Le vignoble aveyronnais attire de nouvelles recrues

Le département de l’Aveyron voit arriver de nouveaux vignerons et vigneronnes. Tous ont remarqué le potentiel de cette petite région viticole.

« Sur les deux dernières années, nous sommes six à nous être installés sur l’AOC Marcillac ». Justine Plasse-Lèpinay a repris avec son conjoint Damien Bourgoin le domaine du Courbiès à Conques-en-Rouergue en Aveyron, en janvier 2024. Selon la viticultrice de 30 ans, il y a parmi les nouveaux exploitants, « beaucoup de jeunes comme nous. » Ces arrivées sont importantes pour cette petite région viticole du Sud Ouest, qui ne compte qu’un peu plus de 300 hectares. Justine Plasse-Lèpinay et Damien Bourgoin ne pensaient pourtant pas venir exercer un jour dans ce département. « Nous avons d’abord cherché en Suisse ». La jeune femme y a travaillé deux ans comme cheffe de culture pour le domaine du Chambey et Damien Bourgoin, cinq ans, comme maître de chai au domaine des Balisiers. « Nous n’avons pas eu d’opportunité, alors nous nous sommes tournés vers la France. » Le couple a découvert l’annonce des anciens propriétaires du domaine du Courbiès. Ils sont venus visiter. « On est tombés amoureux de la région, des vignes mais aussi des personnes », confie la viticultrice. « Il y avait une belle biodiversité sur les parcelles, des sources d’eau naturelles dans le sol », note Damien Bourgoin. Le cépage endémique de la région présente aussi des qualités. « L’avantage du mansois (ou fer-servadou), c’est qu’il fait très peu d’alcool. » Il permet de faire des rouges de différents styles. Des vins « sur la fraîcheur et le fruit » comme des « vins d’élevage en fût assez intéressants au niveau extraction », précise encore le vigneron. De plus, « c’est un cépage rustique, qui n’a pas besoin de beaucoup de traitements ». 

Le domaine du Courbiès est à Conques-en-Rouergue au nord du département ©Olivier Lemoine.

« La nuit les températures redescendent, même l’été »
Comme eux, Matthieu Blanc qui a fondé le Mas Floème en 2021, ne se voyait pas à la tête d’un vignoble en Aveyron lorsqu’il débute sa reconversion en 2016. « Pendant deux ans, j’ai travaillé pour des domaines dans l’Hérault et les Pyrénées-Orientales. Je pensais plutôt à m’associer dans le Languedoc », explique-t-il. Puis, Matthieu Blanc a rencontré des vignerons qui cédaient leurs parcelles dans le sud de l’Aveyron. Elles étaient sur différentes communes. Il a repris ces vignes et les a unies pour en faire un seul domaine. Matthieu Blanc, qui travaille en tout sept hectares, a rapidement perçu le potentiel de ce territoire. « On a la chance d’être en altitude. La nuit les températures redescendent, même l’été. Cela peut donner des vins avec du fruit, de la fraîcheur et des tanins fondus. Des vins que l’on recherche aujourd’hui. » Les sols sont également d’une grande richesse pour le vigneron. « Je travaille de façon parcellaire pour aller chercher les spécificités du sous-sol: j’ai des éboulis argilo-calcaire sur certaines parcelles, des schistes sur d’autres », détaille le vigneron, âgé aujourd’hui de 50 ans.

Ce vignoble présente ainsi de nombreux atouts qu’ils entendent mettre en valeur avec le soutien des anciens. « Cette dynamique ne serait pas possible sans eux, tient à ajouter Justine Plasse-Lèpinay. Il y a énormément de personnes, là depuis plusieurs années ou proches de la retraite, qui partagent leur expérience. »

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