Les domaines regardent du côté de la consigne 

Plusieurs membres de France Consigne étaient présents sur le salon Millésime Bio afin de renseigner les vigneronnes et vignerons sur le réemploi des bouteilles. Le système suscite de plus en plus d’envie. 

Comment on fait ? C’est la question que posent beaucoup de vigneronnes et de vignerons, comme Sébastien Bordenave-Coustarret au salon Millésime Bio qui se tient jusqu’à ce soir à Montpellier. Le vigneron du Jurançon est venu jusqu’au stand de France Consigne, pour savoir s’il peut adopter ce geste pour son domaine.

D’autres, comme Pierre Fabre, ont déjà franchi le pas. Il fait partie des précurseurs pour Consign Up, coopérative basée à Toulouse vers laquelle peuvent se tourner les domaines des appellations du Sud Ouest. “J’ai démarré en 2020. Cela fait un moment que cela m’attirait. Je trouvais notamment aberrant de dire que refondre des bouteilles recyclées était plus écolo que de les réutiliser”, insiste le vigneron basé sur l’appellation Gaillac dans le Tarn. Depuis qu’il a adopté la consigne, Pierre Fabre assure que rien n’a changé dans ses habitudes. “J’ai conservé les mêmes modes de distribution. Je précise juste aux clients qu’ils peuvent ramener les bouteilles à des points de collecte consultables sur le site France Consigne”. Pierre Fabre ne voit dans ce système que des avantages : “Cela nous ouvre des portes vers des clients qui recherchent ça. Et pour la même qualité de bouteille, c’est-à-dire des bouteilles de bonne qualité, cela coûte 20 à 25% moins cher que des neuves.” Le domaine Gayrard de Pierre Fabre ne s’approvisionne cependant pas uniquement en bouteilles consignées. “Il n’y a pas assez d’acteurs sur le marché pour avoir suffisamment de bouteilles dans le circuit”, prévient-il. Cependant, cela pourrait changer. “Nous sommes de plus en plus contactés par des domaines viticoles qui veulent se renseigner sur la façon de développer la consigne”, confie Jodie Martin, responsable développement filière pour Consign Up. Bien souvent, les viticultrices et viticulteurs redoutent un procédé trop compliqué, ajoute une tâche dans leur quotidien déjà bien chargé. “Ils n’ont pas le temps de collecter ou de laver, précise encore Jodie Martin. Notre rôle c’est de les rassurer, et de leur dire : on est là pour ça.” 

©E. Centis

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