Offensive Cavistes et wine truck pour les vins corses - Routes des vins

Offensive Cavistes et wine truck pour les vins corses

Les vins corses débarquent en force pendant dix jours chez près de 130 cavistes du continent avant de lancer un wine truck de dégustation des rosés dans l’île cet été. Cette année, zoom sur la Côte Orientale.

Les vins corses n’entendent pas attendre tranquillement que les touristes débarquent dans l’île cet été. Ils sont déjà sur le pied de guerre pour aller prêcher pour des vins « libres et vibrants » chez les cavistes du continent qui représentent près de 10% des débouchés. Une opération inédite cette année qui se tiendra du 3 au 13 juin dans près de 130 boutiques disséminées dans l’Hexagone. Les cavistes volontaires devaient avoir dans leurs rayons au moins quatre vins corses mais ils pouvaient également compléter leur assortiment en achetant de nouvelles références parmi celles des 33 vignerons présents sur la plateforme commerciale mise en place pour l’événement. Ils bénéficient pour l’occasion de PLV (affiches, cartes de Corse, verres gravés, tire-bouchons, seaux-rafraîchisseurs…aux couleurs des vins corses). L’opération s’accompagne d’un concours de la plus belle vitrine « corse » (avec un week-end dans le vignoble pour le caviste lauréat) et un jeu-concours sur les réseaux sociaux récompensant une photo prise chez l’un des cavistes partenaires (avec goodies à la clé). Un beau prologue en attendant la tournée du wine truck, une expérience initiée l’an dernier et qui avait remporté un franc succès. Le camion aux couleurs des vins corses (le corail a remplacé le fuchsia) sillonnera l’île du 20 juillet au 20 août mi-juillet en faisant la sortie des hypermarchés et en organisant des stops dans des lieux insolites comme des plages ou des spots branchés. Avant de rentrer en magasin, le consommateur pourra découvrir un ou plusieurs rosés insulaires devant le wine truck, histoire de les aider à choisir une jolie bouteille en linéaires. A sa sortie, preuve d’achat à l’appui, il se verra offrir totbag, icebag, bouchons ou autres goodies.

Une côte orientale mal aimée

Ces opérations permettront de mettre en lumière notamment les vins méconnus de la Côte Orientale, l’un des zooms de l’interprofession cette année. La région sur la façade Est de l’île autrefois appelée plaine orientale, principale productrice de l’AOP Corse et des IGP, avait été particulièrement marquée dans les années 70-80 par la vaste campagne d’arrachage du vignoble (plus de 20 000 ha au total dans l’île). Elle ne compte plus aujourd’hui que 1330 ha sur un total insulaire de 5700 ha, à peine une quarantaine de vignerons (dont le plus gros de l’île, Terra Vecchia-Clos Poggiale de Jean-François Renucci avec 200 ha) et les quatre caves coopératives (Aghione représentant près de 30% de la production corse). La zone de Bastia à Solenzara qui concentre plus de 80% des volumes corses, (près des trois-quarts en IGP, un quart en AOP), soit environ 310 000 hl par an, a longtemps souffert d’une image plus quantitative que qualitative. « La plaine a d’abord été plantée en cépages internationaux, merlot, chardonnay, cabernets… qui partaient dans des vins du continent, raconte Eric Poli, le président du conseil interprofessionnel des vins de Corse. Certes, le merlot était bien adapté à notre climat mais il servait surtout au rééquilibrage des rouges ou à faire des copies d’autres régions viticoles et on jouait plutôt les roues de secours. Les rouges, de plus en plus à base de niellucciu associé au grenache, manquaient de maturité avec des tanins durs et rustiques. Quant aux rosés, en général de saignée, ils étaient souvent trop foncés et trop concentrés. »

Renouveau et coup de jeune

Ça, c’était avant la réaffectation parcellaire et un gros travail qualitatif sur la vinification pour obtenir des vins davantage sur le fruit mais pas encore taillés pour la garde. Reste donc à trouver un équilibre et à continuer de miser « sur un vignoble de caractère planté essentiellement avec des cépages endémiques » insiste Caroline Franchi, directrice marketing de l’interprofession. « Faute de hiérarchisation sur l’appellation régionale, le consommateur ne sait pas ce qu’il achète, poursuit Eric Poli. D’où une étude du modèle de Piémont ou de Bandol avec un élevage obligatoire en bois pour les rouges qui pourraient ainsi bénéficier d’une dénomination sur le modèle de la Rioja avec ses Reserva-Gran Reserva. Nous devons travailler sur la lisibilité entre les différents vins et arrêter de proposer aux consommateurs de jouer à la loterie ». Il y a un quart de siècle, la Corse vendait 60% de rouges ; aujourd’hui, elle commercialise près de 70% de rosés, et même les trois-quarts sur la Côte orientale, principalement en IGP Ile de Beauté, néanmoins bien valorisée et offrant un bon rapport qualité-prix-plaisir. Ce qui a conduit à la démarche collective Ile de Rosé. La Corse a d’ailleurs été la première Interprofession à réunir les producteurs d’AOP et d’IGP. Le vignoble de la plaine est toujours en pleine restructuration et en net rajeunissement avec de plus en plus de jeunes producteurs qui prennent la relève de leurs parents, rafraîchissent les habillages de leurs bouteilles, créent leur cuvée au sein de la coopérative ou s’installent même en cave particulière (Domaine Mondange, Duminiu U Portu, domaine Falcucci…). L’interprofession travaille également au reclassement de certaines parcelles qui étaient sorties de l’AOP pour des raisons autres qu’un manque de qualité du terroir.

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