Pour répondre aux demandes des consommateurs en quête de vins souples, fruités et polyvalents, le syndicat des bordeaux et bordeaux supérieur a relancé ce vin historique tombé dans l’oubli. Le claret s’apprécie frais, en toutes occasions.
Les rouges puissants ont fait la réputation de Bordeaux. Pourtant, bien avant leur avènement, Bordeaux s’exportait déjà dès le XIIe siècle vers l’Angleterre par bateaux entiers, sous forme d’un vin rouge clair et léger, appelé claret (à prononcer « clarette », à l’anglo-saxonne, et à ne pas confondre avec le clairet, rosé foncé apparu au XX? siècle). Relancé sous forme de mention traditionnelle encadrée au sein de l’appellation Bordeaux, ce vin rouge historique revisité revient sur le devant de la scène avec le millésime 2025.
« Bordeaux claret coche toutes les cases actuelles : un vin identitaire, lisible, facile à comprendre et à consommer, estime Stéphane Héraud, président des Vignerons de Tutiac. C’est un Bordeaux moderne, sans renier son histoire. » Pour assurer ce profil spécifique, le cahier des charges de cette mention prévoit un encadrement adapté. Créé à partir des cépages rouges bordelais autorisés, ce vin, qui peut afficher une robe allant du rouge très clair au rouge léger, doit être vinifié avec un faible niveau de tanins, afficher un taux d’alcool minimum de 11 %, sa fermentation malolactique est facultative et la présence de sucres résiduels possible jusqu’à 7 g/l selon l’acidité. Chaque cuvée doit également passer par un contrôle qualité avec dégustation par un comité indépendant.
« Le claret, ça a été notre pari un peu fou avec ma fille, raconte le vigneron Hervé Grandeau : prouver qu’on pouvait créer un vin moderne, léger, tout en finesse. On l’a ressuscité pour offrir aux amateurs d’aujourd’hui un vin ultra-plaisir. » À consommer jeune, le bordeaux claret s’apprécie idéalement dans les deux ans qui suivent sa production. Contrairement aux rouges « classiques » de Bordeaux, plus structurés et intenses, pour dévoiler la plénitude de sa gourmandise, le claret se déguste frais, idéalement entre 10 et 12 °C, soit environ quinze minutes après la sortie du réfrigérateur. Sa texture souple, sa trame sur le fruit et son faible niveau de tanins en font un vin de convivialité particulièrement polyvalent. À déboucher à l’apéritif, en afterwork, lors d’un apéritif dînatoire, d’un dîner improvisé ou d’une soirée d’été, il se fera le complice de charcuteries fines, tapas, cuisine de bistrot, grillades légères, salades estivales, volailles ou poissons grillés.
Début janvier 2026, une quarantaine d’opérateurs étaient déjà engagés sur la voie du bordeaux claret. Avec un peu plus de 16 000 hL sortis des chais, ce millésime 2025 devrait être commercialisé à environ un million de bouteilles pour les beaux jours et deux millions d’ici la fin de l’année 2026 (source : revendications 2025). Retenus pour présenter leurs bordeaux clarets sur les salons Wine Paris et Prowein 2026, onze vignerons ambassadeurs (liste en fin d’article) ont dévoilé une belle palette de vins de cette nouvelle dénomination, avec une filiation commune. Souvent élaborés majoritairement à partir de merlot, mais selon différents itinéraires techniques (macérations carboniques, pelliculaires, pas de fermentation malolactique…), ces nectars déclinent « une palette plutôt large en termes de couleurs, de sucrosité et de tanins, dans la limite du cahier des charges », précise un dossier de presse relatif à la nouvelle dénomination. Avec pour fil rouge toujours « une belle expression de fruit et de la gourmandise. » Idéal pour célébrer le retour imminent du printemps.

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