Ludivine Griveau, régisseur au mérite rayonnant !

10ème millésime à la tête du Domaine des Hospices de Beaune pour Ludivine Griveau qui a reçu la médaille du Mérite en avril dernier. Reconnue pour son dévouement sans faille et son expertise, ses motivations vont au-delà de la fierté de réaliser de grands vins : défendre de grandes et belles causes !

Ludivine ne cache pas le côté exceptionnel de sa mission, « un poste unique dans une institution unique ». Au Domaine des Hospices, Ludivine assume les rôles de chef de culture, de maître de chai et de directrice administratif sans oublier la communication !  Si Ludivine a mis 5 ans à accepter de se faire remettre la médaille du Mérite (décernée en 2019), elle juge aujourd’hui qu’au-delà de l’honneur qui lui a été fait et de l’émotion ressentie dans la Chambre du Roy de l’Hôtel-Dieu le 12 avril dernier, cette distinction renforce son engagement pour sa mission. Travaillant pour réaliser des vins les meilleurs possibles au profit de l’institution des Hospices, celle-ci lui rend bien et soutient généreusement ses choix. 

La conversion bio, un choix ancré
C’est en effet en lien avec les Hospices de Beaune que la réflexion s’est faite sur le sujet. L’ambition va plus loin que la certification : « Nous souhaitons remettre en perspective la notion de soin, le soin de la terre, le soin des riverains et le soin des consommateurs », témoigne Ludivine. Les effets vertueux de cette conversion concernent donc aussi bien les sols que la santé et le bien vivre ensemble. Ludivine n’est pas une utopiste et admet les côtés imparfaits du Bio comme l’impact carbone du aux traitements plus nombreux et le cuivre dans les sols mais elle le considère comme « un pas vers le mieux ». Un chemin plutôt, qui ne fut pas sans adversité depuis 2017, date à laquelle elle a stoppé l’utilisation d’intrants chimiques. Prudente, elle a pris le temps de voir « comment l’humain réagirait devant cette décision » ; l’enthousiasme de ses équipes a été un moteur de plus ! Il a fallu aussi prendre la mesure des enjeux techniques, améliorer la qualité de la pulvérisation et du palissage et faire des investissements avant d’officialiser la démarche. A ces bonnes conditions préliminaires, s’ajoutait la nécessité pour le régisseur de « s’approprier le parcellaire et l’humain et de lâcher-prise sur l’éventualité de faire chuter les récoltes ». 

2024, l’aboutissement
« Ce millésime difficile, celui de la certification, va nous confirmer dans notre démarche et nous donner des perspectives de progression », déclare Ludivine en affirmant que c’est une chance de ne pas s’être lancés dans l’aventure cette année mais en 2022 qui était moins compliquée ! Lorsque l’on gère 60 hectares, les problématiques sont variées et l’exigence du Bio est un moyen privilégié d’observation des forces et des faiblesses. Là encore, un des points forts est l’institution qui permet à chaque salarié d’avoir son outil (son tracteur) pour traiter : quand l’ordre est donné, une demi-journée suffit. Malgré la météo compliquée avec son taux d’humidité record, avec un cinquième traitement, la pression maladie est aujourd’hui contenue. L’état d’esprit général reste sécuritaire tout en cherchant à être au plus près des besoins de la vigne face aux menaces, « ni trop, ni pas assez ».

Le Bio au service de belles causes
Les vignes du Domaine ne sont pas les seules à être impliquées : les futurs acheteurs des pièces mises en vente le 17 novembre prochain doivent a minima être engagés dans une certification pour « mériter » d’élever les premiers vins officiellement bio du Domaine des Hospices. Avant ce moment, que d’étapes à franchir ! Les trois prochaines semaines sont déterminantes pour la future récolte. La floraison qui approche péniblement risque bien de s’étaler dans le temps, ce qui complique autant la nouaison (fructification) que les futures dates de vendanges. S’il y a moins, pourvu que cela soit du mieux ! Ceci pour le bien des malades et d’associations à leur service. La thématique soutenue cette année pour la 164ème vente des vins est « One health », « Une seule santé », en totale harmonie avec la démarche de Ludivine. C’est précisément la vente de la pièce de charité, dite « Pièce des Présidents » qui reflètera ce choix ; les candidatures sont ouvertes depuis le 31 mai (et se clôturent le 30 juin) pour les associations qui souhaiteraient être bénéficiaires de cette vente, à condition de « viser à préserver la santé des personnes et des écosystèmes dans la recherche d’un équilibre ; la santé végétale, environnementale et humaine étant intimement liée ». 

Tous les espoirs sont permis pour le millésime 2024 et si le stress est là, « l’inconnu excite et porte » le régisseur dont l’enthousiasme est accru par les causes portées par les Hospices.

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