Vignoble du Bugey : petit mais identitaire !

Historiquement distribué essentiellement localement, encore peu exporté aujourd’hui (10%), les vins du Bugey constituent un secret encore souvent bien gardé du sud-est de la France. Terre d’effervescents, la région propose toutefois une grande variété de cuvées. Voici quelques coups de cœur. 

Il est de certains pays comme des bouts du monde, si proches et pourtant demeurant à l’écart des axes majeurs, et donc la découverte se mérite. Le Bugey est de ceux-là, géographiquement à égale distance de Lyon et de Genève (1 heure environ) mais suffisamment à l’écart pour demeurer un éden préservé. Ici, les paysages sont superbes. Dans ce sud-est du département de l’Ain, 3 régions distinctes voient s’épanouir environ 500 hectares de vignes, Cerdon au nord, Montagnieu et Belley plus au sud. Historiquement beaucoup plus vaste mais durement touché notamment par le phylloxera au XIXème siècle, ce micro-vignoble est parsemé dans un écrin où grottes et cascades, lacs, falaises et montagnes rappellent à chaque instant la nature sauvage des lieux. Sur ces terres argilo-calcaires, une grande variété de cépages s’épanouit. On y retrouve principalement du chardonnay, de l’altesse (cépage unique notamment de l’appellation Roussette du Bugey Montagnieu) de la molette mais aussi de la jacquère, du pinot gris et de l’aligoté côté blancs. Gamay, pinot noir, mondeuse et poulsard côté rouges. Beaucoup de bulles sont produites en méthode traditionnelle mais la région perpétue un savoir-faire tout à fait particulier. La méthode ancestrale qui consiste à bloquer par le froid les fermentations alcooliques permet à des vins rosés (à base de gamay et parfois de poulsard) de terminer leur fermentation en bouteille ce qui leur permet de réaliser leur prise de mousse. Ces vins qui conservent une sucrosité plus ou moins prégnante (il s’agit de secs voire de demi-secs) ont l’immense avantage de titrer généralement 8,5° à 9,5°. Les vins tranquilles pour leur part, conservent de belles trames acides qui les rendent très frais et les inscrivent parfaitement dans l’ère du temps. Voici quelques bouteilles récemment dégustées que nous avons appréciées.

AOP Bugey méthode traditionnelle brut de Céline et Thierry Tissot (15€)
Faisant la part belle à l’altesse (61% de l’assemblage complété par du chardonnay et un peu de jacquère et d’aligoté), ce bel effervescent offre un nez très frais oscillant entre notes de fleurs blanches et jolis agrumes frais. En bouche, on retrouve beaucoup d’allant pour ce vin porté par une arrête acide solide et une aromatique rappelant le jus de citron frais. Quelques délicats amers donnent un surcroît de relief à l’ensemble vif et digeste. 

AOP Bugey Manicle « Le cos » blanc 2022 du domaine Bärtschi (31€)
Voici un très bel exemple des très bons vins blancs de gastronomie que l’on peut trouver dans la région. Après un léger végétal noble au nez, on découvre à l’aération des notes typiques d’agrumes matinées de fines notes épicées (cumin) et une touche de fleurs blanches. En bouche, la matière s’avère suave en milieu de bouche mais demeurant haut sur le palais, délicatement grillée rappelant sont passage sous bois, avec une finale acidulée salivante.  

AOC Roussette du Bugey Virieu-le-Grand du Caveau bugiste (14€)
Contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire, il s’agit bien d’un domaine particulier qui a produit ici un vin aux arômes fins et délicats évoquant immédiatement les fruits blancs. L’attaque, surprenante, est presque huileuse sur la langue. Le vin se fait ensuite sphérique, porté par une pointe miellée. L’ensemble, sans être très profond, s’avère bien équilibré et porté par une acidité bien intégrée. 

AOC Bugey « La récamière » 2022 du domaine Monin (9,40€)
Difficile de ne pas succomber au charme de ce très charmeur pinot noir qui exhale de suite un beau bouquet de fleurs mêlé à des notes de fraises citronnées et de cerise rouge. Rond en bouche, le vin est porté par des tannins finement poudrés. L’onctuosité d’ensemble associe avec élégance fruité et matière veloutée. 

Bugey Cerdon « Moulin d’Amont » 2023 du domaine Pierre Dubreuil & fils (13,5€)
Ce Cerdon bien identitaire est un monocépage de gamay. Il nécessite un peu d’aération pour pleinement révéler son éclat aromatique. Celui-ci joue la carte d’agrumes ciselés, de fraises écrasées et évoque ensuite la poire cuite. La bouche surprend par la belle intégration de la sucrosité, bien équilibrée par une acidité fine et étirée. Belle longueur sur les fruits rouges.

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