Un conservatoire de cépages oubliés pour lutter contre le réchauffement climatique

Situé à quelques kilomètres au nord de Béziers, le domaine Obrière a investi dans la plantation de cépages rares et oubliés, le tout implantés selon les codes de la permaculture.

Agroforesterie et permaculture

C’est au début de ce printemps 2023 que Charles Mackay, vigneron du domaine Obrière, a décidé de lancer sa plantation de cépages rares et oubliés. Fin mars, la terre est assez meuble pour permettre une plantation efficace de nouveaux ceps sur une petite parcelle de 30 ares préparée préalablement. Avec sa femme Sara, les propriétaires de ce domaine certifié bio de 6 hectares créé en 2019 se sont directement lancés dans un défi de conduire leur exploitation en agroforesterie, dans l’optique de lutter contre les effets du réchauffement climatique.

Déjà coutumier de pratiques agroécologiques, le couple est familier de l’agriculture de conservation des sols. Il a également organisé la plantation d’arbres fruitiers dans ses parcelles afin d’apporter de l’ombre dans les vignes acquises en 2019. Pour continuer ce travail de transition, Charles et Sara partent cette fois-ci d’une feuille blanche avec une nouvelle parcelle de 30 ares récemment achetée avec l’aide d’un groupement foncier viticole via Terra Hominis. Les cépages ont été achetés au conservatoire de la chambre d’agriculture de l’Aude.

Accompagnés par le consultant Alain Malard, spécialiste de la permaculture dans le secteur viticole, les deux vignerons ont alors construit cette parcelle avec réflexion afin d’y favoriser le maximum de biodiversité et de résilience. Entièrement plantés de cépages blancs anciens, les variétés telles que le muscat, le listan blanc, le terret blanc, le villard blanc ou l’aramon blanc ont été complantées en fonction du relief et des courbes de niveaux, c’est à dire non plantés dans le sens de la pente. Ce mode de plantation aura pour effet de mieux répartir l’eau par une meilleure infiltration dans le sol et ainsi permettre moins de ravinement et d’érosion. Aussi, des noues (des petites mares d’eau) ont été creusées pour récupérer l’eau en surplus, des lieux qui abriteront une faune et flore composées d’essences locales sauvages mais également d’insectes, des mammifères et des reptiles. La parcelle attenante sera plantée de grenadiers, un arbre fruitier résistant à la chaleur.

©W. Kiezer

Côté plantation, la stratégie est encore une fois d’adapter un type de cépage à un endroit précis dans la parcelle. Ainsi, les cépages précoces comme le muscat ou le chasselas ont été plantés en bas du coteau pour bénéficier davantage de l’ombre quand les cépages tardifs s’épanouiront davantage en haut du coteau baigné par le soleil. RDV en 2027 pour le premier vin en total assemblage composé de l’ensemble des cépages de cette parcelle utilisée comme conservatoire privé de cépages anciens, rares et originaux !

©W. Kiezer

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