[Provence] Changement de cap à Galoupet

La pépite provençale du groupe LVMH se recentre sur sa cuvée Château et interrompt la production de Nomade.

Galoupet renonce momentanément au rosé Nomade. « Nous n’arrêtons pas la cuvée mais on la met en pause pour concentrer nos efforts sur la référence château » nous confie Mathieu Meyer, directeur technique du domaine racheté en 2019 par le groupe LVMH . La flasque en plastique recyclé que ses détracteurs comparaient à un gel douche a fait long feu. Rien d’étonnant sur un marché hexagonal qui reste somme toute assez traditionnel en matière de vin et qui a encore autant de difficultés ne serait-ce qu’à adopter la capsule à vis. La démarche était pourtant louable, le flacon en plastique recyclé étant fabriqué à partir de déchets collectés sur les plages par Prevented Océan Plastic et sa praticité dans un sac pique-nique ou sur un bateau n’était plus à démontrer. Elle aurait pu trouver son public sur les plages tropeziennes mais Mathieu Meyer reconnaît « que le packaging était très clivant ». Celui de la cuvée château, dans la belle bouteille de verre gravée coiffée de cire rose, fait davantage l’unanimité. Un choix également ecoresponsable. « Le packaging représentant 40% des emissions carbone de la production de vin, nous avons opté pour une bouteille foncée et allégée (moins de 500 g) à 80% en verre recyclé pour économiser autant que possible la silice, la matière première non renouvelable qui est la base de la fabrication du verre ».

Bientôt bio

La cuvée Nomade était à l’origine élaborée à partir des vignes de la propriété avec une ambition de la développer en négoce « mais aujourd’hui nous préférons revendre les vins qui ne sont pas de première qualité et juste garder le meilleur et nous concentrer sur une cuvée unique ». Sur les 69 hectares d’un seul tenant de la propriété varoise, seuls 15-20% vinifiés en parcellaires entrent actuellement dans l’assemblage. « Je commence à peindre le tableau du millésime à la vendange mais je ne sais qu’en janvier ce que je vais retenir sur ma palette » commente l,ingénieur agronome et œnologue. Le 2022 est un assemblage de grenache (58%), tibouren (12%), cinsault, rolle, et une pointe de sémillon. Exit le carignan qui a été arraché. Galoupet a été vinifié en cuve et élevé à 30% en demi-muids (contre 40% pour le premier millésime 2021). Plus minéral sur des zestes d’agrumes et des arômes de fruits jaunes, de garrigue avec une note de miel (55€). Il sera certifié en bio pour le millésime 2023 « mais nous voulons aller au-delà avec trois parcelles en essai biodynamique. Nous restons dans une démarche expérimentale pragmatique mais je suis surtout convaincu par l’intérêt des tisanes et des couverts végétaux ».

 La priorité de l’équipe est également de préserver les 77 hectares de bois classés Natura 2000 « en renaturant le maquis et en travaillant sur la biodiversité ». Autre actualité, la nomination d’une nouvelle directrice générale Nadine Fau (ex-responsable des ventes interntinles de Veuve Clicquot également dans le groupe LVMH) qui est arrivée en remplacement de Jessica Julmy répartie à la tête des ventes on-trader de Moët-Hennessy.

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