Meilleur sommelier d’Europe et Afrique : Benjamin Roffet va sortir de l’ombre - Routes des vins

Meilleur sommelier d’Europe et Afrique : Benjamin Roffet va sortir de l’ombre

Suppléant de David Biraud à quatre reprises depuis 2013, le chef sommelier du Jules Verne a préparé en toute discrétion son premier rendez-vous international. Rencontre privilégiée avec le candidat français dans son univers de préparation et d’entraînement à quelques jours du concours organisé à Chypre du 16 au 19 novembre.

Dans le 3e arrondissement de Paris, bien loin de la Tour Eiffel, son habituel décor de travail, Benjamin Roffet a aménagé son camp de base au rez-de-chaussée d’un immeuble du XVIIe siècle. C’est ici que le Meilleur sommelier de France 2010 et Meilleur ouvrier de France 2011 a préparé son premier concours international sous les couleurs de l’Union de la sommellerie française (UDSF). Simple spectateur du sacre mondial d’Enrico Bernardo à l’automne 2004 à Athènes, puis suppléant de David Biraud lors de trois concours planétaires et un continental, celui qui partage avec le regretté Gérard Basset des origines foréziennes est à quelques heures d’entrer en scène à Chypre (*). Enfin !

« Bien avant ma sélection pour représenter la France j’avais pensé à l’organisation à mettre en place. Lorsque j’ai validé mon billet en novembre 2019 j’ai pu tout enclencher et louer cet espace en pensant que ce serait mon univers pendant dix mois. Mais le Covid est arrivé, le concours a été reporté et finalement presque deux ans se sont écoulés. » Dans ce local, Benjamin Roffet s’est transformé en ermite. Pas à temps plein mais au minimum 2 h 30 par jour. « Quand je franchis la porte, je sais que je suis là pour bosser et pas autre chose ! »

A commencer par la théorie. « Là je suis un peu bourrin… Tout simplement parce que j’ai compris que sans cela on n’a aucune chance d’atteindre la demi-finale. Alors cette théorie j’y consacrais au minimum deux heures quotidiennement. » Des cartes de vignobles tapissent les murs et des livres en français et en anglais garnissent les étagères où ils côtoient des bouteilles. « Il était essentiel de pouvoir stocker les nombreux échantillons que j’ai pu recevoir avec l’aide des vignerons français qui ont vraiment joué le jeu. J’en ai eu jusqu’à 450 ici et j’en ai sans doute reçu plus d’un millier… »

« Etre le candidat de toute la France »

Car s’il faut nourrir ses petites cellules grises de connaissances sur les vignobles du monde, il faut également donner des repères aux sens essentiels que sont l’odorat et le goût afin de constituer une mémoire pour chacun. « Goûter à l’aveugle, je le fais ici ou bien avec l’aide d’autres sommeliers. Et chaque soir, en rentrant du Jules Verne, Célia ma compagne préparait six verres pour conclure ma journée avec un dernier exercice. Car ce concours c’est un objectif de couple, on avance mieux à deux. »

Lorsque la France a tourné la page du premier confinement, Benjamin Roffet en a profité pour parcourir les vignobles où une bonne centaine de vignerons l’ont accueilli. « Bien entendu il s’agissait d’enchaîner les échanges avec eux et les dégustations, mais il était important aussi qu’ils connaissent celui qui va être le candidat de toute la France et pas seulement celui de la sommellerie française. »

Il n’oublie pas pour autant le soutien financier et humain de l’UDSF avec les actions menées au cours des derniers mois par le Team France placé sous la responsabilité de David Biraud. Une structure à laquelle le candidat tricolore a ajouté quelques soutiens précis. Comme Alexandre Vingtier pour les spiritueux, le Master of wine Jérémy Cukierman pour l’approche des vins, Manuel Peyrondet lors de dégustations ciblées ou encore un sophrologue qui l’accompagne depuis six mois. « Rien de révolutionnaire, j’ai simplement structuré l’environnement d’entraînement à ma façon… »

On saura le 16 novembre dans la soirée s’il aura déjà permis à Benjamin Roffet de se hisser en demi-finale.

(*) Outre Benjamin Roffet, représentant tricolore, trois autres sommeliers français seront présents lors de l’épreuve. Néophyte à ce niveau, Reza Nahaboo portera les couleurs de la Suisse. Finaliste de deux concours européens et d’un mondial, Eric Zwiebel représentera le Royaume-Uni. Enfin, Bruno Scavo qui a déjà participé à deux mondiaux sera le candidat de Monaco.

Reza Nahaboo, Eric Zwiebel et Bruno Scavo sommeliers français de l’étranger

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