Pourquoi le cognac attend beaucoup de la visite du président chinois en France

Les négociants et viticulteurs charentais sont suspendus aux discussions entre Emmanuel Macron et Xi Jinping. Ils espèrent la suspension d’une enquête antidumping dont ils sont la cible à Pékin

Ils assurent que la visite d’Etat du président de la République populaire de Chine en France offre la « possibilité unique d’un accord ». Dans un communiqué diffusé avant que l’avion de Xi Jinping ne se pose dimanche à l’aéroport de Paris Orly, les producteurs de cognac déclarent « beaucoup attendre » des échanges prévus les 6 et 7 mai 2024. « Cette échéance, écrivent-ils, constitue donc un moment critique pour toute une région. »

A l’heure où Xi Jinping est reçu en grande pompe aux Invalides, dîne à l’Elysée puis découvre les Pyrénées en compagnie d’Emmanuel Macron, de quoi est-il question ?

Un marché de 32 millions de bouteilles
La filière cognac se dit « otage » des tensions commerciales entre l’Union européenne et la Chine. Depuis le 5 janvier, elle est l’objet d’une enquête antidumping ouverte à Pékin sur une infraction supposée à la concurrence. La procédure concerne également l’armagnac et toutes les eaux-de-vie de vin (les brandys) produits en Europe. Elle a été lancée après une plainte des alcooliers chinois mais tous les observateurs y voient une mesure de rétorsion à une enquête de la Commission européenne (largement soutenue par la France) sur les subventions publiques à l’industrie automobile électrique chinoise.

Le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC) se prête de bonne grâce à la procédure chinoise, qu’il juge pourtant « injuste et infondée ». La filière redoute désormais la levée de droits de douane prohibitifs. Ces derniers fermeraient la porte d’un gigantesque marché : 32 millions de bouteilles en 2023 pour un chiffre d’affaires de 769 millions d’euros. Le marché chinois pèse 20 % des volumes et 23 % de la valeur des ventes de cognac à la surface du globe.

La visite d’Etat de Xi Jinping est-elle propice à un règlement de l’affaire ? Oui avait répondu en substance Marc Riester, le ministre du Commerce extérieur, lors d’un déplacement dans le vignoble du cognac en mars dernier. Ce dernier avait évoqué un « dossier prioritaire » à régler lors d’échanges bilatéraux.

« L’objet de la plus grande attention »
Ce fut le cas le 8 avril avec Wang Wentao, le ministre chinois du Commerce, qui préparait à Paris la visite d’Etat de Xi Jinping. M. Wentao avait alors reçu les représentants de la Fédération des exportateurs français de vins et spiritueux (FEVS) et des bureaux nationaux interprofessionnels du cognac et de l’armagnac (le BNIC et le BNIA). Il avait assuré que l’enquête était menée « dans le respect des règles chinoises et internationales et dans une logique d’écoute » et ajoutait que « le gouvernement chinois ne présumait aucunement à ce stade de son résultat ».

Selon une déclaration récente de l’Elysée aux journalistes et notamment à l’Agence France Presse, « la question du cognac fait l’objet de la plus grande attention de la part des autorités françaises et au premier rang desquelles le président de la République […]. Cette question sera abordée lors des échanges [des 6 et 7 mai] afin de s’assurer que les intérêts français sont préservés pendant et à l’issue de la procédure lancée par les autorités chinoises ».

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