Nouvel an chinois : ABK6 embrasse la tradition cognaçaise

Pour les maisons du Cognaçais, le nouvel an chinois rime chaque année avec la création de cuvées en éditions limitées, synonymes de réussites commerciales. Inspirée du succès de ses congénères, ABK6 a sauté le pas à son tour cette année, symbole d’une prolifération de ces flacons originaux, au-delà même du vignoble charentais. 

Les grandes maisons de Cognac sont coutumières du fait. Après le lapin l’année passée, c’est au tour du dragon d’être célébré en grande pompe à l’approche du nouvel an chinois et de ses festivités qui débutent ce samedi 10 février. Pour l’occasion, Martell, Courvoisier ou Hennessy – pour ne citer qu’elles – ont de nouveau fait appel à des artistes afin de créer des flacons originaux à l’effigie de l’animal totem de la nouvelle année lunaire. Cette année encore, ces collaborations ont débouché sur de sublimes objets, confortant s’il le fallait les eaux-de-vie cognaçaises au rang de produits de luxe. Et si la création de ces « bijoux » est devenue une véritable tradition, elle le doit avant tout à sa lucrativité. En effet, elle permet d’entretenir le statut d’eldorado que représente l’Empire du Milieu pour le Cognaçais. Avec environ 30 millions de bouteilles écoulées en 2022, la Chine représente toujours pour le vignoble charentais son deuxième marché à l’export derrière les États-Unis (111 millions de flacons). 

AKB6 entre dans la danse
Poussée par ce contexte favorable au cognac, AKB6, marque des Domaines Francis Abécassis, a décidé cette année de sauter le pas à son tour en lançant une bouteille dédiée au dragon : un VSOP élaboré à partir d’eaux-de-vie sélectionnées pour l’occasion par Frédéric David, maître de chai des domaines, avant un vieillissement dans les plus vieux fûts du domaine. C’est une rencontre « par hasard » – dixit Francis Abécassis –, qui va accélérer le processus de création, lorsque ce dernier, passionné d’art, croise la route de l’artiste chinois Qiaolong Huang. La réalisation d’une cuvée spéciale devient alors une évidence pour Francis Abécassis et la collaboration prend finalement forme puisque Qiaolong Huang, en duo avec sa compatriote Bingna Xu, réalise le flacon de cette Cuvée du Dragon qui déploie ses ailes dans une année à la saveur particulière pour le fondateur d’ABK6…  « Je suis moi-même du signe du dragon, c’est un petit clin d’œil qui nous fait dire que c’était l’année pour se lancer. » Les astres étaient donc alignés au moment de cette mise en marché et les résultats sont plus qu’à la hauteur. « Nous sommes plus que satisfaits de cette première. Les 7 000 exemplaires sont pratiquement tous écoulés et ce succès a eu un impact énorme pour nous. Au-delà même de notre VSOP, cette édition limitée a donné un véritable boost de popularité à notre marque dans son ensemble, et pas seulement en Chine. Nous avons très bien vendu aux États-Unis et dans les pays avec une forte diaspora chinoise. » Fort de ce succès, Francis Abécassis annonce d’ores et déjà qu’une édition pour l’année du serpent verra le jour dans un an.

Qiaolong Huang et Bingna Xu ont réalisé le flacon de cette édition limitée.

Un succès pas toujours garanti
Si la passerelle Cognac-Chine semble prospère, la multiplication de ces éditions originales peut aussi être un frein côté consommateur. Car au-delà de Cognac et du marché chinois, le phénomène « édition limitée » grandit lui aussi chaque année sur l’ensemble des différents vignobles hexagonaux. Étiquette spéciale, étui coloré, coffret en bois… les propriétés viticoles sont engagées dans une course à l’édition limitée, débouchant sur une prolifération qui a pour conséquence de rehausser l’exigence du consommateur. C’est ce qu’observe Jean-Benoît Auzely, fondateur de 20h33, site bordelais de ventes privées de vins. Il propose depuis plusieurs années des éditions limitées à ses clients et a vu leurs attentes évoluer. « Le public ne se trompe pas. Quand le projet a du sens, il est au rendez-vous. Aujourd’hui, faire une édition limitée pour faire une édition limitée, ça ne suffit plus. Mais dès qu’il y a une vraie valeur ajoutée, une histoire, et que le prix n’est pas déraisonnable, le public est au rendez-vous. »

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