’intérieur au club des amis de la maison qui pourront déguster ou acheter des millésimes plus rares.

Ce pavillon est en lui-même un hommage à l’univers du champagne et rappelle un peu le geste architectural de la Pyramide du Louvres, c’est-à-dire une œuvre résolument moderne mais qui épouse en même temps à la perfection l’histoire du lieu. Frédéric Dufour, le président de la Maison, nous confie « Nous avons voulu reprendre la symbolique des crayères, à la fois dans la couleur, dans la verticalité, et dans le choix d’utiliser la pierre, qui n’est certes pas de la craie, celle-ci ne résisterait pas aux intempéries, mais qui vient néanmoins de carrières toutes proches, à Soissons. Sou Fujimoto maîtrise à la perfection cet art qu’ont les Japonais de conjuguer modernité et simplicité. Il a réussi à retransmettre à la fois cette rigueur, à travers ce bâtiment aux angles bien marqués, et en même temps cette courbure qui rappelle nos crayères et la forme bombée de notre flacon. »

Au-delà de ce nouveau bâtiment, c’est toute l’expérience à l’intérieur du site que la maison souhaite transformer. « Aujourd’hui, vous arrivez en voiture, tout se dévoile d’un coup. Nous allons détourner la route et la découverte se fera progressivement, avec un parc complètement revisité, beaucoup plus garni, et un passage du minéral au végétal qui est le symbole même de l’intégration champenoise et de ses paysages verticaux. Une dizaine d’œuvres d’art spécialement commandées à des artistes pour illustrer l’univers de la maison viendront orner le jardin, y compris une création de Nils Udo faisant écho au travail que nous avons mené en faveur de la biodiversité sur le domaine viticole de Taissy. »

A noter évidemment le caractère bas carbone du pavillon. Celui-ci ne dépassera pas les 900 kg éq. CO2/m2 alors que la norme française qui devrait à l’avenir être imposée est de 1050 kg. « Tout le bâtiment a été conçu pour être le plus propre possible, que ce soit le choix de la pierre plutôt que du béton, l’installation d’un toit végétalisé, l’utilisation de la géothermie et de panneaux photovoltaïques. Ces derniers, compte tenu du classement du site, représentaient un vrai défi, mais ils ont pu être placés sur un bâtiment ancien dont la toiture était plate ce qui les rend moins visibles. On n’oubliera pas non plus la sérigraphie sur les vitres du pavillon qui réduira l’impact du rayonnement solaire à l’intérieur en été. »

Ces aménagements dont l’inauguration est attendue en septembre 2024 constituent une première phase de travaux. Ils devraient ensuite être complétés par la restauration de l’ancien bâtiment d’où part actuellement la visite des caves. En particulier les étages où se trouvent notamment une ancienne cuverie et qui possèdent une charpente magnifique. Dans cette partie, un restaurant devrait voir le jour. A noter que la Maison tient à maintenir coûte que coûte la vocation productive du lieu, sur lequel toutes les étapes de la production sont assurées à partir du tirage. La volonté est d’ailleurs de rendre encore plus visible aux visiteurs le travail opéré sur place. Alors qu’une vitrine donne déjà sur la ligne de dégorgement, deux nouvelles ouvertures devraient donner sur la cuverie et sur l’atelier d’habillage.

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