Marché des enchères de vin : une période propice aux opportunités d’achat

Si vous suivez de près le marché des enchères de vins, vous l’avez sans doute remarqué, les choses ont beaucoup évolué ces derniers mois… Après une année 2022 marquée par une forte envolée des prix, le dernier trimestre de l’année a lui vu la tendance s’inverser, avec des baisses de prix qui ont en partie (mais pas totalement) annulé la hausse intervenue les mois précédents. Désormais, après des ajustements de cours, le marché semble doucement repartir. Nous faisons le point avec Nicolas Deléchenault, l’un de nos experts du département des ventes.

Comment se porte le marché des enchères en ce moment ?

« On le sait, le marché est monté très, très, haut en 2022 (une tendance initiée dès la fin 2021) ; puis la situation a commencé à se retourner à partir de la fin de l’été. Durant l’hiver, les prix ont continué de baisser de manière généralisée, une baisse qui reste toutefois moins importante que la hausse intervenue durant les premiers mois de l’année. Depuis le début de l’été 2023, le marché a atteint un plateau, les prix se sont stabilisés. Les prix des grands vins (estimations et prix de départ des enchères) ont tous été très finement retravaillés par nos équipes qui suivent le marché à la loupe et désormais, le marché a retrouvé son point d’équilibre : les vins se vendent bien. Les taux de surenchère remontent progressivement : les acheteurs reviennent en plus grand nombre. »

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La baisse des prix a-t-elle été générale ou circonscrite à certaines régions ou domaines ?

« La baisse de prix a concerné toutes les régions et une grande partie des vins, mais plus particulièrement ceux qui avaient connus les plus fortes hausses de prix en 2022. Cette baisse apporte donc finalement une sorte de rééquilibrage, mais partiel, puisque les prix restent tout de même plus élevés aujourd’hui qu’au début de l’année 2022.

Quelques exemples ? les vins des domaines Leroy, Auvenay, Rayas, Bizot, la Grange des Pères et Arnoux-Lachaux sont concernés au premier chef. C’est pour ces vins iconiques que les baisses de prix ont été les plus significatives ces derniers mois. Une fois cette baisse matérialisée dans les cotes iDealwine, le marché se ré-équilibre et retrouve son dynamisme. 51 bouteilles de château-rayas ont été adjugées sur la plateforme d’iDealwine durant le mois de juillet 2023, contre 35 en décembre dernier.

En termes de régions, si toutes sont concernées, la Bourgogne, dont les prix avaient particulièrement explosé au cours des trois premiers trimestres de 2022, a été la plus impactée. Mais toutes les régions ont vu leur prix au moins se rétracter un peu ; même à Bordeaux on constate une stagnation, voire de légères baisses de prix sur des icônes comme Petrus, alors qu’avant, les cours restaient orientés à la hausse, une hausse mesurée, certes, mais régulière. Certains millésimes légendaires des plus grands vins de Bordeaux paraissent maintenant abordables si on les compare au prix de vins « génériques » de Bourgogne ! Même des marchés de niche comme les icônes nature jurassiennes ont légèrement baissé (domaine des Miroirs, Overnoy…). »

Est-ce que cela en fait des vins intéressant à acheter en ce moment (la baisse est-elle stabilisée, les cours devraient-ils repartir à la hausse) ?

« C’est toujours difficile de prévoir l’avenirdu marché ! Mais oui, depuis le début de l’été des signaux positifs de reprise se manifestent sur le marché, l’offre et la demande se rencontrent à nouveau, nous assistons à des batailles entre plusieurs enchérisseurs sur un même lot. Les prix reprennent doucement le chemin de la hausse, mais ils restent particulièrement attractifs en ce moment… il faut savoir que les cours peuvent augmenter en fin d’année, gonflés par la demande qui précède les fêtes de Noël et du Nouvel An. A bon entendeur…

Pour citer les écarts de prix les plus frappants, un château-rayas 2010 se vend actuellement en-dessous du seuil de 900€ contre près de 1 300€ en 2022 ; un bourgogne aligoté 2015 du domaine d’Auvenay s’échangeait à plus de 4 200€ en 2022, contre 2 200€ aujourd’hui. Je précise que ce sont là des cas extrêmes.  Les vins de pays du Domaine des Tours se vendaient près de 100€ en 2022 contre 45€ au printemps et remontent doucement à 60€. »

Quels sont les vins qui vous semblent le plus intéressants à acheter en ce moment ?

« Les icônes citées précédemment, car elles ne seront sans doute plus jamais proposées aux enchères à ces prix-là. Les cours ne remonteront peut-être pas tout de suite aux extrêmes de 2022, mais leur rareté, la difficulté à trouver ces vins sur le marché devrait contribuer à leur valorisation. Les grands vins de Bordeaux aussi sont intéressants en ce moment, car on peut par exemple acquérir un cheval-blanc 1990 pour 1 000€, soit aujourd’hui le prix d’un « simple » bourgogne générique du domaine Bizot.

Je pense que si on veut avoir une longueur d’avance sur le marché, il faut aussi s’intéresser aux régions émergentes qui enregistrent de belles valorisations à plus long terme. Je pense par exemple au Languedoc, mais aussi à l’Alsace qui compte également de nombreux très grands vins à prix encore extrêmement sages, les rieslings et tous les grands vins blancs, bien sûr, mais aussi les pinots noirs. On voit également que l’offre de grands vins étrangers aux enchères s’étoffe de jour en jour et constitue un marché prometteur, notamment recherché par notre clientèle internationale. »

D’autres vins méritent-ils d’être suivis attentivement ?

« Ce qui est intéressant avec les enchères c’est qu’il y a en permanence de nouvelles étoiles montantes qui émergent. C’est un canal qui permet de se poster à l’avant-garde des nouveaux vins prisés des amateurs pointus. En ce moment par exemple j’ai en tête des signatures qui augmentent rapidement comme Romain Hénin (Champagne), Skyaasen (négoce bourguignon), les Haute densité d’Hubert Lamy et Lamy-Caillat (Bourgogne), la Bergerie de l’Arcade (Languedoc), Nicolas Barbou (Loire) ou encore Allante-Boulanger (Jura). »

Quelques conseils pour les acheteurs qui hésitent à se lancer dans les enchères ?

« Je pense que c’est vraiment le bon moment pour être actif dans les enchères de vin et faire de bonnes affaires. Nous sommes au tout début de la phase de reprise du marché, donc il faut être là maintenant, dans quelques mois il y aura sans doute plus d’enchérisseurs à se disputer les mêmes lots.

Je conseille toujours de bien suivre la Cote iDealwine, bien sûr, pour savoir à quel niveau placer ses enchères, et aussi, garder un œil sur les lots vendus sans prix de réserve (mis en vente à 1€), qui peuvent conserver des prix sages. »

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