PRIMEURS 2023 : nos notes exclusives à Fronsac, Canon-Fronsac et Lalande-de-Pomerol

Le numéro spécial Bordeaux Primeurs 2023 arrive dans les kiosques cette semaine. Pour accompagner sa sortie et compléter le dossier dégustation du magazine, un certain nombre de notes et commentaires sont à retrouver en exclusivité sur notre site web. On continue avec quelques propriétés de Fronsac, Canon-Fronsac et Lalande-de-Pomerol.

Fronsac / Canon-Fronsac

Château Barrabaque [91-92/100]
Au stade des primeurs, l’élevage se prononce encore fortement sur le fruit dense. Le vin est riche, assez opulent, sur un registre capiteux voire alcooleux. Le profil tannique et la fermeté de l’élevage se devinent encore. Il est à la fois mûr et un peu strict, avec un léger côté asséchant en finale, ce qui ne trahit en rien la jolie matière du vin.

Château Canon Pécresse [92-93/100]
Finesse florale sur matelas crayeux, ce terroir affirme tout de suite son élégance feutrée. En bouche, un velouté frais, une jolie souplesse de la matière qui se déroule sur des tanins discrets. L’ensemble est traçant, jusqu’à la finale bien signée par le calcaire. C’est d’une jolie élégance et d’une grande buvabilité, sans renier le potentiel de garde.

Château de Carles [89-90/100]
Sur un registre très marqué fruit rouge, sur le croquant. La bouche est à l’avenant, assez tendue, mordante, cintrée sur des tanins fermes et crissants. Le jus est toutefois mûr et droit, campé sur une arête acide prononcée. C’est un vin digeste, doté d’une certaine rusticité mais qui s’étire bien sur la longueur et devrait avoir un profil assez aimable au final.

Château de Carles « Haut-Carles » [92-93/100]
Sélection parcellaire du château de Carles, sur plateau calcaire (40 % de la superficie). Pour la première fois, le vin intègre une sélection massale de 10 % de cabernet franc. Nez fruité, feutré, on devine une dimension intéressante, de la profondeur et de la densité. La bouche est suave, onctueuse, on a un juteux très tapissant qui se dissémine, porté par des tanins grenus, un peu rustiques mais qui soutiennent la chair, lui donnent une relance. C’est un joli vin, un peu strict à ce stade. À suivre.

Château Dalem [93-94/100]
85 % merlot, cabernet franc et très légère touche de malbec. Nez feutré, distingué, nappe florale, pivoine et iris, beaucoup d’élégance et de race. La bouche confirme que Dalem se positionne sur un registre à part : suave, souple, très digeste, elle se déroule en fluidité, articulée sur un grain de tanins très fin, légèrement granuleux et poivré. La buvabilité est incontestable, la texture du vin est veloutée, c’est un beau vin à la fois authentique, tactile, parfumé et ancré. Une jolie surprise du millésime.

Château de La Dauphine [92-93/100]
25 % de cabernet franc en 2023 dans l’élevage de La Dauphine, qui intègre toujours plus de terroirs calcaires grâce à ses acquisitions récentes. Joliment parfumé, le nez a de l’allant, de l’allure, une jolie fraîcheur sur le fruit net. Le toucher de bouche est soyeux, d’une énergie concentrée, arborant beaucoup de finesse dans le dessin des tanins à la trame légèrement crayeuse. Un vin savoureux, juteux, bien construit, cohérent, qui déploie du fond avec le côté gourmand du merlot… C’est bon et digeste.

Château Fontenil [92-93/100]
100 % merlot. Nez exprimant d’abord des notes empyreumatiques, un grillé soutenu et capiteux. Épices sur fruit noir, torréfaction, touche vanillée. En bouche, du crémeux, pas de doute on sait vinifier le merlot chez les Rolland. La matière est ample, dotée d’un beau gras, d’une forme sphérique sans excès, juste irisée de tanins finement grillés. C’est gourmand, à peine strict, il faudra bien sûr l’attendre.

Château Gaby [91-92/100]
Nez sur le fruité frais, de l’allant, beaucoup de charme sur les arômes primaires, un léger capiteux épicé, de la vigueur. La bouche est tendre, confortable, déployant une sphère de fruit gourmande. Les tanins cernent l’ensemble, légèrement pressants. L’élevage apporte à ce stade une teinte vanillée.

Château Moulin Haut-Laroque [91-92/100]
Attaque sur un joli velouté merloté. Des épices, du poivre, de la vigueur. Le dessin du vin est cintré par une légère fermeté tannique. Cela n’oblitère pas du tout le côté juteux, qui est bien présent, se parant d’un grain fin. C’est digeste, savoureux, un peu court en finale, sur le fruit noir grillé.

Château Moulin Pey-Labrie [89-90/100]
Un éclat fruité et floral au premier nez, annonçant une expression « al dente » du millésime. Le croquant est prononcé, la vivacité maîtrisée, on est en présence d’un petit fruit ferme, sur le noyau. L’ensemble se resserre sur une touche acidulée. C’est juteux, désaltérant et résolument fidèle à son style.

Château La Rivière [90-91/100]
Nez plutôt avenant, pulpe de fruit, une indéniable netteté. La bouche est centrée, sur une fraîcheur assez prononcée et propulsive. Le jus, svelte, s’articule sur une arête acide assez mordante, des tanins qui ont du grip, et se conclut sur une finale légèrement stricte. On est sur le versant croquant du millésime.

Château La Rousselle [93-94/100]
Juché sur un très beau terroir fronsadais, La Rousselle s’avance sur un fruit précis, élancé, au profil traçant. En bouche, beaucoup d’énergie, une chair ferme, juteuse et tendue sur des tanins joliment ciselés, électrisés par une jolie salinité imprimée par le calcaire. Ses fins amers d’orange sanguine en finale s’avèrent très salivants, et sont une promesse de longévité.

Château Tessendey [90/100]
L’élevage donne à ce vin un caractère chaleureux, marqué par le bois. Sa texture est généreuse, volumineuse, mais sans trop d’extraction. Les notes variétales et de petits fruits noirs témoignent de sa maturité à venir. Le temps homogénéisera l’ensemble.

Château Les Trois Croix [93-94/100]
Nez intense et frais, capiteux, salin, très calcaire. On devine une indéniable vitalité. La bouche est dense, concentrée, un jus plein, droit, vibrant, énergique. La gaine de tanins, très crayeuse, se montre rigoureuse à ce stade. C’est le lot de ce terroir. Mais avec un peu de garde, la jutosité saline devrait s’exacerber et donner un vin délicieux, à la fois floral et terrien, entre violette et truffe. On parie sur lui.

Château La Vieille Croix – Vignobles Invindia [93-94/100]
Robe très profonde. Nez opulent, crémeux, sensuel, au parfum capiteux et enveloppant, presque pomerolais dans l’allure. En bouche, une belle distinction, une texture soyeuse et fraîche, un taffetas de fruit qui se déroule en suspension sur des tanins finement tracés. À la fois caressant et musculeux, on lui trouve une matière charnue et droite, propulsée par une belle définition tannique, légèrement crayeuse, et une acidité de haute volée parfaitement intégrée. La finale, très menthol, laisse la bouche fraîche malgré l’intensité aromatique entêtante du vin. C’est délicieux !

Château La Vieille Cure [91-92/100]
Nez assez pulpeux, onctueux, avec une touche de classicisme, de la retenue dans l’aromatique. La bouche, très droite, se campe sur une certaine fermeté tannique. Les tanins enserrent le vin de façon un peu stricte, mais l’élevage et un peu de garde devraient fondre l’ensemble.

Château Villars [90-91/100]
D’abord sur la réserve, puis marqué par des notes assez généreuses de fruit noir, touche alcooleuse, cerise à l’eau-de-vie. La bouche est ferme et suave, campée sur une construction tannique assez marquée. L’élevage se distingue sur une touche cacaotée et torréfiée. Dans son registre, jamais dans l’excès.

Lalande-de-Pomerol

Château des Annereaux [90-91/100]
La palette aromatique s’annonce sur le noyau de cerise, un registre croquant. La bouche est à l’avenant, construite sur une chair svelte, aux tanins souples, portée par une acidité mordante. Il conserve un caractère friand, taillé sur la buvabilité plutôt que sur la puissance démonstrative.

Château La Chenade [90-91/100]
Nez friand, fruit rouge légèrement confituré, sur la fraise cuite qui accroche à la casserole. Fine teinte grillée et toastée. La bouche est dodue, dotée d’un agréable gras, le fruit souple se déroule sans accroc, juste soutenu par des tanins légèrement grillés. Le boisé se discerne de façon prégnante à ce stade, avec des notes vanillées et toastées très présentes, qui devraient se fondre. Touche d’astringence en finale.

Château Les Cruzelles [92-93/100]
Du charme, un profil aérien, distingué, avec une touche mentholée, un végétal noble en soutien. La bouche est droite, sur le velours, et se maintient sur des tanins modérément grenus. Sans déborder, le vin arbore une silhouette assez fine et digeste, qui se tient jusqu’à la finale, ponctuée par de fins amers.

Château Grand Ormeau [90-91/100]
Encore sur la prise de bois au moment de la dégustation, il arbore un fruit retenu, engoncé dans son élevage à ce stade. La bouche est signée par un crémeux mesuré, des tanins fermes qui apportent une structure assez stricte. L’ensemble est tenu par une acidité saillante. Finale sur un toasté grillé.

Château Haut-Chaigneau [91-92/100]
Un nez crémeux, au toasté-vanillé discret, une touche de sucrosité gourmande. La bouche est souple, enrobée de tanins pulpeux, sans accroc. Une fraîcheur réglissée soutient l’ensemble, pour un vin qui s’affirme sur l’onctuosité maîtrisée et la gourmandise.

Château Les Hauts-Conseillants [90-91/100]
Sur un profil assez chaleureux, capiteux, épicé, il déploie des arômes de cerise à l’eau-de-vie, de fruit noir légèrement vanillé. En bouche, des tanins fins, une matière droite, une trame acidulée qui apporte du mordant, jusqu’à la finale légèrement stricte. Un caractère digeste et gourmand.

Château Pavillon Beauregard [91-92/100]
Un nez affriolant, sur une petite baie rouge à point, une touche d’épice. Bouche centrée sur une matière acidulée, croquante mais juteuse, c’est un vin savoureux, croquant, avec une belle buvabilité, des tanins qui ont juste ce qu’il faut de nervosité, de la suavité dans la texture, assez déliée, digeste, croquante en finale, juste grillée. Beaux rendements en prime.

Château Siaurac [92-93/100]
Nez pulpeux, entre fraise écrasée, confiture de griottes, touche mentholée. Un grain de cassis qui croque sous la dent. La bouche est juteuse, bien centrée sur un fruit plein, savoureux, doté d’une agréable vitalité, soutenu par de fins tanins poivrés. C’est une jolie réussite à Lalande en 2023.

Dégustation Expression de Fronsac le 4 avril (Mathieu Doumenge). Dégustation collective Lalande-de-Pomerol le 19 avril. Notre comité : Mathieu Doumenge, grand reporter. Jean-Charles Chapuzet, journaliste et écrivain. Puis rendez-vous individuels en propriétés (Mathieu Doumenge)

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