« Mémoire du sol », la rencontre entre Duy Anh Nhan Duc et Roederer - Routes des vins

« Mémoire du sol », la rencontre entre Duy Anh Nhan Duc et Roederer

La Maison Roederer, à l’occasion de « Révélations », la Biennale internationale de la Création des Métiers et des Arts dont elle est partenaire, a dévoilé hier au Grand Palais Ephémère, la quatrième œuvre issue de sa collaboration avec le plasticien Duy Anh Nhan Duc : « Mémoires du Sol ».

On connaît l’engagement environnemental de la Maison Roederer qui comptabilise 120 hectares certifiés bios sur les 240 que compte le domaine. On sait son attachement à l’art contemporain depuis la création en 2003 d’une fondation spécialement dédiée, dont la vocation est aussi de « nourrir la valeur immatérielle de ses vins ». Cette dernière s’est illustrée par ses nombreuses collaborations avec la Bibliothèque Nationale de France, le festival d’Arles et le Palais de Tokyo. La rencontre entre l’artiste Duy Anh Nhan Duc, un « plasticien végétal » et le champagne Roederer semblait donc écrite d’avance. Duy Anh Nhan Duc voit en effet dans tous les éléments de la nature une vaste palette dans laquelle il puise directement les matériaux composant ses œuvres. Attiré depuis longtemps par la vigne, qu’il percevait comme « une vraie Bible », il lui manquait cependant une porte d’entrée pour pouvoir la déchiffrer. La Maison Roederer lui en a donné l’opportunité, en lui proposant une immersion complète pendant sept mois dans son univers à travers vignes et caves.

Cinq œuvres sont nées de cette expérience. La quatrième vient tout juste d’être révélée au Grand Palais Ephémère. Elle s’intitule « Mémoire du sol ». Frappé par la vue d’un champ en jachère, Duy Anh Nhan Duca constitué une sorte d’herbier à partir de toutes les espèces de fleurs et de graines qu’il y a trouvées et qu’il a figées, comme « une photographie plastique », en utilisant de la résine. « J’ai vraiment été touché par la richesse végétale de cette parcelle, je m’y suis reconnu. Elle m’est apparue vue de haut comme un îlot de fleurs, une tache au milieu du vert des vignes, avec des papillons, des abeilles, une diversité incroyable… Pendant quarante à soixante ans, la terre doit porter et nourrir la vigne. C’est une énorme charge de travail ! Avant de replanter, la Maison Roederer la laisse donc se reposer quatre ans, elle y sème des fleurs pour dynamiser le sol, le réparer. La terre a une mémoire, elle sait ce qu’on lui a fait. J’ai voulu montrer ce cycle vertueux, le restituer. »

©Enzo Orlando

Là où nos yeux blasés ne savent plus voir la beauté, cette œuvre saisissante de simplicité nous permet de retrouver toute la fraîcheur d’un premier regard qui découvre le monde du champagne et s’en émerveille. Duy Anh Nhan Ducrejoint ainsi la définition même de ce qui fait un artiste selon Bergson : « des hommes dont la fonction est de voir et de nous faire voir ce que nous n’apercevons pas naturellement. »

Pour Jean-Claude Rouzaud, le président de la Maison, l’intérêt de cette collaboration est double, il s’agit à la fois de témoigner du travail effectué par la marque sur son terroir, mais aussi, en interne, d’inspirer ceux qui œuvrent au quotidien dans les vignes et dans les caves : « Les membres de nos équipes ne sont pas des artistes, mais de grands artisans, très engagés au service de notre vignoble. Je pense que tout ce mécénat leur parle, cela infuse dans leur démarche, dans leurs gestes, dans leur travail quotidien. »

©Enzo Orlando

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