Quel avenir pour la Paulée d’Anjou ? Trois questions à Ivan Massonnat, son co-Président - Routes des vins

Quel avenir pour la Paulée d’Anjou ? Trois questions à Ivan Massonnat, son co-Président

Ivan Massonnat, Céline Sanzay et Xavier Amirault, co-Présidents de la Paulée d'Anjou, lors de l'édition 2022
Ivan Massonnat, Céline Sanzay et Xavier Amirault, co-Présidents de la Paulée d’Anjou, lors de l’édition 2022

La Paulée d’Anjou est un évènement qui prend de l’ampleur d’année en année. D’un repas convivial entre vignerons, il est devenu un véritable rendez-vous pour les professionnels du vin, en quête de découvertes et d’échanges autour des trésors de la région. Pour en savoir plus sur les projets nous avons souhaité interroger l’un des co-Présidents de la Paulée, Ivan Massonnat, que nous vous avons déjà présenté, en tant que propriétaire du domaine Belargus.

Pourquoi avoir relevé le défi de la Paulée, alors que vous étiez un petit nouveau dans la région ?

Effectivement, mon premier millésime en Anjou remonte à 2018… Mais j’ai toujours été persuadé que seul l’esprit collectif peut faire monter une région. Jusqu’en 2019, la Paulée réunissait les vignerons bio de l’Anjou noir. Charlotte Carsin – domaine Terre de l’Elu – présidente de la Paulée durant plusieurs années, venait de se retirer. Certains exprimaient le souhait de marquer une pause. Le Congrès du chenin s’organisait. Cet évènement aurait pu disparaître…

Le format jusqu’alors retenu était conçu dans un esprit « bonne franquette », un moment convivial réunissant environ 200 participants autour d’une trentaine de vignerons. Une journée vraiment sympathique, très appréciée des connaisseurs. Pour trouver un nouveau souffle, l’idée de faire appel à une personnalité extérieure s’est fait jour. L’édition 2019 a clairement fait figure de bizutage pour le petit nouveau que j’étais dans la région.

En 2019, un nouveau format s’est donc dessiné pour la Paulée au travers de trois idées fortes : l’unité de l’Anjou grâce à l’extension aux vignerons de Saumur (l’Anjou « blanc »), un lieu emblématique, celui du Clos de la Coulée de Serrant, chez Nicolas Joly. Et l’organisation d’un dîner gastronomique, orchestré par des chefs étoilés de la région. Afin d’asseoir cette nouvelle dimension, un partenariat a été conclu avec La Revue du vin de France. Le dîner de la Paulée, organisé au Grenier Saint-Jean, s’est tenu la veille du Congrès international du chenin. L’édition 2019 fut réellement magique, ayant réussi l’exploit de réunir 500 personnes venant de 15 pays différents.

Ivan Massonnat, co-Président de la Paulée d'Anjou et propriétaire du domaine Belargus, au dîner de gala de l'édition 2022
Ivan Massonnat, co-Président de la Paulée d’Anjou et propriétaire du domaine Belargus, au dîner de gala de l’édition 2022

Quel bilan tirez-vous de cette 10ème édition ?

La Paulée d’Anjou conserve sa dimension professionnelle qui réunit cavistes, restaurateurs, importateurs, journalistes, et sommeliers. Nous sommes heureux d’avoir pu confirmer l’élargissement de la Paulée à Bourgueil, en clin d’œil à l’Histoire puisque la province d’Anjou s’y étendait jusqu’à la Révolution. Ce point avait été acté dès 2020, il s’est concrétisé par l’organisation d’une édition limitée aux vignerons en 2021, après la parenthèse de la pandémie. Les deux cépages phares de la Loire ainsi réunis offrent désormais aux dégustateurs une lecture plus complète des vins de notre région.  

En amont de cette édition 2022, nous avons élaboré une charte d’adhésion pour notre association, afin de réunir des vignerons certifiés bio ou en cours de conversion autour de valeurs communes. Nous sommes passés de 53 domaines en 2019 à 91 cette année. La participation des vignerons de Saumur s’amplifie, passant de 20 à plus de 30 domaines, donc quelques « institutions » comme le Clos Rougeard. Ce collectif est aujourd’hui très ouvert, ce qui lui donne un souffle énorme et nous permet de prendre la parole sur des thèmes majeurs. Nous avons abordé cette année, lors d’une conférence réunissant l’Académicien Eric Orsenna et l’auteur Andrew Jefford, le réchauffement climatique et la préservation des paysages. La dimension culturelle du vin n’est ainsi pas absente de cet évènement.

Cette édition a également été l’occasion de dévoiler la première carte de l’Anjou viticole et de placer sous les projecteurs la fameuse « pipe angevine », un contenant historique, plus grand (480 litres), aujourd’hui réhabilité par deux tonnelleries : Taransaud et Lacroix. Et nous avons plein d’autres projets… C’est beau de voir l’Anjou ainsi aujourd’hui à la pointe des sujets d’actualité.

Comment voyez-vous la suite ? Restez-vous aux commandes de la Paulée ?

La Paulée compte aujourd’hui trois co-Présidents, Céline Sanzay – domaine des Sanzay -, qui représente le Saumurois, moi-même pour l’Anjou Noir et Xavier AmiraultClos des Quarterons – pour Bourgueil. Des élections ont lieu chaque année pour renouveler le bureau de notre association, alors nous verrons bien pour la suite… Nous avons déjà initié la réflexion sur l’avenir de la Paulée. L’édition 2024 se jouera à Bourgueil, c’est décidé. Reste l’année prochaine… rien n’est encore figé. Nous ne nous interdisons pas d’imaginer une Paulée « hors les murs ». Il faut renouveler l’intérêt, rester ouvert, car aujourd’hui les vignerons de la Paulée exportent dans le monde entier. Notre message de « renaissance » de l’Anjou a quelque chose d’universel, qui s’applique à toutes les sous-régions de la Loire… Le marché l’a bien compris, alors à nous de jouer pour rassembler un nombre de « fidèles » croissant d’année en année !

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