2023 est le premier millésime bio pour l’appellation Baux-de-Provence, 11 domaines qui sont désormais tous certifiés dont 7 présents sur le salon Millésime bio. L’AOP est parmi les premières de France (avec Calvi) à pouvoir revendiquer le tout bio. Mais la démarche n’est pas nouvelle dans l’appellation.

C’est le domaine des Terres Blanches qui avait initié le bio dans les vignes dès sa création à la fin des années 60, à l’initiative du propriétaire de l’époque Noël Michelin. A l’époque, le label bio n’existait pas mais le vigneron avait banni de son vignoble les engrais chimiques, les désherbants et les insecticides. « En pleine période d’expansion des produits phytosanitaires, c’était audacieux de défendre ce mode de culture et on garde d’autant plus précieusement cet héritage que nous ne sommes qu’en Baux de Provence », insiste le responsable commercial Simon Nouguier. Noël Michelin a d’ailleurs été l’un des artisans de l’appellation devenue AOC en 1995 et le premier président du syndicat.

Ont suivi le Mas de Gourgonnier, La Vallongue, Château Romanin quand Jean-Pierre Peyrot avait confié le vignoble à Jean-André Charial, le chef de Baumanière, « Les domaines se sont convertis progressivement pour préserver ce cadre magique et idyllique des Baux mais beaucoup étaient déjà en lutte raisonnée » rappelle Caroline Missoffe (Mas de la Dame) présidente de l’appellation. Le dernier à avoir sauté le pas a été le Mas Sainte Berthe. Le maître de chai Christian Nief voulait se garder la possibilité de traiter l’oïdium en cas de besoin et préférait ne pas être certifié mais à son départ en retraite, le propriétaire, la famille Rolland, a rejoint la dynamique collective. Le dernier arrivé dans l’appellation, le Domaine Metiiot, est passé d’emblée en AB. Dalmeran qui a changé de propriétaire en 2021 n’envisage pas de changer de modèle : « Puisque nous déclarons toute notre production en Baux et que tout le monde est en bio, il faut continuer à conforter et promouvoir cette belle identité » estime Julie de Germay la nouvelle propriétaire avec son mari Nicolas.

©F. Hermine

Des blancs en croissance sur un terroir de rouges
Ce premier millésime 2023 a été « plus productif au global que le 2022 grâce aux pluies de juin et parce que nous sommes parvenus à bien gérer les attaques de mildiou. C’est une très belle récolte pour les blancs et les rosés, il manquera peut-être un peu d’équilibre sur l’acidité pour les rouges mais ce sera quand même un beau millésime ».

Le 100% bio de l’appellation ne manque pas de susciter l’intérêt des consommateurs mais aussi des acheteurs comme ceux qui défilent sur les stands des sept domaines présents sur Millésime Bio. « On profite de plus en plus de l’image globale bio de l’appellation, aidés en cela par l’œnotourisme qui génère des ventes croissantes au domaine » précise Simon Nouguier. « Nos visiteurs nous posent encore beaucoup de questions, en particulier sur les intrants dans les vignes, sur le cuivre, les sulfites, commente Caroline Missoffe. En général, ils s’intéressent plus aux pratiques au vignoble qu’en cave ». 

L’AOP produit sur 233 hectares et 8 communes 53% de rouges (75% en 95) 39% de rosés, 8% de blancs, ces derniers étant en hausse depuis la rentrée de la couleur en AOP avec le millésime 2010. « Depuis l’an dernier, beaucoup de domaines replantent du blanc notamment de la roussanne, du rolle et grenache blanc, Chez nous, on constate que nos plus gros clients ont baissé leurs achats de rosés au profit des blancs. Nous avons un beau terroir de rouges mais les blancs commencent à gagner du terrain » conclut Caroline Missoffe.

Sont présents sur Millésime Bio :
Domaine des Terres Blanches et Domaine de la Vallongue HB2-634
Domaine Dalmeran HB3-1312
Domaine de Metifiot HB1-212
Château Romanin H4- 1613
Domaine de Lauzières HB3- 1337
Mas de Gourgonnier HA4-1423

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