Une parcelle de chef pour la cave de Tain - Routes des vins

Une parcelle de chef pour la cave de Tain

La parcelle du chef de Pont-de-l‘Isère (26) Michel Chabran vient d’être plantée en syrah et confiée à un jeune vigneron de la cave de Tain. Le Groupement Foncier Viticole créée il y a cinq ans pour racheter des vignes en crozes-hermitage et cornas et les confier à des jeunes remporte un franc succès.

La parcelle qui vient d’être plantée par la cave de Tain aux Saviaux au nord de Pont-de-l’Isère, sur les alluvions du Rhône, appartient au chef drômois Michel Chabran. Il y a quelques décennies, elle était déjà en vignes remplacées par des abricotiers Bergeron dont le chef faisait des confitures pour la table de l’Elysée. Si il fait désormais partie des 260 adhérents de la coopérative, il n’entend pas devenir vigneron pour autant. La parcelle de 2,5 hectares plantée ce mois-ci de 1000 pieds de syrah a été confiée à un jeune adhérent de la coopérative, Julien Armand, fils d’exploitant arbo-viti dans le cadre d’un GFV (Groupement Foncier Viticole) créé en 2016. « Il s’agit de lutter contre la forte pression foncière en aidant des jeunes sans vignes ou hors cadre familial comme d’anciens ouvriers agricoles à s’installer ou à consolider une exploitation, explique le directeur de la cave de Tain Ludovic Beau. Au départ, nous avions pensé à concéder l’usufruit d’une parcelle sous forme de vente temporaire pour 10 ans minimum mais la formule était trop lourde administrativement; nous avons donc préféré acheter avec une quinzaine d’investisseurs privés 1,6 ha en Crozes-Hermitage et le confier à un jeune vigneron ». L’idée remporte un franc succès uniquement par le bouche à oreille. Le GFV regroupe aujourd’hui 350 associés et détient une vingtaine d’hectares dont 16 plantés en Crozes-Hermitage et Cornas. Les parcelles sont ensuite louées à de jeunes vignerons qui payent un fermage avec un bail à long terme de 18 ans, les frais de plantation éventuels étant à la charge du GFV. Ils sont aujourd’hui une vingtaine à en bénéficier.

Un investissement attractif

« Le défi et l’enjeu actuel réside dans le renouvellement des générations, le problème étant accentué par le manque de successeur de certaines exploitations, précise le nouveau président Claude Laÿs. Avant, on ne savait pas trouver de solution à la fin d’activité d’un coopérateur sans repreneur et l’exploitation était vendue en cave particulière ou à un négociant. D’où l’idée de faire appel à des investisseurs privés pour racheter des terres ». La plupart des 350 actionnaires viennent d’Auvergne Rhône-Alpes mais également d’Ile-de-France, « des amateurs de vins ou simplement des gens intéressés par le projet et qui veulent conserver un lien avec la région. Même si ils ne sont pas forcément motivés par la rémunération, nous avons voulu proposer un dispositif de dotation annuelle en vins qui se veut aussi attractif qu’un GFV champenois ». Pour 5360 € minimum d’investissement correspondant à un lot de 20 parts, l’actionnaire récupère 12 bouteilles par an de Crozes-Hermitage, cornas, saint-joseph et même deux hermitages, soit une belle rentabilité de 4,5% par an sans compter les avantages fiscaux. Un placement d’autant plus intéressant que la valeur du vignoble en appellation sur le Rhône Nord ne cesse de grimper.

Rajeunir la moyenne d’âge des coopérateurs

« L’objectif est surtout de préserver le potentiel du vignoble et de rajeunir la moyenne d’âge de la cave car si nous avons perdu des adhérents ces dernières années, nous n’enregistrons pas d’érosion des surfaces mais il faudra encore investir dans des petites cuves pour poursuivre notre travail sur le parcellaire » explique Ludovic Beau. C’est d’ailleurs la philosophie de la cave depuis quatre ans afin de réceptionner la vendange de 1100 hectares en même temps. « Nous raisonnons en terroirs et en sélections parcellaires sans individualiser avec des cuvées domaines », insiste Ludovic Beau. Il s’agit de récupérer la quintessence de l’appellation -la cave représente 40 % des volumes de Crozes-Hermitage- en ayant accès à tous les terroirs. « Car nous pensons que l’assemblage se révèle en général meilleur qu’un seul lot et ce sera le cas de la parcelle de Michel Chabran. C’est aussi le principe  du modèle coopératif qui semble revenir sur le devant de la scène; autant en profiter pour le valoriser tout en veillant à rajeunir la pyramide des âges en interne » conclut Claude Laÿs.

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