Pécharmant soigne la biodiversité de son « jardin » - Routes des vins

Pécharmant soigne la biodiversité de son « jardin »

L’appellation du Bergeracois s’est d’abord attelé à un état des lieux de sa biodiversité avant de se lancer dans des opérations de sensibilisation auprès des élus et des habitants.

A partir des années 90, l’appellation, la plus ancienne du Bergeracois, qui s’étend sur les quatre communes de Bergerac, Creysse, Lembras et Saint-Sauveur avait déjà initié une sélection de terroirs et fait évoluer son cahier des charges notamment en termes de densité ( à 5000 pieds/ha) et avec interdiction d’irrigation. « Depuis 2020, tout le vignoble est en conformité, annonce Didier Roches, président de l’ODG (Organisme de Défense et de Gestion). il restait à faire évoluer les pratiques culturales sans vouloir se battre sur l’intérêt de tel ou tel label puisque 82 % des exploitations sont déjà engagées dans une certification environnementale ». L’appellation, dans le cadre du programme régional Vitirev visant à accélérer la sortie des pesticides et à développer les pratiques agroécologiques, a obtenu une subvention de 60 000 € afin d’établir un état des lieux. Une action sur deux ans réalisée  en collaboration avec la CAUE (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’’Environnement), la Chambre d’Agriculture de Dordogne, et la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux). Chaque viticulteur (49 au total dont une vingtaine affiliés à la coopérative de Bergerac-Lefleix) a été audité par un technicien de la Chambre pour évaluer par exploitation le nombre de kilomètres de haies, de vignes enherbées, d’arbres remarquables et les pratiques vertueuses. Au bout de deux ans, un bilan a permis de quantifier les surfaces enherbées (65 %), le travail sous le rang (80 %), a établi que le désherbage avait quasiment disparu du vignoble et que 90% des exploitations étaient engagées dans un label de développement durable. Le CAUE via des images satellites ultra-précises a quantifié les bois, les haies, les friches, et la LPO a procédé au comptage de la faune. Elle a ainsi recensé 13 espèces de chauves-souris dont 9 vulnérables ou menacées, 34 espèces de papillons et 55 espèces d’oiseaux dont 6 rares tels le chardonneret élégant, le pic mar, la linotte mélodieuse, la chouette chevêche et l’alouette lulu. Sur plus de 1300 ha de l’aire d’appellation aux portes de Bergerac, la CAUE en a dénombré un tiers en vignes (430 ha) mais également 31 % en prairies et 17 % en espaces arborés.

Un jardin à préserver

« L’urbanisme de la ville de Bergerac ne cesse de progresser vers le vignoble  et pour lutter contre la pression foncière [l’urbanisme a progressé de 56 % en 20 ans], nous tentons d’impliquer les nouveaux arrivants et les sensibiliser à l’architecture locale et à nos paysages, précise Didier Roches. Ce sont les viticulteurs qui entretiennent le paysage et nous voulons sensibiliser les élus à ce sujet pour qu’ils nous aident à le sauvegarder ». Le même message de pédagogie environnementale a été diffusé lors des dernières portes ouvertes en mai dernier sur le thème « Pécharmant ouvre son jardin ». Les viticulteurs qui distribuait l’an dernier un pied de vigne ont offert cette année  une cinquantaine de nichoirs à mésanges charbonnières à leurs visiteurs et les ont inciter à planter des haies sur leur terrain. Un parcours pédestre était l’occasion d’expliquer la faune et la flore, l’intérêt des tournières, le process de pollinisation…

Outre l’aide de la Chambre d’Agriculture aux projets d’agroforesterie,  un circuit de randonnée de 9 km a déjà été aménagé sur l’appellation et il pourrait doubler pour faire le lien entre la voie verte de Bergerac longeant la Dordogne et le vignoble de Pécharmant via le ruisseau de Caudeau. « Le visuel des paysages est d’autant plus primordial sur notre territoire que nous sommes un lieu de passage important et le premier vignoble traversé par les touristes qui viennent de Sarlat, site majeur du Périgord, conclut Didier Roches. Mais outre la préservation des paysages et l’attrait touristique, la biodiversité participe à un nouvel élan qui fédère tous les opérateurs de la viticulture ».

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