PRIMEURS 2023 : nos notes exclusives en Bordeaux – Bordeaux Supérieur, Bordeaux Blanc et Entre-deux-Mers

Le numéro spécial Bordeaux Primeurs 2023 est dans les kiosques depuis hier. Pour accompagner sa sortie et compléter le dossier dégustation du magazine, un certain nombre de notes et commentaires sont à retrouver en exclusivité sur notre site web. Aujourd’hui, les bordeaux – bordeaux supérieur, bordeaux blanc et entre-deux-mers.

Bordeaux – Bordeaux Supérieur

Château Grand Village [93-94/100]
Joli fruité expressif, tonique, avenant, bel éventail de fruits rouges pimpants. Beaucoup de floral, pivoine, rose… Une fine note terreuse, ancrée, complète la palette. Belle trame juteuse, savoureuse, pleine et séveuse, sur une maturité impeccablement ciblée, un vrai soyeux de la chair, serti d’une fine couture de tanins, très légèrement granuleuse. C’est délicieux, un bordeaux d’école. La chair est pulsante, salivante, gourmande, relancée par les tanins. La finale et la persistance sont très légèrement crayeuses. Délicieux.

Château Marjosse [89-90/100]
Une bombe de fruit : c’est le profil de Marjosse en 2023, le bordeaux chouchouté dans l’Entre-deux-Mers par Pierre Lurton. Tout en chair gorgée de plaisir, il se déploie, aimable, sur un matelas de tanins fins. Désaltérant d’un bout à l’autre, il nous montre une interprétation joyeuse du millésime, qui appelle à vider le verre (et le suivant).

Les Perrières de Lafleur [96-97/100] Coup de cœur de la rédaction
100 % bouchet (cabernet franc). C’est la première fois ! Peut-être la dernière ? Nez très élégant, engageant, frais, légèrement iodé, très cabernet, signé par le calcaire, affûté, fumé, sauvage, mûre sur ronce, très finement racinaire, truffe, poivre. La bouche est super charnue, droite, une pulpe veloutée et élancée, profonde, on a une vraie complexité, de l’éclat, de la sensualité et une touche de fermeté gainée dans le dessin tannique. C’est superbe, savoureux, long, juteux pendant de longues caudalies après l’avoir dégusté, laissant une fine trace racinaire, un végétal noble en finale.

Château de Reignac [92-93/100]
Nez assez percutant sur le fruit rouge finement compoté, quelques notes de fruit noir, on lorgne vers la cerise à l’eau-de-vie. On lui devine de la densité et du caractère. En bouche, une silhouette élancée, il se campe sur la souplesse, une jolie arête acide vient juguler la matière, assez droite et fuselé. Les tanins se font pressants, mais gardent une certaine élégance, ils soutiennent bien la matière, jusqu’à la finale, légèrement acidulée. Délié et digeste.

Bordeaux Blanc

Château d’Aiguilhe [93-94/100]
Nez de fruit blanc teinté de végétal noble, tilleul, trace fumée, pierre chaude, coquille d’huître, la bouche est souple, déliée, caressante, finement poudrée. Ce 100 % sauvignon a de la mâche, de la vigueur, une belle délicatesse dans la définition de l’acidité, de la tension, il laisse la bouche salivante, rafraîchie, tenue par un boisé très doux qui évoque la noisette fraîche, laissant des traces florales (jasmin). Remarquable et rapidement prêt à boire !

Les Champs Libres [96-97/100] Coup de cœur de la rédaction
Un 100 % sauvignon qui nous défie de le localiser. Ni à Bordeaux, ni à Sancerre, il est juste « chez lui » et c’est très bien ainsi. Nez hyper aromatique, encore juvénile, explosif, le boisé à peine marqué. Il ne se donne pas vraiment à ce stade, on est encore en plein élevage, il est encore un peu « ado renfrogné » mais c’est un jus cohérent, plein, savoureux, porté par une nappe de fraîcheur qui le soutient et l’étire, jusqu’à la finale, florale à souhait. Le caractère du cru, magnétique, énergétique, est là, il vient tonifier la bouche, imprimer les papilles, les faire vibrer et pulser. Ça va être énorme.

Château Cos d’Estournel [95/100]
Son attaque douce (30 % de sémillon) ne laisse pas présager sa complexité : fleur de citronnier, agrumes jaunes, banane verte, bergamote, son profil exotique s’enrobe d’une texture ample qui le rend gourmand. La minéralité déroule une longue finale acidulée aux éclats de zeste.

Château Doyac – Le Pélican [91/100]
Ce 100 % sauvignon du Médoc, conduit en biodynamie, présente un profil plutôt élégant. Rien de démonstratif, tout en nuances, la fraîcheur est bien là, étirée : eucalyptus et tilleul pour un nez subtil, citron vert, bergamote en bouche et palette d’agrumes pour une finale aiguisée et persistante.

Château Fleur Cardinale [89-90/100]
Le nez délivre beaucoup de fraîcheur autour d’une palette aromatique composée de pêche de vigne, de litchi et d’une pointe d’agrume. L’attaque est vive, un léger gras apporté par le bâtonnage guide l’ensemble. Une finale sur le zeste de citron vient ponctuer l’ensemble et lui confère un caractère sapide.

Château Fonréaud – Le Cygne [92/100]
Un classique, voire un indispensable pour les amateurs de blanc médocain. Ce flacon reconnu est au rendez-vous du millésime avec sa farandole d’arômes exotiques : fleur de citronnier, zeste de pamplemousse, sa vivacité et son allonge plutôt douce cette année.

Château Fourcas Hosten [93-94/100]
C’est une première dégustation en primeur pour ce vin blanc travaillé avec autant de raffinement que le grand vin rouge du château. On y découvre un nez expressif et complexe de pêche, d’abricot, d’ananas et de gingembre. L’attaque est franche, sans agressivité et il montre beaucoup de finesse et d’élégance.

Château Grand Village [94-95/100]
Nez subtilement fumé, très minéral, sur le petit fruit blanc. La pierre à fusil se pose sur une chair ferme et ample, on a de la fraîcheur, mais pas du tout de trame acidulée-ctironnée. La bouche est énergique, charnue et élancée, tonique, ferme, électrisante, très pleine et à la fois salivante, elle laisse la bouche fraîche. On en redemande, avec cette ponctuation saline qui régale. Ça relance, ça tonifie, c’est vraiment un vin de sensation.

Château Lestage – La Mouette [92/100]
Ses sauvignons blancs sur un terroir calcaire signent le premier nez : l’intensité fraîche et végétale se fait exotique à l’aération. Si l’attaque est acidulée, la bouche gagne en rondeur et douceur, l’ensemble se remarque par son équilibre aérien. Ses 40 % de sémillon lui donnent une trame confortable.

Château Loudenne [91-92/100]
Palette aromatique plaisante : pierre chaude, menthol et touche de cumin. Rien de forcé dans ce vin mais une bouche équilibrée entre texture, volume, et incisivité. On aimera ces fins amers sur une saveur de pamplemousse, la fraîcheur sur le citron vert et cette salinité bien conduite jusqu’en finale.

Château Lynch-Bages – Le Blanc de Lynch-Bages [94-95/100]
Un nez éclatant et exotique sur la papaye verte, pas du tout marqué bois, aux notes de citron jaune et vert et aux senteurs de fleurs jaunes. L’attaque très douce, fruitée, est un ravissement. L’élevage sur lies lui donne volume et longueur. Grand plaisir, avec 81 % de sauvignon exceptionnel de gourmandise.

Château Margaux – Pavillon Blanc [92-93/100]
Ramassé en matinée à la fin du mois d’août, ce sauvignon présente au nez une forme de démonstration sur des notes exotiques. En bouche, retour à l’agrume, le citron givré de l’enfance ajouté à la pêche de vigne pour enfin s’achever sur une finale aussi pure que saline.

Château Marjosse [91-92/100]
Notes de pierre à fusil sur un fruit blanc opulent et généreux, convoquant la poire juteuse et la pêche de vignes, voire de très légères touches tropicales se mêlant à la fleur d’acacia. Ce Marjosse blanc a du charme à revendre, un bel équilibre entre gras et tension, et se déroule de façon gourmande jusqu’à la finale, marquée par les amers nobles. Très désaltérant.

Château Saransot-Dupré [92/100]
Un beau vin blanc du Médoc en devenir. S’il est encore marqué par le bois, il reste désaltérant et frais avec son léger nez d’agrumes, de citron vert. Sa finale est salivante. Il doit encore s’harmoniser mais présente déjà les caractéristiques d’un grand blanc à redécouvrir sur plusieurs années.

Château Talbot – Caillou Blanc [92/100]
Un joli travail sur la texture et le gras (sémillon et élevage sur lies). La bouche se montre enrobée, avec du volume, mais la vivacité sur des saveurs de pamplemousse est aussi au rendez-vous. Salin de bout en bout et nez très flatteur sur des notes fumées, beurrées, de pêche jaune et de verveine mentholée.

Thunevin – Blanc du Beau-Père [91-92/100]
Note fumée, fruit blanc, ardoise, pétale de rose. Belle pureté d’expression, sur la rondeur, les fruits tropicaux se dessinent, de l’ananas, on a du croquant mais aussi de la mâche, une bonne sève généreuse et grasse qui se répand de fines notes grillées. Amers délicats en finale.

Château Valandraud [95-96/100]
53 % sauvignon gris, 40 % sauvignon blanc, 7 % sémillon. Nez fumé, ciselé, pierre chaude, poire dans son jus, fleur d’acacia, miellé extrêmement discret, bonbon à la mélisse… Jus saillant, ferme, séveux, c’est un blanc de belle structure, tendu mais charnu. On a beaucoup de facettes dans ce vin, qui est à la fois expressif sur l’aromatique mais pur, gainé, élancé. La finale, serrée, salivante, garde une trace de gourmandise généreuse, sur le citron confit. C’est une très belle réussite.

Entre-deux-Mers

Château Aurore [91-92/100]
Figurant parmi les dignes représentants de la nouvelle appellation Entre-deux-Mers Rouge, ce château Aurore, propriété des Vignobles Invindia, s’annonce sur un nez feutré, plutôt plongeant, pas démonstratif, déclinant un fruit précis et fin, bien ciblé. En bouche, une matière pleine et juteuse, assez énergique, tout de suite montée sur ressort, irriguée par un agréable crayeux de tanins qui lui confère de la vigueur, un côté sanguin et salivant. C’est un vin tonique, taillé pour la table, qui équilibre très bien la force et la tension, se concluant sur des notes salines, fumées, juteuses et zestées. Persistance fortement calcaire. Un joli vin de lieu, signé, taillé pour la table et doté d’un beau potentiel de garde.

Notre comité dégustation pour les bordeaux – bordeaux supérieur et entre-deux-mers : Mathieu Doumenge, grand reporter. Pour les bordeaux blanc : Mathieu Doumenge ; Jean-Charles Chapuzet, journaliste et écrivain ; Benjamin Corenthin, sommelier-caviste (Cave La Médecine à Bruges) ; Michel Petitjean, œnologue-consultan ; Michel Sarrazin, président fondateur de Codam, club de dégustation de Mérignac ; Julien Morel, assistant de rédaction.

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